Rapport Sauvé: le communiqué de Philippe Delorme

COMMUNIQUÉ de Philippe Delorme
aux communautés éducatives
de l’Enseignement catholique

 

 

Paris, le 5 octobre 2021

 

 

La remise ce matin du rapport de la CIASE m’a profondément touché, marqué par l’ampleur et la gravité de tout ce qui est remonté.

 

Ce travail de vérité, de transparence entrepris par l’Église, nous concerne tous comme il concerne beaucoup de structures en lien avec les jeunes. Il touche l’école catholique.

 

Au nom de l’Institution, et me joignant aux paroles de Monseigneur Éric de Moulins-Beaufort et de Sœur Véronique Margron, je tiens à exprimer ma honte et à demander pardon à tous ceux qui ont été victimes d’abus sexuels au sein de nos établissements.

 

C’est tous ensemble, au sein de nos communautés éducatives, que nous devons mettre tout en œuvre pour que de tels actes ne se reproduisent pas. Nous avons une responsabilité majeure qui nous engage pour l’avenir. Il nous faudra ainsi nous saisir des préconisations de la CIASE qui nous concernent pour amplifier et améliorer les dispositifs mis en place au sein de l’Enseignement Catholique.

 

Que ces révélations ne nous fassent pas perdre confiance dans notre projet éducatif chrétien, fondé dans l’Évangile et qui met la dignité de la personne au centre de nos actions.

 

 

Avec toute ma confiance et ma reconnaissance,

 

Philippe DELORME
Secrétaire Général de l’Enseignement Catholique

 

 

 

« Un infini chagrin et une honte charnelle»   Seraient-ce le prix d’une Vérité qui pourrait mener vers l’Espérance? C’est en convoquant Bernanos que Véronique Margron, présidente de la Corref a reçu avec le président de la Conférence des évêques de France, Monseigneur Éric de Moulins-Beaufort, le rapport de la commission indépendante sur les abus sexuels dans l’Eglise (CIASE), révélé le 5 octobre. Un travail dont « le vécu des victimes a été la matrice » a expliqué Jean-Marc Sauvé, le président de la Ciase.

 

 

Ce lourd fardeau de 485 pages -plus 2500 d’annexes- conclut que depuis 1950, entre 2 900 et 3 200 prêtres et religieux ont été des abuseurs d’un nombre plancher de 216 000 victimes – 80% de garçons majoritairement pré-adolescents-, un chiffre qui grimpe à 330 000 en incluant celles qui ont été agressées par des laïcs remplissant une mission d’Eglise. Plus de la moitié des violences sexuelles recensées se sont produites avant 1969, mais, malgré une nette baisse à partir des années 70, elles subsistent encore.

Face à l’ampleur de la tragédie, le rapport évoque un problème « systémique » interrogeant l’ensemble des institutions d’Eglise. Il propose 45 recommandations « pour reconstruire ce qui a été brisé, sortir de l’ambiguïté ».

Elles concernent par exemple la réforme du droit canonique et l’assujetissement du secret de la confession au devoir de protection. Elles interrogent aussi la gouvernance de l’Eglise préconisant d’y associer davantage de laïcs, notamment des femmes, et de sortir d’une sacralisation excessive des prêtres ainsi que d’une conception taboue de la sexualité susceptible d’alimenter l’omerta.
Elle évoque également le devoir d’indemnisation des victimes et ses possibles modalités comme une reconnaissance de responsabilité.
Les recommandations détaillent enfin des mécanismes de prévention et de contrôle interne et externe qui font écho à certaines orientations du Programme de Protection des publics fragiles dont s’est doté l’Enseignement catholique.

 

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