Poursuivre les réformes malgré la crise - Enseignement Catholique

Poursuivre les réformes malgré la crise

Lors de sa conférence de presse de rentrée du 26 août, le ministre de l’Education nationale, Jean-Michel Blanquer s’est félicité d’avoir maintenu ouverts le plus possible les établissements scolaires au cours de l’année écoulée.
Il entend maintenir ce cap et, ayant dressé un vaste bilan des actions engagées ces dernières années, il a souhaité continuer à « creuser les sillons » des réformes - crise sanitaire ou pas.

Le ministre Jean-Michel Blanquer se définit comme un « Républicain social » et récuse toute tentation réactionnaire. « Il faut me juger sur les actes et non sur ce qui a pu se dire ici et là », soutient-il, revenant longuement, lors de la conférence de presse de rentrée, sur la politique menée au cours des quatre dernières années. Renforcer la justice sociale a guidé son action. Permettre aux enfants de maitriser les savoirs fondamentaux, lire/écrire/compter, condition de toute réussite scolaire, l’a conduit à prendre une mesure phare : le dédoublement des classes de CP et de CE1 en REP et REP + qui concerne tous les ans 300 000 enfants. « Ce dédoublement sera élargi cette année à la grande section de maternelle et nous nous engageons à limiter sur tout le territoire à 24 le nombre d’élèves de la grande section au CE1 », a annoncé le ministre qui ne veut pas que les territoires ruraux soient oubliés. Au niveau du collège, le dispositif « devoirs faits » qui concerne un élève sur trois, participe aussi de l’égalité des chances. De même que la volonté de faire du lycée professionnel une « voie d’excellence » amenée à « jouer un rôle essentiel dans notre pays ». La création de cinq nouvelles familles-métiers permettant aux élèves de mieux s’orienter et le déploiement du chef d’œuvre en terminale devraient valoriser cette filière.

Augmenter le niveau académique des élèves est l’autre objectif qui a orienté sa politique. Pour Jean-Michel Blanquer, les enseignements de spécialités ont permis de personnaliser les parcours des élèves. En contrepartie « les programmes des lycées rénovés sont devenus plus exigeants ». Il défend bec et ongles le grand oral du bac qui a permis de « sortir du bachotage, d’apprendre à s’exprimer et d’augmenter la confiance en soi - ce qui n’était pas le point fort de notre système scolaire ».

Enfin, comment maintenir le « bonheur d’aller à l’école » et créer ainsi cette « école de la confiance » sans lutter contre le harcèlement ? Grâce au programme pHare (Programme de lutte contre le harcèlement à l’école) (voir encadré), inspiré des pays scandinaves, l’école « regarde désormais ce sujet en face », s’est-il félicité. Initié et testé dans 6 académies dès 2017, ce programme est étendu cette année à toutes les académies.

Revalorisations salariales du Grenelle

Plus aucun enseignant ne devrait démarrer sa carrière à moins de 2000 euros. Tel est l’objectif annoncé. En 2022, les enseignants débuteront leur carrière avec un salaire net de 1869 euros contre 1700 euros actuellement. Le dispositif Preau apportera une aide au logement, aux loisirs et à la culture des enseignants. Par ailleurs, 60 millions d’euros seront dédiés à la revalorisation des AESH qui se verront proposer une grille indiciaire, des formations et un parcours de carrière.  « Ce quinquennat sera de très loin celui qui a augmenté le plus le budget de l’éducation nationale », a assuré le Ministre.

 

Prévention du harcèlement

Le programme de lutte contre le harcèlement à l’école et son corollaire le cyber-harcèlement baptisé pHARe est étendu à l’ensemble des écoles et établissements. Il consiste à prévenir les phénomènes de harcèlement, ou à intervenir efficacement grâce à la constitution d’une équipe ressource, à la formalisation d’un protocole d’action et à la formation d’une équipe d’élèves ambassadeurs « non au harcèlement ». Les instances de démocratie scolaire seront également invitées à s’emparer du sujet et les parents associés à cette démarche à travers des ateliers. Par ailleurs, une équipe constituée au niveau de chaque académie viendra en appui des établissements en cas de violences entre élèves ou intrafamiliales.

La vaccination apportera
« plus de sérénité »

 

Dans les Antilles et les zones rouges de Guyane (autour de Cayenne), où le niveau de contamination est très élevé, la rentrée a été retardée. Mais en métropole, « elle aura lieu même s’il n’est pas exclu que des mesures locales soient prises dans les semaines à venir », a affirmé Jean-Michel Blanquer.

Le niveau 2 du protocole sanitaire s’appliquera partout en France. Cela signifie que tous les cours de la maternelle à la terminale se feront en présentiel avec bien sûr le maintien, des gestes barrières parmi lesquels le port du masque obligatoire dès 6 ans dans les espaces clos (en extérieur, il est conditionné à la situation du territoire), le brassage des classes limité et l’aération régulière des salles. Le ministère de l’Education encourage la généralisation de l’acquisition de capteurs de CO2 par les collectivités locales. Celles-ci souhaiteraient bénéficier d’aides financières de l’Etat pour ces investissements mais rien n’est acté pour l’instant. Quant aux purificateurs d’air, ils ne sont recommandés que dans les salles ne disposant pas de fenêtres.

Par ailleurs, 600 000 tests par semaine seront mis à la disposition des écoles du premier degré. Des tests antigéniques et des autotests seront, également livrés aux établissements du second degré et deux autotests par semaine seront accordés aux enseignants qui en feront la demande.

Mais ces demandes devraient faiblir. En effet, 78 % des enseignants bénéficient d’un parcours vaccinal complet. 11 % d’entre eux ont reçu une première dose de vaccin. Du côté des élèves, le taux de vaccination est encourageant : 57 % des plus de 12 ans ont reçu au moins une dose de vaccin. « La vaccination devrait apporter plus de sérénité. Nous travaillons à ce qu’une proposition vaccinale soit faite aux élèves soit dans l’établissement, soit à proximité », indique le ministre.  Si nécessaire des centres de vaccination éphémères seront créés.  Les élèves pourront aussi se rendre à pied ou en transport dans les centres de vaccination.

Quoiqu’il en soit, le pass sanitaire ne sera jamais exigé dans l’enceinte de l’école. Lors des sorties sur des créneaux réservés aux scolaires, il ne sera pas non plus demandé. En revanche, il le sera si les élèves sont amenés à être mélangés à d’autres publics comme dans les musées. Pour les élèves non vaccinés, un test PCR négatif sera exigé. Pour ne pas les pénaliser, le maintien de la gratuité des tests pour les scolaires est actuellement en discussion.

Création d’un conseil supérieur des langues

Un Conseil supérieur des langues va être créé en vue d’une  « dynamisation pédagogique des apprentissages des langues » qu’il s’agisse des langues vivantes, régionales ou des langues latine et grecque. Par ailleurs, la mobilité internationale dans le cadre d’Erasmus des futurs enseignants et des enseignants en poste sera facilitée.

Nouvelles certifications numériques

Jean-Michel Blanquer a insisté sur la mise en œuvre du Plan mathématiques. Il veut également renforcer la maitrise des compétences numériques des élèves. La certification PIX sera obligatoire cette année pour les classes de 3ème, de terminale en lycée général, technologique et professionnel, de CAP ainsi qu’en 2ème année de BTS et CPGE.

Elargissement du Pass culture

A partir de janvier 2022, le Pass culture sera ouvert à tous les élèves de la 4ème à la terminale. Le montant, d’en moyenne, 800 euros par classe sera versé aux établissements afin de financer les sorties culturelles.

 

Création d’un Pass’sport

Relancer l’activité physique des jeunes mise à mal par la crise sanitaire est indispensable. L’accessibilité des équipements sportifs sera préservée au maximum tout au long de l’année scolaire, les liens entre établissements et fédérations sportives renforcés. 50 euros d’aides vont être versés aux jeunes dans le cadre du projet Pass’sport afin qu’ils puissent s’inscrire dans des clubs sportifs. 5,4 millions de jeunes devraient en bénéficier. Par ailleurs, 17 millions d’euros seront débloqués pour former des éducateurs sportifs à deux projets phares du ministère : « Savoir nager » qui initie les plus jeunes à l’aisance aquatique et « Savoir rouler à vélo ».

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