Décryptage des réformes en cours

Jean-Marc Petit, délégué général de RenaSup, analyse l’impact des réformes, notamment celle de la formation professionnelle en dégageant les conséquences spécifiques à l’Enseignement catholique.

Nouvelle donne pour l'apprentissage

 

La loi Penicaud « Pour la liberté de choisir son avenir professionnel » rebat les cartes de l’apprentissage. Jean-Marc Petit, délégué général de RenaSup analyse son impact sur les stratégies de développement du réseau des CFA de l'Enseignement catholique.

Jean-Marc Petit, délégué général de RenaSupDécryptage par Jean-Marc Petit,
Délégué général de RenaSup

La loi Penicaud « Pour la liberté de choisir son avenir professionnel » renverse la table de l’organisation de la formation professionnelle, à commencer par l’apprentissage.

Ce changement, comme toujours, porte des menaces et des opportunités qu’il faut savoir saisir.

En l’occurrence, elle désinstitutionnalise l’apprentissage en passant d’une logique de structure à celle de l’ acte de formation. En effet, pour faire de l’apprentissage, il suffit :

  1. d’envoyer une déclaration d’activité à la Direccte
  2. d’inscrire l’apprentissage dans les statuts de la structure
  3. d’être certifié qualité sur 9 critères basés sur 32 indicateurs dont 28 sont communs avec la formation continue à partir du 1er janvier 2021 pour les CFA classiques et du 1er janvier 2022 pour les lycées.

Le modèle d’origine était celui des CFA :

-         peu nombreux car soumis à autorisation de création par la Région,

-         négociant des ouvertures avec cette collectivité territoriale qui en échange donnait une quasi assurance de financement.

-         mettant en œuvre les formations sur leurs sites ou au sein d’UFA reliées contractuellement.

On passe à un modèle nouveau de CFA :

-         plus nombreux en raison de la libéralisation du process de création.

-         libres de choisir leurs ouvertures de formations

Mais responsables :

-         de leurs équilibres économiques sur la base des coûts contrats

-         d’une organisation pédagogique adaptée

-         de la satisfaction des critères de qualité via la certification voire un label.

Faire de l’apprentissage implique un choix entre l’ancien modèle d’UFA reliée contractuellement à un CFA et la création d’un CFA de plein exercice. Dans un contexte global ultra-concurrentiel, l’équilibre régulation interne/agilité est fondamental. Il nécessite un véritable travail en réseaux notamment avec les CFA régionaux/historiques ainsi qu’une concertation adaptée dans le cadre des instances territoriales de l’enseignement catholique.

A suivre :
Apprentissage, Formation Continue, quelles convergences ?

 

 

En bref

Pour former des apprentis, il suffit désormais d’envoyer une déclaration d’activité à la Direccte (direction régionale des entreprises, de la concurrence, de la consommation, du travail et de l’emploi), d’inscrire l’apprentissage dans ses statuts et d’être certifié qualité.

Le modèle d’origine, les CFA (centres de formation des apprentis), étaient peu nombreux, car soumis à une autorisation de création de la région, qui garantissait en échange leur financement, tandis que les formations se déroulaient sur leurs propres sites, ou au sein d’UFA (unités de formation des apprentis).

Le nouveau modèle facilite les ouvertures, mais les structures sont désormais responsables de leur équilibre économique, de leur organisation pédagogique et doivent satisfaire à des critères de qualité, via la certification.

Dans un contexte ultra-concurrentiel, ces changements requièrent un travail en réseau, notamment avec les CFA historiques, ainsi qu’une concertation avec les instances territoriales de l’enseignement catholique.

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