Un synode pour les jeunes en 2018

Le 9 mars dernier, la conférence des évêques de France a lancé la consultation en vue du synode sur « la foi, les jeunes et le discernement des vocations » qui se tiendra à Rome en octobre 2018.
Un processus qui implique chaque diocèse et auquel les jeunes sont bien évidemment associés, notamment par le biais d'un questionnaire en ligne. Ces remontées sont attendues à la mi-juillet pour que les évêques puissent adresser leur synthèse à Rome pour l'automne prochain.

Par Sylvie Horguelin

« À l’annonce de l’ouverture de ce synode sur les jeunes et la foi, j’ai ressenti une grande joie, confie Eugénie Paris (notre photo), responsable de la pastorale étudiante dans le diocèse de Rouen, aux journalistes venus assister au lancement du synode par la Conférence des évêques de France (CEF), le jeudi 9 mars, à Paris, à la crypte de l’Eglise Saint-Honoré-d’Eylau. Le temps est désormais compté pour faire remonter réflexions et bonnes pratiques émanant des diocèses et des mouvements ou services nationaux à la CEF. « Les évêques de France m’ont demandé un retour aux questions posées pour le 14 juillet prochain », a précisé Mgr Denis Moutel, président du Conseil pour la pastorale des enfants et des jeunes et évêque de Saint-Brieuc.

Il reviendra ensuite à la CEF d’écrire une synthèse pour la France, à remettre à Rome en octobre prochain. « Nous devons prendre connaissance du document préparatoire qui nous est adressé, a expliqué sœur Nathalie Becquart, directrice du Service national pour l’évangélisation des jeunes et pour les vocations. Ce texte brosse un tableau du monde dans lequel les jeunes vivent aujourd’hui, puis explique ce qu’est le discernement et se centre enfin sur l’action pastorale auprès des jeunes ». Ces derniers doivent être associés à cette réflexion a ajouté sœur Nathalie Becquart, avec une attention particulière « envers ceux qui sont en précarité, ceux qui vivent dans les quartiers populaires ou qui sont loin de l’Eglise ». La Secrétairie pour le synode devrait diffuser prochainement un questionnaire en ligne à remplir par les jeunes directement.

Concrètement, chaque diocèse va produire « une contribution de trois pages en choisissant de répondre à l’ensemble des questions ou l’une ou deux d’entre elles », a expliqué cette responsable. À chaque diocèse d’inventer son mode de consultation a ajouté Mgr Moutel. Pour consulter les jeunes, les uns saisiront l’occasion d’un pèlerinage, les autres d’une rencontre… « Je trouve très important que les jeunes puissent être protagonistes dans le processus synodal », a insisté le père Joao Chagas, responsable de la Section jeunes du Conseil pontifical pour les laïcs. Nous espérons que cela leur donnera le courage de prendre des décisions importantes : vie de famille, vie consacrée, avec une implication plus grande dans la vie politique. »  Comme pour le synode pour la famille, la démarche va se déployer sur deux années et pourrait aboutir au printemps 2019 à une deuxième exhortation apostolique du pape. Pour sœur Nathalie Becquart, l’objectif de ce synode est bien de « changer de logiciel pastoral ! » Cette marche synodale devrait, selon elle, contribuer à faire bouger la pastorale des vocations : « Il faut passer d’un modèle conçu pour une société chrétienne à une pastorale du discernement pour découvrir que toute vie est une vocation ! »

 

La participation de l’École catholique

« L’enseignement catholique se doit d’être au rendez-vous d’un synode qui l’appelle à incarner davantage encore son ancrage ecclésial », a déclaré Pascal Balmand, en ouverture de la dernière assemblée des directeurs diocésains, le 13 mars dernier.
Où rencontrer les jeunes qui ne fréquentent pas les milieux ecclésiaux ? Comment les lieux de formation contribuent-ils au discernement des vocations ? Quid du rapport intergénérationnel ? Comment transformer le potentiel de contestation des jeunes en force de proposition ? « Certaines questions du document préparatoire interpellent l’École catholique. Cette démarche lui offre l’opportunité de s’interroger sur sa pastorale et sur les attentes des jeunes en matière de formation humaine », analyse Joseph Herveau, en charge de l’animation pastorale scolaire pour le Secrétariat général de l’enseignement catholique.
Dans l’objectif de rédiger une remontée spécifique à l’enseignement catholique, il invitera les directions diocésaines à adresser au Sgec leur contribution à cette consultation, à partir de quelques questions extraites du document préparatoire. Le réseau des adjoints diocésains en pastorale scolaire sera par ailleurs sollicité pour cette démarche qui supposera d’aller à la rencontre d’acteurs divers : chefs d’établissements, animateurs en pastorale scolaire, enseignants, etc.

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