Quoi de neuf au collège à la rentrée ?

Un arrêté publié au Journal officiel du 18 juin pour entrer en vigueur en cette rentrée 2017, assouplit les dispositifs de la réforme du collège. Il ne s'agit pas d’imposer une réorganisation à une date couperet mais plutôt d’inviter à ce plus de liberté, d’initiatives et de diversité scolaire que l’école catholique promeut de longue date.

 

Aider les établissements à « s’adapter aux besoins des élèves » et à « développer des identités pédagogiques spécifiques ». C’est au nom de ce double objectif que le ministère de l’Education nationale a publié un arrêté assouplissant la réforme du collège. Non obligatoires, ces ajustements renforcent la marge de manœuvre laissée aux établissements pour organiser les enseignements. Ils offrent « en outre » la possibilité de restaurer des dispositifs tels que les classes bi-langues, les sections européennes et les enseignements de latin et de grec.

Des amendements apportés par le conseil supérieur de l’éducation du 8 juin ont permis de maintenir la dimension interdisciplinaire de la réforme du collège qui avait parue un temps menacée. Les enseignements de pratique interdisciplinaire (EPI) et l’accompagnement personnalisé (AP) sont donc maintenus en tant qu’enseignements complémentaires obligatoires à des quotités horaires identiques à celles de la réforme initiale (3h en 6è puis 4h en cycle 3 sur les 26 heures d’enseignement hebdomadaire).
En revanche, la répartition horaire de ces dispositifs est laissée à l’appréciation des établissements qui ne sont plus obligés de proposer à chaque niveau d’enseignement, à la fois de l’AP et des EPI mais peuvent privilégier l’un ou l’autre. Enfin, les EPI s’affranchissent également de la liste des huit thématiques obligatoires qui guidait les travaux interdisciplinaires dans la réforme initiale.

Seuls impératifs : les volumes horaires d’AP ou d’EPI proposés doivent être identiques pour tous les élèves d’un même niveau et les collégiens doivent avoir expérimenté chacune des deux formes d’enseignement complémentaire à l’issue du cycle 4 dont l’arrêté explicite l’articulation avec les parcours –Avenir, citoyen, d’éducation artistique et culturelle et de santé-

À noter que la liberté accordée dans l’organisation des enseignements complémentaires s’assortit d’une exigence explicite de collégialité : « Dans les collèges privés sous contrat, cette répartition est fixée par le chef d'établissement en concertation avec les professeurs. Ces derniers sont informés par le chef d'établissement des suites de cette consultation. »

L'accent mis sur les langues

 

Une dotation horaire spécifique de 3h/semaine/classe allouée prioritairement à la réduction des effectifs, la co-intervention et permettant donc, le cas échéant, de renforcer les EPI ou l’AP peut « en outre » être dévolue à ces enseignements facultatifs : les enseignements de langues et cultures de l’Antiquité (1 heure en 5e, puis 3 heures en 4è et 3è), une deuxième langue vivante, -étrangère ou régionale- (dès la 6è dans la limite de 6 heures hebdomadaires de langue au total), un enseignement de culture européenne ( 2 heures par semaine au cycle 4) ou de langue régionale (2h de la 6è à la 3è). Cette volonté de renforcer les langues, se traduit aussi par la possibilité qu’une discipline (ou un EPI) puisse être dispensée, pour moitié, dans une langue étrangère ou régionale.

L’avis du terrain

Joël Potier,
adjoint au directeur
de l’interdiocèse Reims-Ardennes-Châlons.

Contrairement à ce qui a été globalement relayé dans les médias, les ajustements apportés à la réforme du collège ne me semblent pas en dénaturer l’esprit mais augmentent plutôt la marge de manœuvre laissée aux équipes. La suppression des thématiques obligatoires des EPI permet par exemple d’imaginer des croisements de matière qui n’étaient pas envisageables avant.
Les équipes avec qui j’ai échangé autour de la réforme ont toutes mesuré les bénéfices des enseignements complémentaires qui offrent l’opportunité d’apprendre autrement et d’accompagner davantage les élèves. Aucune d’entre elles n’a exprimé l’idée de profiter des aménagements proposés pour minorer les propositions d’EPI. Bien au contraire !

 

L’option de l’annualisation

L'établissement peut moduler la répartition du volume horaire hebdomadaire par discipline, dans le respect à la fois du volume horaire global dû à chaque discipline d'enseignement obligatoire pour la durée du cycle, du volume horaire global annuel des enseignements obligatoires dû à chaque élève et des obligations réglementaires de service des enseignants. La répartition du volume horaire des enseignements obligatoires doit rester identique pour tous les élèves d'un même niveau. Toutes les disciplines d'enseignement obligatoire sont enseignées chaque année du cycle.

Dans les collèges privés sous contrat, cette modulation est fixée par le chef d'établissement en concertation avec les professeurs. Ces derniers sont informés par le chef d'établissement des suites de cette consultation.

L'aide aux devoirs, attend ses modalités de mise en oeuvre

Outre l'arrêté aménageant la réforme du collège, le nouveau ministre de l'Éducation, Jean-Michel Balnquer a annoncé l'entrée en vigueur au collège du programme "devoirs faits", dès la rentrée 2017, le. Il sera proposé gratuitement aux élèves, sur le principe du volontariat. Son déploiement dans les écoles et les collèges sera progressif sur les rentrées 2018, 2019 et 2020 et les modalités spécifiques de cette généralisation dans l’enseignement catholique restent à préciser.
Dans l’esprit d’expériences déjà menées dans l'éducation prioritaire, il s’agit de mobiliser l'ensemble des acteurs susceptibles de concourir à cette ambition : enseignants volontaires rémunérés en heures supplémentaires ; assistants d'éducation au collège ; volontaires du service civique et acteurs associatifs (via une labellisation par ministère de l'Éducation nationale) ; retaités, étudiants ou membres de la réserve citoyenne de l'Éducation nationale.

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