Prospective 2025 : Point d'étape en Pays de la Loire - Enseignement Catholique

Prospective 2025 : Point d’étape en Pays de la Loire

Les Pays de la Loire ont donné, le 8 novembre dernier, le coup d’envoi d’une série de rencontres prospectives régionales qui auront lieu sur tout le territoire jusqu’à fin février.

L’enjeu : impliquer chaque acteur dans une démarche qui n’est ni nationale ni limitée aux questions démographiques, mais qui doit permettre à chaque territoire de répondre aux enjeux éducatifs actuels au plus près de ses besoins locaux. À travers ces rencontres se fait jour une articulation subtile entre les orientations régionales qui se dessinent et la stratégie nationale qu’elles viennent nourrir. « L’enjeu est énorme car il s’agit de porter tous ensemble l’avenir de l’Enseignement catholique dans une démarche résolument synodale », a résumé Philippe Delorme, secrétaire général de l'enseignement catholique, concluant que « rien ne se fera sans vous ! »

 « Je ne savais pas à quoi m’attendre… une série de conférences en amphi, peut-être… mais certainement pas à ça ! », lâche Lise, élève en terminale générale au Campus de Pouillé, aussi étonnée que ravie des temps d’échanges à bâtons rompus qu’elle a vécus le 8 novembre dernier, à Angers, lors de la journée de prospective des Pays de la Loire. Ces cinq world cafés sur l’avenir de l’Enseignement catholique régional, par tablées de huit renouvelées à chaque tour, ont brassé quelque 120 chefs d’établissement, enseignants, membres d’Ogec et d’Udogec, élèves ou étudiants d’Isfec ainsi que les cinq directeurs diocésains de la région. Tous sur un pied d’égalité, ces participants, invités par voie d’un appel général, ont ainsi composé une sorte de Caec élargi au-delà des représentations institutionnelles classiques.

 

Le quinté des directeurs diocésains des Pays de la Loire : Christophe Geffard (Vendée), Frédéric Delemazure, (Loire-Atlantique), Éric Martinez (Sarthe), Philippe Trillot (Maine-et-Loire), François Roseray (Mayenne).

Une ouverture très fructueuse pour la première de cette série de rencontres régionales qui visent à impliquer chaque acteur dans la démarche prospective impulsée depuis plus de deux ans par le Sgec, dont le secrétaire général, Philippe Delorme, et sa délégation se sont mêlés aux discussions. Elle a permis au dispositif original d’intelligence collective orchestré par Codesign-it, de fonctionner à plein, c’est-à-dire « d’échanger des paroles libres, de l’esprit critique, de bousculer et se laisser bousculer », selon les termes de Philippe Delorme. Le succès de la rencontre résulte aussi de la belle coopération des cinq directeurs diocésains de la région, très impliqués dans une démarche qui leur offre une « précieuse occasion de relecture et de réactualisation d’orientations prospectives prises à l’échelon régional depuis 2015 », témoigne Christophe Geffard, directeur diocésain de Vendée. Avec Philippe Trillot, directeur diocésain du Maine-et-Loire, Frédéric Delemazure, de Loire-Atlantique, François Roseray, de la Mayenne et Éric Martinez pour la Sarthe, le quinté régional a réussi à mobiliser ses troupes autour de cet enjeu majeur.

 

Des expérimentations locales pour nourrir la stratégie nationale

 

Après une phase d’appropriation des réflexions déjà conduites qui ont été ajustées, enrichies, les participants ont été amenés à définir « une série de chantiers concrets, correspondant aux enjeux régionaux, qui seront investigués localement mais aussi au service d’une ambition nationale », explique Pierre Marsollier, responsable des affaires politiques au Secrétariat général, illustrant son propos par l’exemple du Label international de l’Enseignement catholique : « Ce label a été conçu et mis en œuvre au sein de la DDEC de Nantes avant de connaître cette année une généralisation à l’échelle nationale. Dans une démarche d’intelligence collective, il revient à chaque territoire de s’assigner un domaine d’expérimentation qui pourra donner lieu à des modélisations pouvant servir à d’autres… »

 

Si pendant la première partie de la journée, l’ensemble des thématiques prospectives ont été explorées, la majorité des chantiers retenus dans la phase finale relèvent des questions de solidarité inter-établissements au service du maintien du maillage territorial, en phase avec les préoccupations d’une région majoritairement rurale – jusqu’à deux-tiers de petits établissements ruraux en Mayenne et dans la Sarthe. Plusieurs groupes ont ainsi travaillé sur un plan régional des écoles rurales « qui s’appuierait sur une politique d’établissements à projets grâce à laquelle le souci de proposer une offre cohérente et complémentaire désamorcerait toute logique concurrentielle ». À noter qu’un autre groupe a commencé, dans le même esprit, à explorer la carte des formations post-bac dans l’idée de mieux la valoriser en interne comme en externe, via une application dédiée qui recenserait les poursuites d’études possibles dans l’Enseignement catholique.

 

Solidarité, mutualisations et participation des jeunes

 

Si le fonctionnement en CLE, communautés locales d’établissements, adopté en Loire-Atlantique, a dopé la mutualisation d’équipements, de personnels mais aussi d’interlocutions pour la négociation de forfaits, beaucoup de participants ont pointé l’urgence de créer une caisse dédiée au financement du nouveau statut des chefs d’établissement du 1er degré, dont la charge est très diversement absorbée en fonction des territoires, jusqu’à parfois fragiliser certains établissements du second degré. « J’ai été étonné d’apprendre l’ampleur des ressources apportées en Vendée par un fonds alimenté par des dotations et le potentiel insoupçonné du recours au mécénat sur des projets spécifiques », note Olivier Hareau, chargé de mission de la DDEC 72. Des savoir-faire à capitaliser au niveau régional ?

Quant à Lise, la lycéenne de Pouillé, ses arguments et ceux des autres jeunes présents ont dû faire mouche, puisque trois des seize pistes d’action portaient sur l’association des jeunes à la vie de l’établissement et de l’institution, et ce jusqu’à leur participation à des parcours d’intégration proposés aux nouveaux entrants dans l’Enseignement catholique.

« J’ai découvert que les préoccupations portées par le bureau des élèves rejoignaient celles de responsables ou d’enseignants qui ont parlé de prendre en compte le retour de l’élève sur la pédagogie et de l’associer davantage aussi à la construction des cours, ou encore de rendre plus accessible le projet de l’Enseignement catholique en le faisant présenter pour les jeunes par des jeunes… », a-t-elle commenté.

 

Quatre chantiers ont enfin concerné la créativité pédagogique, dans l’optique de favoriser les échanges de pratiques et de valoriser les innovations locales. L’instauration d’un système de remplacements ponctuels, internes aux établissements mais aussi doublé par une organisation diocésaine, permettrait ainsi de proposer régulièrement des « tournées pédagogiques ». Ces séances d’observations, apparentée à de la formation continue entre pairs, seraient aussi ouvertes  aux étudiants en Isfec, qui pourraient ainsi y partager aux enseignants plus expérimentés les nouvelles pratiques auxquelles ils sont formés. « Un système gagnant-gagnant qui a le mérite de valoriser les savoir-faire enseignants – y compris ceux des entrants dans le métier, de contribuer à approfondir l’esprit d’équipe et le sentiment d’appartenance à l’Enseignement catholique», salue Laurence Gouello, enseignante en BTS à Tallensac, et tutrice d’enseignants stagiaires.

 

Les Pays de la Loire se sont dotés depuis 1987 d’une structure de coordination régionale, l’Uradel, qui ouvre un périmètre de responsabilité en partage pour ses cinq directeurs diocésains et participe à mettre en musique une stratégie de l’Enseignement catholique. Pour son directeur, Aldo Foschia, « cette journée a permis aux participants de s’extraire de la réalité de leur établissement ou de leur métier pour adopter une vision systémique qui prenne en compte la diversité des situations et des besoins, une base précieuse pour construire l’avenir ensemble ». En parfait écho à l’envoi de Philippe Delorme : « Ce travail collaboratif n’est pas un temps de décision mais l’amorce d’une réflexion à déployer. »

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