Prévenir, protéger… Agir

Près de 50 référents ont participé, mi-novembre, à la première session de formation organisée par le Secrétariat général de l’enseignement catholique à son Programme de protection des publics fragiles lancé cet été. Au menu : l’élaboration collective de procédures de traitement et de prévention de toutes les formes de maltraitance.

L’ensemble des atteintes à la dignité des personnes concerne tous les éducateurs. C’est l’esprit du Programme de protection des publics fragiles (PPPF) lancé cet été par le Sgec qui vise à outiller chacun pour mieux prévenir et traiter toutes les formes de maltraitance, passées ou actuelles. Pour la première journée de formation des référents PPPF, organisée le 12 novembre 2018, Jérôme Brunet, secrétaire général adjoint de l’enseignement catholiques s’est donc réjoui que près d’une cinquantaine de personnes aux profils très variés, aient répondu présents : Chefs d’établissement, chargés de mission aux spécialités très diverses, directeurs diocésains, formateurs, psychologues de l’Éducation…

Après avoir resitué les enjeux de ce PPPF comme relevant du « climat évangélique » et de la « sécurité inconditionnelle » que requiert la mission éducative des établissements, Jérôme Brunet a pointé l’urgence à se mettre en chemin. Cet ambitieux programme est en effet appelé à s’inscrire dans un travail de longue haleine.

Dans l’esprit du PPPF de l’enseignement catholique, qui s’accompagne d’un guide des procédures, la session s’est ouverte sur un quizz interactif portant sur le vocabulaire et les concepts juridiques et intégrant les dernières évolutions législatives (Loi n° 2018-703 du 3 août 2018 renforçant la lutte contre les violences sexuelles et sexistes ), telles que l’élargissement de la notion de vulnérabilité ou l’allongement des délais de prescriptions. « Il ne s’agit pas de faire de vous des experts, a rassuré d’emblée Josiane Hamy, chargée de mission au pôle éducation du Sgec et coordinatrice du groupe de travail sur le PPPF, mais de partager une connaissance de base du cadre et des obligations légales ainsi que des évolutions sociétales en cours. Si le PPPF invite d’abord les éducateurs à s’appuyer sur l’expertise des services départementaux de protection de l’enfance, il implique tout de même qu’une culture commune sur les situations de maltraitance, de leur prévention et de leur traitement se diffuse dans les établissements. »

Typologies des violences –du défaut de soin à l’atteinte sexuelle en passant par les violences psychologiques-, conséquences pour les victimes, attitudes des adultes protectrices ou non… Très vite, des études de cas en ateliers croisant les profils ont aidé les participants à intégrer les multiples visages du phénomène.

« Le PPPF et la méthodologie d’appropriation proposées sont précieux en ce qu’ils mettent en évidence l’importance cruciale à travailler ensemble sur ces questions, en confrontant des interprétations qui peuvent différer et en collaborant avec des spécialistes extérieurs. Aucune situation n’a de solutions clef en main ni ne peut être portée par un individu isolé. Cela me semble aussi rejoindre l’enjeu du pilotage des chefs d’établissement qui doivent associer certains membres de leurs équipes aux réponses à apporter à ces problèmes lorsqu’ils surviennent », commente Katherine Vernier, responsable du service de psychologie à la DDEC de Vannes.
.

Et le temps presse: l’évolution de la société, la multiplication de points d’écoute –dont il a été rappelé combien il était essentiel qu’ils soient animés par des professionnels formés- va amener de nombreuses révélations. Laurent Grégoire, président de l’association des anciens élèves de l’enseignement catholique -Cofaec qui compte 4 millions de membres- a par exemple évoqué le cas d’un dévoilement fait par une ancienne victime âgée de 70 ans aujourd’hui.

La démarche coopérative Diapason animée par Geneviève Lisch-Dupeux et par Marie-Odile Plançon, du Pôle Éducation du Sgec a enfin permis aux participants d’esquisser des pistes de préconisations pour la feuille de route des référents qui reste à écrire.
« Étant donné la diversité des horizons professionnels des participants et des configurations locales, chaque directeur diocésain donnera sa coloration particulière à leur mission. Il apparaît déjà qu’ils se situeront au carrefour de plusieurs professions et au contact des établissements et qu’ils gagneront à s’appuyer sur un réseau qui facilitera la diffusion de la formation, l’analyse de pratiques et participera à pérenniser leur action dans la durée », a détaillé Josiane Hamy.
Cette charte des référents ainsi qu’un document sur le recueil de parole des victimes seront les prochains chapitres du PPPF. Autant de jalons essentiels dans l’élaboration collective de procédures claires et opérationnelles pour agir et réagir à toute situation de maltraitance.

Pédophilie: et maintenant, que fait-on?
l'émission spéciale du Jour du Seigneur

L’Église qui a, pour sa part, démarré la réflexion en 2002 continue son travail de compréhension autour des problèmes de pédophilie.

Face à l'ampleur des scandales, le pape François a adressé, fin août, une lettre à l'ensemble des catholiques, invitant clecs et laïcs à réagir pour que les structures de l'Église ne soient plus complices de ces crimes.

Début novembre 2018, la dernière assemblée plénière des évêques de France a été marquée par un temps solennel d'écoute des victimes et la création, dans la foulée, d'une commission ad hoc.

Dans ce contexte, le Jour du Seigneur a consacré son émission dominicale du 18 novembre 2018 sur France 2,  à l'Église et la pédophilie.

La message de Soeur Véronique Margron
et Mgr Éric de Moulins Beaufort, archevêque de Reims.

Source: www.lejourduseigneur.com
novembre 2018

La parole à Chritian Burdet

Source: www.lejourduseigneur.com
novembre 2018

Des victimes face aux évêques

Source: www.lejourduseigneur.com
novembre 2018

Partagez cet article