Pastorale : un diplôme pour se ressourcer

angers

À Angers, l’Université catholique de l’Ouest s’est alliée avec l’Ifeap (1) pour proposer un DU de niveau bac + 3 aux personnes chargées de la pastorale scolaire. Une formation qui fait cheminer…

Par Sylvie Horguelin

« Si je n’avais pas suivi cette formation, j’aurais arrêté car je n’en peux plus », confie une stagiaire dans un bilan écrit d’évaluation. « Nous risquons de manquer d’adjoints et d’animateurs en pastorale scolaire (APS) d’ici cinq ans, si nous ne les formons pas ! », s’alarme Dominique Joulain de l’Ifeap, copilote du tout nouveau Diplôme d’université (DU) Animation en pastorale scolaire, avec Christophe Pichon de l’Université catholique de l’Ouest (UCO). « Les personnes chargées de la pastorale sont parfois isolées dans leur établissement : on leur demande d’assurer une heure de culture chrétienne dans chaque classe plutôt que d’imaginer une dynamique globale. Certaines d’entre elles s’épuisent, d’autant qu’elles se retrouvent en difficulté avec des jeunes peu réceptifs », poursuit-il. Et Dominique Joulain de plaider pour une conception plus large de leur mission et un envoi vers la communauté éducative toute entière. Mais relever ce défi implique d’avoir des APS solides. Et c’est bien l’objectif du DU angevin que de les outiller pour « soutenir et accompagner des jeunes et des adultes  

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À l’Institut de formation et développement de Grenoble

À l’Institut de sciences et théologie des religions de Marseille (pdf)

À venir courant 2017, des formations APS vont se monter dans les DOM-TOM à commencer par la Guadeloupe et la Guyane

(personnels d’éducation, enseignants et parents), en se situant  comme aînés dans la foi », précise-t-il. Lancé en février dernier, ce diplôme est ouvert à toute personne ayant une mission pastorale dans l’enseignement catholique et ce dans la France entière, même si les diocèses du Grand Ouest sont les premiers visés.

Jean-Paul Horhant, 49 ans, s’est lancé dans l’aventure avec un peu d’appréhension. Cet ancien technicien en entreprise, reconverti adjoint en pastorale scolaire, travaille à l’institution Saint-Joseph-de-Nazareth, à Châteaubriant, en Loire-Atlantique. « Nous sommes tous arrivés avec des interrogations et nous nous sommes portés les uns les autres », reconnaît-il, riche du vécu de sa promotion au sein de laquelle il a tissé des liens solides. Au terme de la formation, il déclare avoir « acquis des bases solides et porter un tout autre regard sur Vatican II et les Pères de l’Église ».

« Célébrer, annoncer, servir »

« Ce cursus n’est pas pratico-pratique, précise Christophe Pichon, en charge du volet théologique. Il s’agit de redécouvrir le cœur de la foi afin de mieux en vivre et de pouvoir l’annoncer. » Dans le contexte de la nouvelle évangélisation, le DU entend donc former des acteurs capables de « rendre compte de ce qu’ils croient et espèrent avec les mots et la grammaire de la Tradition vivante », ajoute le théologien. Des acteurs capables aussi de « mener à bien, en équipe, des projets d’animation pastorale, croisant les trois dimensions de la mission ecclésiale (célébrer, annoncer, servir), avec les différents partenaires (réseau, diocèse), sous la responsabilité du chef d’établissement », complète Dominique Joulain. Car ce parcours, qui peut s’étaler sur trois ou quatre ans, ne néglige aucun des trois objectifs du Référentiel national de formation des APS (2) : il comprend un volet institutionnel, un volet éducatif et un volet théologique. Il prévoit aussi des temps de stage et de découverte institutionnelle, un suivi personnalisé et une attention à la vie communautaire et spirituelle. Ce savant dosage « est le résultat d’une réflexion menée par des APS du Grand Ouest, les directeurs diocésains de la province de Rennes, l’évêque en charge de l’enseignement catholique pour cette même province ainsi que le grand chancelier de l’université », détaille Christophe Pichon. Premier bilan des deux formateurs, tout sourire : «  Nous accueillons un public qui a soif de comprendre. C’est un vrai bonheur ! »

(1.) Institut de formation de l’enseignement agricole privé. Site : ifeap.fr

(2) Référentiel national de formation des APS

Sylvie Héron, cadre d’éducation

« J’arrive en fin de carrière, confie Sylvie Héron, 54 ans. J’avais envie de lâcher un peu l’éducatif pour me consacrer à la pastorale, d’où mon inscription au DU d’Angers. » Cadre d’éducation au lycée agricole Saint-Joseph de Mesnières-en-Bray, en Seine-Maritime depuis la rentrée, elle précise : « L’an dernier, j’étais coordonnatrice d’un site qui n’était pas pourvu d’un animateur en pastorale scolaire (APS). Je n’avais pas d’heures dédiées pour cela, mais je prenais ce temps sur ma journée de travail. » Très motivée, elle s’est employée à développer une pastorale implicite – « qui se vit au quotidien dans les relations avec les jeunes et les adultes » – et explicite – « avec des temps forts, comme une retraite de deux jours à Lisieux ». Mais sans formation spécifique – « je suis croyante et pratiquante et j’ai fait le caté » –, elle a ressenti le besoin « d’apports solides pour s’adresser aux adultes ». Elle a donc suivi l’axe éducatif du DU, puis l’axe théologique l’an dernier, et elle s’apprête à débuter l’axe institutionnel. « C’est une formation complète et très bien construite. Mais c’est l’axe 3 qui pour le moment m’a le plus intéressée car j’avais des lacunes en théologie. J’ai acquis des connaissances fondamentales que tout chrétien devrait posséder ! », reconnaît-elle, confessant même qu’elle ne récite plus le Je crois en Dieu comme avant. « Chaque mot du Credo a pris tout son sens grâce aux deux sessions de christologie que j’ai suivies », ajoute Sylvie Héron, avant de saluer l’accompagnement « de grande qualité » des deux responsables du DU (Dominique Joulain, pour l’Ifeap, et Christophe Pichon, pour l’Uco) et des enseignants « qui se mettent à notre portée et répondent à toutes nos questions ». Et de conclure : « Tout ce que j’ai appris m’a nourrie personnellement et professionnellement. J’ai envie à présent d’en faire profiter les autres ! »

Le DU Animation en pastorale scolaire

Public : Toute personne ayant une mission pastorale dans le primaire ou le secondaire, déjà en fonction ou appelée à l’être.

Admission : Être titulaire d’un bac + 2 (ou bac + expérience professionnelle à valider). Avoir l’accord du chef d’établissement, directeur diocésain ou délégué de tutelle congréganiste.

Programme : Il comprend trois axes. Axe 1 : « Situer son action au sein d’un établissement catholique dans une Église diocésaine ». Axe 2 : « Développer les compétences liées à l’animation en milieu éducatif ». Axe 3 : « Acquérir les connaissances et compétences bibliques, théologiques et pastorales nécessaires à l’animation pastorale ». Cet axe s’ouvre cette année à toute personne intéressée, dans le cadre de la formation continue.

Rythme : Onze semaines de vingt-huit heures, réparties sur trois ans (axe 1 = deux semaines ; axe 2 = quatre semaines ; axe 3 = cinq semaines), auxquelles s’ajoutent des stages.

Lieu : Angers (axes 1 et 2 : Ifeap ; axe 3 : Uco).

Inscription : prochaine session du 12 au 16 janvier 2015. Calendrier des sessions et dossier de préinscription sont sur : www.uco.fr/theologie (page de la formation).

Coût : Axe 1 : 1 849 euros ; axe 2 : 2 625 euros ; axe 3 : 3 409 euros.

Financement : Fonds de formation de l’établissement + fonds nationaux Opcalia et DIF.

Poursuite d’études : Obtention de 60 ECTS (European Credits Transfer System) pris en compte dans un cursus de théologie.

Valorisation professionnelle : Diplôme reconnu par l’École des cadres missionnés de l’enseignement catholique, qui ouvre sur une évolution professionnelle.

Contacts : Faculté de théolologie UCO, Maryline Esneault, 02 41 81 65 46, maryline.esneault@uco.fr ; Ifeap, Stella Besnard, 02 41 25 78 14, ifeap@cneap.fr

eca362Issu du magazine Enseignement catholique actualités n° 362, août 2014 - septembre 2014

À retrouver dans l'ECA n° 362

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