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Parents présents, gagnant-gagnant

Se montrer accueillant vis-à-vis des familles ne suffit pas toujours à tisser des liens de confiance. À Massac-Séran, dans le Tarn, on va plus loin en invitant les parents à s’impliquer dans la vie du collège de Sainte-Germaine.

 
Par Mireille Broussous

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Perché en haut d’une colline, surplombant le paysage vallonné de la « petite Toscane », le collège Sainte-Germaine ne ressemble à aucun autre. Situé dans le hameau de Massac-Séran, dans le Tarn (81), en face d’une congrégation religieuse, cet établissement de 200 élèves accueille les enfants de Lavaur — la ville la plus proche — mais aussi d’autres villages bien plus éloignés. « Le territoire s’est imposé à nous. Les familles habitent et travaillent loin du collège, dans le triangle Toulouse-Albi-Castres. Nous avons dû réfléchir à la façon de tisser des liens avec elles », explique Anne Baldous, qui dirige l’établissement depuis trois ans. Des rencontres régulières ont été instituées entre l’équipe pédagogique et les familles afin de créer un climat de confiance. Dernière initiative lancée l’été dernier et allant dans ce sens : la possibilité pour les familles d’apporter le dossier d’inscription ou de réinscription de leur enfant fin août lors de deux journées d’accueil. « Les parents sont venus bronzés, détendus. Nous avons ainsi pu répondre à toutes leurs questions. Cette opération a très bien fonctionné », indique Brigitte Cambron, responsable de la vie scolaire. Une journée d’accueil « spéciale  6» a aussi été initiée. Les nouveaux s’installent dans leur classe avec leur professeur principal tandis que les parents se réunissent autour du chef d’établissement. Tout le monde se rassemble en fin de matinée autour de cafés, boissons fraîches et petits gâteaux. « Je me suis sentie en confiance dès le premier jour et mes parents aussi », indique Lucie, élève de 5e. « C’était très rassurant de savoir que nos parents restaient dans le collège ce jour-là », ajoute Yann, élève de 6e.

Le point d’orgue des relations entre le collège et les familles est sans aucun doute la journée dédiée à la remise du bulletin. « Je n’ai jamais été convaincue par les réunions trimestrielles qui ont lieu le soir entre 18 heures et 20 heures. Les parents attendent debout dans les couloirs que les enseignants leur accordent enfin cinq minutes. Dans un tel cadre, les relations entre les deux parties ne peuvent qu’être de mauvaise qualité », affirme Anne Baldous. Elle a donc décidé, il y a deux ans, de supprimer une journée de classe pour créer un vrai moment d’échange. Ce jour-là, les parents viennent au collège avec leur enfant entre 8 heures et 18 heures. « Tous les personnels de l‘établissement, des enseignants à la comptabilité en passant par la vie scolaire, sont dans une véritable posture d’accueil. » L’Apel est aussi mobilisée pour les accueillir et leur proposer une boisson. Pour les parents, la seule contrainte est de commencer par un entretien avec le professeur principal. Libres à eux, ensuite, d’échanger autant de temps qu’ils le souhaitent avec les autres enseignants. Pour ces rendez-vous trimestriels, il n’est pas rare que toute la famille, grands-parents compris, fasse le déplacement.

Les vertus du collaboratif

En dehors de ces moments institutionnalisés, les portes de l’établissement sont toujours ouvertes aux parents. Il y a trois ans, lorsqu’elle a inscrit sa fille en 6e dans cette petite structure, Tracy pensait avoir trouvé l’établissement idéal. « À la rentrée, j’ai appris que la classe de ma fille comptait trente-cinq élèves ! J’étais déçue, cela cassait mon rêve. J’en ai fait part à Anne Baldous qui venait de prendre ses fonctions de chef d’établissement. Elle m’a proposé d’assister à quelques cours pour voir comment cela se passait dans la classe », explique cette mère de famille. Ce fut pour elle le début d’une véritable aventure au sein du collège. Avec la professeur de français de sa fille, elle a créé un cours de théâtre, fait jouer aux collégiens de 6e des scènes de L’Avare, du Malade imaginaire, de Roméo et Juliette… Lorsque sa fille entre en 4e, elle propose au professeur d’anglais d’aider les élèves à improviser des saynètes dans la langue de Shakespeare. « Ici, contrairement à d’autres structures, je n’ai jamais eu le sentiment que les parents étaient perçus comme des enquiquineurs », souligne Tracy.

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Sabine fait aussi partie de ces mères inquiètes que le dialogue régulier avec l’équipe pédagogique a su rassurer. Jusqu’au CM2, son fils a été élève d’une école Montessori. Son adaptation à une méthode d’enseignement « classique » n’allait donc pas de soi. « J’ai toujours pu rencontrer les enseignants rapidement. Ils n’avaient pas les yeux uniquement rivés sur les notes mais pouvaient me parler de mon fils et de l’évolution de son comportement. En outre, dans les moments les plus compliqués où j’avais besoin de parler, Anne Baldous m’a toujours accordé un moment, même de façon impromptue », explique Sabine. « Si cela se passe bien avec les parents, c’est parce que le dialogue qui fait désormais partie de la culture de l’établissement, permet d’aller de l’avant et de proposer des solutions en cas de problème », résume Stéphanie Lafond, professeur de mathématiques.

Tracy et Sabine se sont rencontrées lors des chaleureuses réunions de l’Apel. Anne Baldous a tout fait pour que ces rencontres n’aient pas lieu dans un bureau anonyme mais chez les uns ou chez les autres autour d'un bon repas – Sud-Ouest oblige –, voire, parfois, au restaurant. « Nous travaillons sérieusement, mais nous discutons aussi beaucoup plus librement dans ce type d'environnement que dans un bureau. Du coup, les idées jaillissent », assure-t-elle. En lançant cette petite révolution dans les relations entre le collège et la famille, Anne Baldous a d’abord suscité des tensions au sein de l’équipe. Progressivement, le personnel administratif et les enseignants ont admis que les parents avaient toute leur place dans l’établissement. « Un certain nombre de familles sont d’ailleurs très proches de nous. Pour ma part, j’en tutoie quelques-unes. » Très sensible aux questions de développement durable et de gouvernance, la chef d’établissement est une adepte des « circuits courts, du collaboratif et du maillage ». Ici, lorsqu’il s’agit de parler d’orientation en classe de 3e, les parents sont sollicités pour présenter leurs métiers, leurs formations, leurs parcours. S’il s’agit de faire livrer des tomates ou du pain pour la cantine, ou encore d’imprimer des documents, Anne Baldous n’hésite pas à en passer commande auprès de parents agriculteurs, boulangers ou imprimeurs. « Je n’ai pas de tabou par rapport à cela. Nous sommes insérés dans un même tissu économique. Pourquoi ne pas aider “nos” familles à vivre ? Les parents nous font confiance et nous signent des chèques pour la scolarité de leurs enfants, pourquoi ne pas passer commande auprès d’eux de divers produits ou services ? C’est aussi cela le partenariat... » 

Des limites d’Internet

La communication par mails fonctionne très bien entre le collège et les parents. Ces derniers peuvent obtenir les réponses à la plupart des questions qu’ils se posent. Mais selon Anne Baldous, chef d’établissement du collège Sainte Germaine de Massac-Séran, mieux vaut ne pas répondre par écrit à un mail qui met en cause un adulte ou un élève, exprime une incompréhension par rapport à un événement, une note, etc. « Bien souvent, les parents écrivent comme ils parlent, sans filtre, sans nuance. Des malentendus peuvent naître. Le meilleur moyen de les dissiper est de leur parler au téléphone », explique-t-elle.

Aucun courrier électronique n’exige une réponse immédiate, et encore moins s’il s’accompagne d’une certaine agressivité. « Je conseille aux enseignants de simplement accuser réception puis de téléphoner aux parents en développant une écoute active et bienveillante, en commençant par reformuler ce qui est dit. » Malgré tout, si le ton reste agressif, c’est la chef d’établissement qui monte au créneau. « Je rencontre les parents en face à face. C’est le meilleur moyen pour trouver une solution. »

eca363Issu du magazine Enseignement catholique actualités n° 363, octobre - novembre 2014

À retrouver dans l'ECA n° 363

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