Les sujets portés par l'Enseignement catholique auprès du ministre - Enseignement Catholique

Les sujets portés par l’Enseignement catholique auprès du ministre

Une première entrevue positive a eu lieu le 7 juin dernier entre le nouveau ministre de l'Education, Pap Ndiaye et les responsables du Sgec. Un échange qui s’est poursuivi le 14 juin avec son directeur de cabinet, Jean-Marc Huart.

Le secrétaire général de l’enseignement catholique Philippe Delorme, ses adjoints, Nathalie Tretiakow et Yann Diraison, et Pierre Marsollier, délégué général, ont rencontré le nouveau ministre de l’Éducation le 7 juin, puis son directeur de cabinet, Jean-Marc Huart, le 14 juin dernier. Désireux de favoriser la mixité sociale, souhaitée par Pap N’Diaye, au sein de leur réseau, ils ont présenté les dossiers qu’ils souhaitent travailler avec le ministère.

 

Quatre dossiers majeurs

En tête des quatre sujets majeurs abordés, figure l’accès à la restauration scolaire à des coûts non prohibitifs pour les élèves du privé, indispensable à l’essor de la mixité sociale. Plus largement, le Sgec a demandé que les circuits de financement croisés entre État et collectivités soient révisés afin que les élèves du privé puissent systématiquement profiter des dispositifs d’aides publiques.

Face aux difficultés rencontrées en matière de taxe foncière et de mises aux normes, l’enseignement catholique souhaite que son immobilier scolaire bénéficie d’un statut cohérent avec sa destination d’intérêt général et d’un régime fiscal adapté.

Concernant les suppléances, il convient, d’aller au bout de la logique du décret du 10 février 2022 en égalisant les grilles de rémunération entre suppléants du privé et remplaçants du public.

 

Deux dossiers urgents

Tout d’abord la prise en charge des Accompagnants d’élèves en situation de handicap (AESH) sur le temps de la pause méridienne pour les élèves disposant d’une prescription. Ce financement, assuré dans le public par les collectivités organisatrices du temps méridien, nécessite un montage juridique et budgétaire spécifique dans le privé afin de ne pas peser sur les familles.

Le second point de blocage concerne le mouvement de l’emploi, la loi de transformation de la fonction publique de 2019 n’ayant toujours pas été transposée aux enseignants du privé. Ce vide juridique, propice aux litiges, empêche de surcroît de réviser des accords sur l’emploi spécifiques à l’enseignement catholique, ce que la réforme de la formation initiale rend nécessaire.

 

Trois questions techniques

 Le Sgec demande pour finir qu’une harmonisation des conditions de direction permette qu’un chef d’établissement du 2d degré dirige un établissement du 1er degré.

Il souhaite aussi que l’enseignement à distance puisse être rémunéré autrement que par des heures supplémentaires qui alourdissent trop la charge des enseignants. Pour cela, il propose de créer des établissements virtuels qui porteraient la part distancielle de leur obligation de service.

L’enseignement catholique fait enfin remarquer que le nouveau régime de disponibilité des enseignants pénalise ses cadres, désormais contraints de reprendre dix-huit mois d’enseignement au mitan de leur dix années de disponibilité, sous peine de perdre le bénéfice de leur concours.

 

 

 

Marseille : l’expérimentation s’étend

« Donner davantage de liberté et d’autonomie aux équipes pédagogiques », c’est l’objectif affiché par le président de la République. Après une année 2021-2022 d’expérimentation dans 59 établissements publics marseillais, Emmanuel Macron a annoncé, le 2 juin dernier, vouloir étendre le dispositif « école du futur » à la France entière. Ce dispositif, auquel l’enseignement catholique n’a pas été associé, prévoit de financer un projet innovant autour de la culture, des langues, de l’environnement ou des sciences, en permettant aux chefs d’établissement de participer au recrutement de leur équipe pédagogique. Concrètement, cela se traduit par des « postes à exigence particulière », les candidats étant sélectionnés par un jury, formé du chef d’établissement, de l’inspecteur de l’Éducation nationale et d’un enseignant.

Les écoles maternelles et élémentaires marseillaises participant à l’expérimentation ont obtenu 40 000 euros pour financer leur projet, cette somme servant à financer dépenses d’équipement et rémunérations (heures supplémentaires pour les enseignants, temps de décharge pour les directeurs…).

Autre mesure du plan, l’ouverture de microstructures pour accueillir les décrocheurs. 12 micro-collèges et 12 micro-lycées, intégrés à des établissements existant et réservé à des élèves en grande difficulté, vont ouvrir à la rentrée prochaine dans la cité phocéenne. L’enseignement catholique marseillais y contribuera sans aide de l’État, grâce au Plan national pour les réussites éducatives : il ouvrira à la rentrée un micro-collège à Saint-Joseph-Viala et un micro-lycée à Saint-Michel.

ED

 

Pap Ndiaye, ministre de l’Éducation nationale

L’historien Pap Ndiaye, 56 ans, a succédé à Jean-Michel Blanquer le 20 mai dernier à la tête du ministère de l’Éducation nationale. La rentrée de cet ancien normalien s’annonce chargée avec de « grands débats » sur l’École.

Estelle Dautry

 

Agrégé d’histoire, il était depuis février 2021 directeur général du Musée de l’histoire de l’immigration à Paris. De père sénégalais et de mère française, Pap Ndiaye, 56 ans, fait partie des fondateurs du Cran (Conseil représentatif des associations noires de France). Intellectuel réputé, professeur à Sciences Po, cet ancien élève de l’École normale supérieure est le frère de Marie Ndiaye, prix Goncourt de littérature.

Pour l’instant très discret, le nouveau ministre de l’Éducation nationale, nommé le 20 mai dernier pour remplacer Jean-Michel Blanquer, a annoncé de « grands débats sur l’École » pour la rentrée. Il s’agit « non pas de faire un Grenelle de l’éducation, une grand-messe à Paris, mais plutôt au plus près des demandes locales et du terrain, pour imaginer des dispositifs dans l’alliance entre le scolaire et le périscolaire », a-t-il expliqué lors de l’un de ses premiers déplacements dans la Vienne en marge de la campagne des législatives, le 10 juin dernier. Celui qui a déclaré, lors de la passation, être « un pur produit de la méritocratie républicaine dont l’école est le pilier », affiche aussi son souhait de « lutter contre les inégalités scolaires ». Interrogé sur la crise du recrutement, à l’issue du conseil des ministres du 14 juin dernier, Pap Ndiaye a précisé que les contractuels seraient augmentés à la rentrée dans les académies sous tension.

Au programme de son ministère, une probable réforme du collège et des filières professionnelles. Le président de la République Emmanuel Macron a en outre émis deux souhaits : « un partenariat beaucoup plus étroit avec les entreprises » et des lycéens professionnels « rémunérés pour leur temps d'entreprise comme le sont les apprentis ». Reste l’épineux dossier de la revalorisation du salaire des enseignants. Avant sa réélection, le président de la République a dit vouloir accorder aux professeurs des augmentations substantielles, à condition qu’ils acceptent un service élargi, par exemple l’aide aux devoirs.

©Philippe Devernay- MENJ

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