Mineurs non-accompagnés : «une urgence humaine»

Le 7 mars dernier, une journée d’information sur les mineurs non-accompagnés (MNA), organisée par le Secrétariat général de l’enseignement catholique et Apprentis d’Auteuil, s’est tenue à Paris. Objectif : permettre aux établissements qui le souhaitent, de scolariser ces jeunes.

 

L'unité pédagogique pour allophones de Vincent-de-Paul, à Tarbes, l'un des dispositifs créés dans l'enseignement catholique. © DR

« Nous avons mesuré le 7 mars dernier l'importance d'apporter une information juste, claire et complète sur la réalité que recouvre l'accueil des mineurs non-accompagnés (MNA) », explique Jérôme Brunet, adjoint au secrétaire général de l’enseignement catholique, co-organisateur avec Apprentis d’Auteuil d’une journée d’information sur la scolarisation des MNA. Pour le responsable du département Education, il s’agissait de « lever les fantasmes, les croyances, les impressions, de repérer les leviers d'action et d'aider à se mettre en marche ».

De fait, une soixantaine de directeurs diocésains, chargés de mission, responsables de congrégation et d’organismes nationaux (Urcec, Apel, Fnogec, Cneap, Formiris), chefs d’établissement et enseignants (voir encadré), avaient répondu à cet appel pour se renseigner ou de se relier à d’autres acteurs déjà engagés. Le discours vidéo de Pascal Balmand, dans lequel ce dernier a rappelé qu’il s’agissait bien d’ « une urgence humaine » dont l’enseignement catholique ne pouvait se laver les mains, a été très apprécié. La volonté du Secrétariat général, a-t-il insisté, est « d’accompagner les initiatives locales déjà lancées et d’en susciter de nouvelles ».

Une présentation de la situation en France et en Europe, effectuée par Hélène Jevdjenijevic, chef de projet MNA à Apprentis d’Auteuil, complétée par Céline Schmitt, du Haut Commissariat aux réfugiés (HCR), a permis de situer le contexte et le cadre légal. Cécile Lognoné, d’Apprentis d’Auteuil, a listé pour sa part les nombreux partenaires possibles : Cimade, Pastorale des migrants, Caritas France…

Une dynamique diocésaine à Nantes

Très intéressants aussi les témoignages d’acteurs, approfondis au cours des ateliers. Parmi eux, un professeur de français, Pierre-Antoine Joly et une chargée de mission, Stéphanie Lechevallier, étaient venus présenter le dispositif mobile allophone mis en place par la direction diocésaine de Nantes pour 1er degré et le 2nd degré. Pierre-Antoine Joly, en charge des MNA scolarisés dans le 2nd degré à Nantes, a expliqué : « Nous recueillons les demandes qui arrivent au service ASH puis nous rencontrons l’enseignant qui assurera un accompagnement avec le professeur principal pour construire un PPRE (programme personnalisé de réussite éducative) qui comprend des aménagements d’emploi du temps, du tutorat… ».

Bien décidé à suivre ce dossier dans la durée, le Sgec envisage à présent la création d’un MOOC qui outillera les chefs d’établissement qui veulent se lancer. Un hors-série d’Enseignement catholique actualités est aussi programmé avec des reportages réalisés partout en France. À suivre donc.

Sylvie Horguelin

 

Ci dessous, Pascal Balmand, secrétaire général de l'enseignement catholique, exprime sa volonté d'accompagner les établissements déjà investis dans l'accueil des migrants et d'en inciter d'autres à les rejoindre.

Virginie Mathieu, enseignante
au LP Vincent de Paul à Tarbes (65)

« Depuis la rentrée, le lycée professionnel Vincent-de-Paul a ouvert une Unité Pédagogique pour Elèves Allophones Arrivants (UPE2A) – la seule du département en LP ! Il s’agit d’une structure ouverte où les élèves apprennent notre langue en intégrant à temps plein une classe ordinaire.
Nous accueillons à ce jour vingt jeunes de plus de seize ans dans ce dispositif dont je suis la coordonnatrice et où j’enseigne le FLE (Français Langue Etrangère). Les Mineurs non-accompagnés (MNA) nous sont adressés par l’ASE (Aide sociale à l’Enfance), les autres par le CADA (Centre d’accueil des demandeurs d’asile), qui se chargent de leur hébergement. Malgré un parcours de vie chaotique, ces adolescents venus de Guinée, Mali, Bangladesh, Albanie… ont envie d’apprendre un métier. Certains sont inscrits dans notre 3ème DIMA (Dispositif d’initiation aux métiers en alternance), d’autres en 3ème Prépa Pro ou en CAP.
En assurant cet accueil, nous faisons fructifier l’héritage de Vincent de Paul au service des plus démunis. Constater que nous ne sommes pas seuls et que l’enseignement catholique au niveau national se mobilise, comme la journée du 7 mars en témoigne, est très important pour moi. Cela m'encourage à poursuivre cette mission enrichissante qui demande néanmoins un investissement personnel très important. » 

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