Les évêques rencontrent le Cneap

Une délégation de 23 évêques a visité le stand de l’enseignement agricole privé, le 26 février dernier, au Salon de l’Agriculture. L’occasion pour les responsables du Cneap de faire valoir leur désir d’être mieux intégrés dans les dynamiques diocésaines.

 


Le président du Cneap François Paliard accueille les évêques venus visiter le stand du Cneap au Salon de l'Agriculture.

 

Le 26 février dernier, une délégation de 23 évêques, issus de territoires ruraux mais pas seulement et représentant l’ensemble des provinces épiscopales de France, a fait une halte sur le stand du Conseil national de l’enseignement agricole privé (Cneap) au Salon de l’Agriculture, porte de Versailles à Paris. L’occasion d’un temps de rencontre et d’échange inédit. « Nous étions venus une première fois, il y a deux ans, afin de témoigner notre sollicitude pour une profession agricole profondément déstabilisée. Nous avons souhaité revenir cette année pour rencontrer les acteurs de l’enseignement agricole catholique en particulier et manifester notre soutien à la qualité de l’accompagnement humain et pédagogique qu’ils réalisent auprès des jeunes », a expliqué Mgr Ricard, archevêque de Bordeaux et président du Conseil pour l’enseignement catholique.

Un signe fort de reconnaissance

« Cette visite constitue pour nous un signe fort de reconnaissance du travail des équipes », ont salué Philippe Poussin, secrétaire général du Cneap, et son président François Paliard , qui souhaiteraient travailler avec leur appui à une inclusion accrue de leurs établissements dans le développement des dynamiques diocésaines. « Si nous avons une modalité de fonctionnement différente, adaptée au monde professionnel de l’agriculture et à son contexte, nous voulons apporter une contribution pleine et entière à partir de nos spécificités », a précisé Philippe Poussin. Parmi elles, le représentant du Cneap a notamment évoqué la qualité de ses filières professionnelles à valoriser dans le cadre de l’aide à l’orientation et de l’accompagnement des jeunes au sein de l’enseignement catholique. Le Cneap pourrait aussi partager son expérience de l’enseignement du vivant dans le cadre de la prise en compte de l’écologie intégrale chère au pape François (Laudato si’). « La grande force de ses formations tient dans cette dimension d’appropriation collective inscrite au cœur de ses parcours et de son étroite capacité de dialogue avec la vie d’un territoire », a témoigné pour sa part Mgr Mousset, évêque de Périgueux, lui-même issu de l’enseignement agricole.

Le Cneap en congrès

Autre axe fort mis en avant : celui d’un champ d’intervention élargi, au cœur du nouveau projet  2018-2023 que le Cneap présentera à l’occasion de son prochain congrès les 22 et 23 mars prochains à Marne-la-Vallée (77). « Nous avons un rôle à jouer au sein des territoires qui dépasse le cadre du seul lycée et qui demande à être identifié désormais comme celui de véritables centres de ressources au service de l’animation pastorale des diocèses », a soutenu Philippe Poussin. Le sujet sensible du financement des établissements du Cneap, actuellement fixé à hauteur de 64 % du coût d’un élève de l’enseignement agricole public, en négociation depuis des mois avec le gouvernement, n’a pas manqué aussi d’être abordé par le président du Cneap. Une situation critique et inadmissible, selon François Paliard : « C’est comme si la logique de la loi Rocard avait été perdue par les administrations qui nous considèrent comme des prestataires de service. De ce fait, nombre de nos établissements aujourd’hui traversent de grandes difficultés financières, et ce manque à gagner repose sur les familles, elles-mêmes en difficulté. Il ne faut pas oublier que plus de la moitié de nos élèves sont boursiers ! Ce qui est en jeu, c’est le sens même de notre association au service public ! »

Aurélie Sobocinski

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