L’enseignement agricole creuse son sillon

« Quel enseignement agricole en 2025 ? »L'édition 2017 du Salon de l’agriculture, a mis la formation à l'honneur en s'ouvrant, le samedi 25 février, sur un colloque qui a dressé l’état des lieux d'un enseignement agricole de plus en plus innovant et en prise directe avec son territoire. L'occasion, pour des acteurs et élèves du Cneap de valoriser la diversité et le dynamisme de leurs filières.

 

Par Mireille Broussous

À droite, Christian Brayer, chef d'établissement à Saint-Maximin avec des élèves et Louise Touret, journaliste à France Culture.

« Quel enseignement agricole en 2025 ? » Cette question est ardue et la crise que traverse la filière complique la tâche des intervenants, à tel point qu’ils se sont finalement peu risqués à y apporter une réponse. Piloté par Henri Nallet, ancien ministre et spécialiste du monde agricole, ce colloque a permis à des intervenants issus d’horizons très divers de prendre la parole : élèves et enseignants de lycées agricoles, représentants du ministère de l’Agriculture, responsables de régions comme Vincent Labarthe, vice-président du conseil régional d’Occitanie et Manoëlle Martin, vice-présidente du conseil des Hauts-de-France. Dans son intervention, le président de la République François Hollande a lui-même ironisé sur la difficulté à parler du futur lorsque l’avenir à court terme — celui des élections présidentielles — est à ce point incertain. Il a néanmoins salué la « culture de l’innovation » de l’enseignement agricole et la capacité des établissements publics et privés à travailler ensemble. Il a aussi insisté sur le fait que l’enseignement agricole « doit rester un pilier de la ruralité » ouvert aux élèves en provenance de toute la France « y compris à ceux des territoires urbains ». Il a enfin appelé de ses vœux le renforcement des liens entre agriculteurs et établissements.

Le directeur général de l'enseignement et de la recherche au ministère de l'Agriculture, Philippe Vinçon, a réalisé un état des lieux de l’enseignement agricole et de ses évolutions. Il a insisté sur la grande diversité de ses établissements publics et privés et évoqué la création de 1000 postes en cinq ans. Élément nouveau, l’enseignement agricole attire des élèves venus de tous les horizons et non plus seulement des enfants d’agriculteurs. Ces derniers ne représentent plus que 10 % des élèves. Par ailleurs, l’enseignement supérieur se féminise. Par exemple, 60 % des étudiants des écoles vétérinaires sont… des étudiantes.

Circuits courts

 

François Paliard et Philippe Poussin, respectivement président et secrétaire général du Cneap.

La question des circuits courts et la manière dont ils peuvent impacter les métiers agricoles a aussi été abordée. Dans la région des Hauts-de-France, par exemple, des partenariats entre des lycées agricoles et des lycées de l’hôtellerie et de la restauration ont par exemple été créés. Dans ce domaine, Christian Brayer, chef d’établissement du lycée d’enseignement agricole privé de Saint-Maximin a aussi témoigné des pratiques volontaristes en vigueur dans son établissement. La production agricole très diversifiée (vin rosé, légumes, volaille, céréales, etc.) et exclusivement bio de son lycée est consommée à la cantine par les élèves ou — initiative récente réalisée en partenariat avec La Poste — acheminée par drones à certains clients.

L’insertion de l’établissement sur son territoire est une préoccupation montante de tous ceux qui les dirigent. Afin de renforcer les liens avec les agriculteurs et agricultrices de la région, une crèche a été créée au sein même du lycée de Saint-Maximin dont les horaires sont adaptés à ceux des agriculteurs. « Plus l’économie est mondialisée, plus il faut relever les défis locaux », conclut Christian Brayer.
En écho, François Paliard, président du Conseil national de l’enseignement agricole privé (Cneap) a participé à une table ronde consacrée au rôle d'animation des territoires joué par les établissements agricole, l'une des cinq missions qui leur sont dévolues par la loi Rocard.  « À l'heure où les Régions deviennent un acteur majeur de la formation, où les tissus économiques locaux affichent de nouveaux besoins, il est crucial que nos établissements renforcent, créent ou réinventent les partenariats dans lesquels ils sont engagés », détaille Philippe Poussin, secrétaire général du Cneap. L'institution a en effet profité du Salon pour distribuer aux candidats à l'élection présidentielle 2017 «Ses convictions pour avancer» qui complètent, pour le volet agricole, les propositions adressées par le Sgec au monde politique mardi 28 février.

La contribution de l'enseignement agricole catholique pour l'école
Des convictions pour avancer

 

Ce document complète, sur le volet agricole,
La contribution de l'enseignement catholique pour l'école   À télécharger ici

Feuilleter la contribution de l'enseignement agricole catholique pour l'école,  sur le site du cneap

Partagez cet article

X