Le Synadec s’engage dans la prospective

Le congrès annuel du Synadec, organisation professionnelle des chefs d’établissements du premier degré, s’est tenu le 10 mars en mode hybride avec un objectif : conduire une réflexion prospective dans la foulée du séminaire organisé par le Secrétariat général de l’enseignement catholique, en octobre dernier sur la même thématique.

Mireille Broussous

Pour son congrès annuel, le Synadec a misé sur une formule originale. Le bureau de l’organisation professionnel de chefs d’établissement du 1er degré était réuni à Vannes dans un studio de télévision loué pour l’occasion tandis que les délégués et adhérents étaient installés dans des salles de classes à raison de 6 personnes maximum. Tous communiquaient en visio. « Avant le démarrage de ce congrès en mode hybride nous étions un peu inquiets mais le résultat a été concluant », assure Virginie Bécourt, présidente du Synadec.  Au point que l’organisation est prête à recommencer l’expérience, car « il permet de toucher beaucoup de monde », affirme la présidente.

 

Anticiper

L’objectif de cette journée était « de se réinventer ». Les chefs d’établissements sont inquiets : le nombre de naissances est en baisse depuis 2010 – ce qui n’est pas bon pour les écoles… Tous les ans, des classes ferment. Les déménagements, les fusions d’établissements s’intensifient. « La baisse des effectifs dans nos écoles est importante hormis dans les grandes métropoles », résume Virginie Bécourt. Une situation qui oblige à anticiper. « Notre travail fait écho au séminaire organisé par le Sgec en octobre dernier sur la prospective. Il s’agit aussi d’accompagner la réflexion des tutelles et du secrétariat général de l'Enseignement catholique », indique Virginie Bécourt.

 

Innover et accueillir

Sept thématiques ont été élaborées. En ce qui concerne la première, « Liberté et innovations pédagogiques et éducatives », le Synadec prône une pédagogie davantage ouverte sur l’extérieur, le renforcement du partenariat entre l’école et les parents et une meilleure communication entre établissements autour de l’innovation pédagogique. L'organisation professionnelle réfléchit également à la façon de mieux accueillir les enfants handicapés ou différents tant par leur origine sociale que par leur niveau scolaire ou leur comportement. Il faut « favoriser une école des réussites multiples », peut-on lire parmi les propositions du chantier « Accueil de tous ». « La communauté éducative », 3ème axe de réflexion, doit faire preuve de vigilance par rapport aux évolutions sociétales et notamment aux attentes des parents.

 

Mettre en réseau les établissements

« La structuration des établissements en réseaux et solidarités concrètes », autre thématique, a suscité de nombreuses propositions opérationnelles de la part des adhérents. Mutualiser les ressources pédagogiques et les personnes grâce à la mise en réseau, jouer la solidarité sans distinction de tutelle, faciliter les partages d’expériences de terrain en tissant des liens entre chefs d’établissement, bref, s’orienter vers une  « interdépendance positive », sont des pistes à creuser. Travailler à « Renouveler le modèle économique » est également essentiel. Cela passe par le développement d’activités en partenariat avec les acteurs locaux pour les mercredis et les vacances, la recherche de mécènes parmi les familles et via les réseaux ou encore l’application de la loi Egalim, qui incite à acheter des produits locaux et de préférence bio.

 

Communiquer sur ses actions

Enfin, dernière thématique : « La communication et la formation ». Montrer les spécificités de l’enseignement catholique et communiquer davantage auprès des parents sur les actions menées dans les établissements sont des axes de travail. Fluidifier la communication interne fait aussi partie des priorités. Former les équipes sur les thèmes de la laïcité et du fait religieux pour répondre aux questions des enseignants débutants et se former tout au long de sa carrière au numérique comptent parmi les propositions phares.

Un congrès riche en idées constructives et innovantes. « Une question importante a émergé, celle de notre marge de manœuvre en matière d’innovation, de notre liberté pédagogique et organisationnelle.  Ce sera le thème de notre prochaine assemblée qui se tiendra en septembre », précise Virginie Bécourt. Un éclairage très attendu qui permettra d’aller plus loin dans l’innovation.

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