Jim Howden au congrès du Snceel - Enseignement Catholique

Jim Howden au congrès du Snceel

Même si les temps sont difficiles, pas question de se laisser aller à la morosité. Pour son congrès, qui s’est tenu les 18 et 19 janvier derniers à Issy-les-Moulineaux (92), le Snceel a mis le plaisir à l’honneur. Et les chefs d’établissement n’ont pas boudé le leur…

Mireille Broussous

Parler du bien-être au travail est classique. Aborder la notion de plaisir l’est beaucoup moins, mais le Snceel (Organisation professionnelle des chefs d’établissement d’enseignement libre) a osé en faire le thème de son congrès… « Il y a un an, lorsqu’on préparait ce rassemblement, nous n’étions pas tout à fait sortis de la crise sanitaire. Faire en sorte que l’on retrouve du plaisir à exercer notre métier s’est imposé à nous », explique Vivien Joby, président de l’organisation, le 18 janvier dernier, à Issy-les-Moulineaux (92).

Pour favoriser le plaisir et un certain… retour à l’enfance, rien de tel que la musique de Mary Poppins pour ouvrir le congrès et qu'un montage tout aussi régressif de scènes de dessins animés. Certes, la crise sanitaire a pu faire vaciller des chefs d’établissement, mais lorsque Sophie Martinez, organisatrice de ces deux journées de rencontres leur a posé la question : « Depuis janvier, qui a pris plaisir à travailler ? », dans la salle, toutes les mains se sont levées.

Revenir sur la notion de plaisir constituait le premier temps de ce congrès. Pour cela, le philosophe Roger-Pol Droit a rappelé que le plaisir de la transmission est un plaisir altruiste qui consiste à re-susciter ce moment fantastique où l’on a soi-même, en tant qu’élève ou étudiant, découvert de nouveaux pans de la connaissance. Mathieu Cassotti, professeur en psychologie du développement à l’Université Paris Cité, souligne que le bien-être n’est pas « la somme de petits plaisirs mais passe par l’engagement et le fait d’avoir un métier qui fait sens ». Jim Howden, chercheur en sciences de l’éducation de l’université McGill de Montréal, estime que le devoir du pédagogue est « de créer du plaisir chez ses élèves » et que lorsqu’on apprend aux élèves à coopérer, « le plaisir coopératif entraîne une grande efficacité dans les apprentissages ».

Lors de la deuxième table ronde, il a été davantage question de la façon de lutter contre le stress afin de préserver son plaisir à exercer son métier. Le témoignage de Sophie Rosenzweig, reporter de guerre pour Arte était éloquent. « Je ne pourrais pas exercer ce métier si je n’y prenais pas de plaisir et si je n’étais pas résolument optimiste. D’ailleurs, j’ai souvent constaté qu’une personne ou un incident venait transformer une situation qui semblait quelques instants plus tôt totalement désespérée… »

 

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