Ensemble, on va plus loin - Enseignement Catholique

Ensemble, on va plus loin

À Strasbourg, la pastorale est devenue la clé de voûte de l’institution La Providence. Tout au long de l’année, direction, personnel, élèves et parents ont célébré la fraternité. Avec un point d’orgue qui a réuni 1 200 jeunes à la cathédrale.

Par Noémie Fossey-Sergent

Une « Cérémonie de la Parole » a rassemblé 1 200 jeunes dans la cathédrale de Strasbourg.
Une « Cérémonie de la Parole » a rassemblé 1 200 jeunes dans la cathédrale de Strasbourg. © NFS

Les derniers touristes viennent de sortir de la cathédrale. Pour deux heures, l’immense édifice n’appartiendra qu’aux 1 200 jeunes de l’institution La Providence et du collège de Vendenheim qui lui est rattaché. Aurélia Fuchs, responsable pastorale, et David Bugne, son bras droit, s’activent. Aujourd’hui, c’est pour eux le dernier temps fort d’une année de travail. Cette « célébration de la Parole » doit retracer les moments clés d’une année placée sous le thème « Tout seul on va plus vite, ensemble on va plus loin ». Un enseignant de mathématiques rejoue La légende de Sessa1 avec un professeur de culture religieuse pour donner tout son sens à l’opération « bol de riz » réalisée par les élèves. Des enfants de CM2 égrènent au micro les moments charnières de l’année. Chaque classe apporte une case de l’échiquier qu’elle a décorée selon sa définition de la fraternité. Ce qui surprend dans cet établissement, c’est moins le choix du thème, somme toute assez courant, que la façon dont il a été investi par tous : direction, personnel, élèves et même parents.

Un film fédérateur

Exemple avec le premier temps fort, décliné en janvier. Une maman d’élève souffle l’idée à l’établissement de se rapprocher de l’émission Le Jour du seigneur pour réfléchir sur le handicap. Son documentaire L’enfant-rêve, sur la vie de Jérémy, jeune québécois atteint d’une maladie qui met toute son énergie à devenir chanteur, est montré à 1 000 enfants du CE2 à la 3e et 70 adultes, dont beaucoup de parents. À l’issue de la projection, des élèves de 3e se répartissent dans des groupes de 6e pour amorcer une réflexion. « Ne pas faire pour mais faire avec, c’est important », confie Aurélia qui a vite compris qu’une pastorale qui fonctionne est une pastorale qui responsabilise les élèves. « C’est avec ce genre de projet qu’on arrive à faire tomber les préjugés, salue Isabelle Beyrouthy, chargée de pastorale pour les personnes handicapées au diocèse de Strasbourg. Le fait d’avoir mobilisé les parents permet que la communication sur le sujet se prolonge en famille. »

Durant la Journée de la fraternité, les élèves de La Providence se sont rassemblés pour une photo de groupe.
Durant la Journée de la fraternité, les élèves de La Providence se sont rassemblés pour une photo de groupe. © NFS

L’envie de s’investir des élèves s’explique en partie par l’ouverture et le dynamisme de l’équipe pastorale. L’aumônerie, rebaptisée en « Cap » (Centre d’animation de la pastorale) pour ne pas décourager certains de pousser la porte, met à disposition de tous ses canapés et ses tisanes. « Ici, on est dans le partage, la réflexion, on ne nous raconte pas la vie de Jésus », explique Alexandre. Une approche qui attire élèves croyants et non-croyants. « J’ai été baptisée, fait ma première communion mais je me considère comme athée, confie Noëlle, en 3e. Je me replonge en ce moment dans les textes sacrés. Ce que j’aime dans la pastorale, c’est qu’on ne parle pas de merveilleux et de paysages d’arcs-en-ciel. On sort de notre cocon, on s’éveille, on trouve des sources d’engagement. »

16 h 30. La cathédrale de Strasbourg se vide. Gérard Masson, le chef d’établissement, peut souffler : « On est arrivé à ce que je voulais. La pastorale est devenue la clé de voûte de l’établissement, elle y a créé un esprit. Un lieu scolaire doit aussi être un lieu d’intériorité. »

(1). Sessa, inventeur du jeu d’échecs, aurait demandé comme récompense au roi des Indes qu’il lui offre un grain de riz sur la première case de son équichier… en doublant ensuite sur chaque case le nombre de grains présents sur la précédente.

Le Jour du Seigneur: une mine de supports pédagogiques                                     

Marine de Vanssay, chargée de diffusion auprès des réseaux ecclésiaux et associatifs, au Jour du Seigneur explique la politique éducative de l'émission: « J’étais là le jour de la projection de L’enfant-rêve. J’ai trouvé l’implication des jeunes extra. J’ai été impressionnée par leur capacité à échanger ensuite. On sentait que ce film avait des résonances dans leur vie.  Nous développons de plus en plus les collaborations avec les scolaires.
En ce moment, nous proposons le film Accueillir l’autre, le bon larron que nous accompagnons de sa fiche pédagogique à la demande ... Il y a aussi le grand film diffusé sur Arte « Les cathédrales dévoilées.

 

Consultez le catalogue en ligne.            Comptez 20 € par documentaire.
Rens. : m.devanssay@lejourduseigneur.com    ou Tél.: 01 44 08 98 12

Visionnez ici le film L'Enfant rêve,
avec l'aimable autorisation du Jour du Seigneur

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