En route pour un nouveau lycée

Décloisonner les filières et disciplines pour mieux articuler le bac et le lycée à l’enseignement supérieur… La réforme présentée par le ministère de l’Education le 14 février rejoint, sur bien des points, ce que préconise l’enseignement catholique de longue date. La réussite de sa mise en œuvre reste conditionnée à la marge d’autonomie qui sera laissée aux établissements, analyse Pascal Balmand, secrétaire général de l’enseignement catholique.

Là où nombre de ses successeurs se sont cassé les dents depuis plus de 30 ans, Jean-Michel Blanquer, ministre de l’Éducation semble avoir trouvé un modus operandi, présenté le 14 février dernier en Conseil des ministres.
Son projet de nouveau lycée signe la fin des séries de la voie générale - la voie technologique, elle, les conserve - tout en préservant un tronc commun généreux. L’élève choisira trois disciplines de spécialités en 1ère et en gardera deux en Terminale, ces dernières pouvant être combinées plus largement que dans le système de majeures et mineures en forme de menus préconçus proposé par le rapport Mathiot.

Un décloisonnement de bon augure selon Pascal Balmand, secrétaire général de l’enseignement catholique : « Positionner le bac dans une logique bac+3-bac -3 fluidifie les parcours d’études. La fin des filières en silo et de la suprématie de la section S permet de mieux personnaliser ces parcours, en laissant davantage de place au projet, au profil et à l’envie des jeunes. Le rôle renforcé des enseignants en matière d’accompagnement à l’orientation me semble aussi très intéressant, à la condition impérative qu’une attention particulière soit portée aux élèves qui pourraient être fragilisés par cette modularité accrue »

Au-delà de la réduction du nombre d’épreuves au bac à quatre en classe terminale, dont deux en avril et deux autres en juin avec notamment un grand oral, une autre grande nouveauté est l’instauration d’un contrôle continu qui comptera à 40% dans la note finale et fait sortir le bac d’une culture du couperet. Reste en suspens la question de son organisation : si les gros établissements pourront faire corriger les copies par d’autres professeurs que ceux de l’élève, quid des petits ?

« La modularité du futur lycée pose aussi la question de la marge d’autonomie concertée qui sera laissée aux établissements, pour organiser l’offre des disciplines proposée aux élèves », pointe Pascal Balmand. Alors que les enseignements de spécialités sont aujourd’hui soumis à validation rectorale, il met en garde contre toute tentation « de caporalisme descendant » qui serait préjudiciable à la réforme. Il voit d’ailleurs dans la semestrialisation un levier d’autonomie dont il invite les établissements à se saisir, bien que le ministère n’ait finalement pas rendu obligatoire sa généralisation.

Alors que la question des leviers d’économie –outre le resserrement du format du bac- reste en suspens, Pascal Balmand insiste sur la nécessité « d’accompagner la réforme en formation initiale comme continue et de ménager du temps en amont dans le service des professeurs afin qu’ils préparent les évolutions à venir. » Et s’approprient notamment les nouveaux programmes en cours de rédaction qui devront être en cohérence avec l’objectif de modularité de cette réforme.

Aurélie Sobocinski

 

 

Les points saillants
de la réforme

 

- Si les séries générales disparaissent, les séries technologiques sont maintenues, avec la possibilité de choisir en voie générale certaines spécialités de la voie technologique.

- Sur les 40% de contrôle continu introduit dans la note du bac, 30 points seront obtenus via 3 séries d’épreuves ponctuelles effectuées en établissement à partir d’une banque de sujets nationaux, avec des copies anonymisées et des corrections effectuées par des professeurs qui n’ont pas les élèves en cours.

-Les épreuves du bac sont anticipées (juin de 1ere/ décembre et avril de Tal) et l’oral de rattrapage maintenu.

-L’élève choisira trois disciplines de spécialités en 1ère et en gardera 2 en Terminale. Ces dernières peuvent être combinées plus largement que dans les propositions de Majeures Mineures du rapport Mathiot

La semestrialisation n’est pas retenue comme une obligation nationale sans qu’elle soit interdite à l’échelle des établissements.

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