Des clefs pour investir l’enseignement supérieur - Enseignement Catholique

Des clefs pour investir l’enseignement supérieur

« Du post-bac à l’enseignement supérieur… comment faire le bond ? »

Sous cet intitulé, la journée  organisée le 26 avril dernier à Paris, par RenaSup, réseau des établissements catholiques proposant des formations supérieures, a réuni plus de 150 chefs d’établissement et responsables.

Ce temps d'échanges et de mutualisation a permis à chacun de collecter des idées nouvelles et des conseils pour booster son offre de formation post-bac.

Sylvie Horguelin

© ICP

« Notre expérience peut être généralisée », a lancé Anne Douaire-Banny, doyenne de la faculté des lettres de l’Institut catholique de Paris (ICP). Dans sa filière Information et Communication, l’ICP accueille désormais des étudiants ayant obtenu un BTS Communication, grâce à un partenariat avec le lycée parisien Carcado-Saisseval. Objectif pour ces jeunes : intégrer directement la troisième année de licence (L3) de l’ICP, avec une poursuite possible en master. Et pour préparer les étudiants de Carcado aux exigences de l’université, une équipe pédagogique mixte a conçu le parcours Info-Com+ : des modules proposés en 1re et 2e année de BTS. « Le jury d’admission de L3 est composé d’enseignants de Carcado et de l’ICP », a en outre précisé la doyenne, lors de la journée RenaSup(1) organisée le 26 avril dernier à Paris. D’autres exemples de partenariats féconds entre lycées et universités catholiques ont été présentés pour encourager les responsables présents à innover dans ce sens.

Jean-Louis Vichot, délégué général de l'Udesca, Delphine Blanc Le Quillec, déléguée générale de la Fesic avec les responsables de RenaSup, Yves Ruellan et Jean-Marc Petit. © S.H.

Autre piste pour rendre son pôle post-bac plus attractif : le conventionnement avec une université étrangère. Yves Ruellan, président de RenaSup, a fait état de l’expérience engagée avec l’université britannique de Coventry : « Neuf centres en France proposent à ce jour un Bachelor, ce diplôme de niveau bac+3 qui permet une poursuite d’études. » Parmi eux : La Joliverie à Nantes. Catherine Viard-Gaudin, en charge du supérieur dans ce lycée, témoignait : « Nous avons ouvert un Bachelor en 4 ans. À Coventry, l’année coûte 11 000 euros sans l’hébergement. Chez nous, elle revient autour de 5 000 euros. Nous avons toutefois construit un emploi du temps qui permet aux étudiants d’avoir un job à côté et aussi négocié des prêts préférentiels avec les banques. » Autre plus : les centres viennent d’obtenir du Crous une accréditation aux bourses pour les Bachelors.

Ces partenariats permettent de proposer un continuum bac-3/bac+ 3, rassurant pour les familles « prêtes à investir dans les études de leurs enfants, mais plus attentives qu’autrefois au retour sur investissement », a précisé Yves Ruellan. Et d’alerter sur le fait que « le modèle européen Licence-Master-Doctorat menace le modèle français dont le BTS ». Pour s’y préparer, il faut inventer des certifications adossées au Répertoire national des certifications professionnelles (RNCP) . Didier Valancogne, en charge de Sup’La Mache à Lyon, a ainsi expliqué comment il avait créé le titre de Chargé d’affaires et de développement à l’international, de niveau bac + 4 qui comprend deux ans à l’étranger. Autre choix : « préparer les étudiants à un titre RNCP qui existe déjà », a suggéré Jean-Marc Petit qui n’a pas réussi à lister les titres qui existent au sein du réseau RenaSup, les établissements restant discrets dans leur communication.

Enfin, Jean-François Fiorina, directeur de l’École de Management de Grenoble, a invité les lycées à explorer la piste des « titres visés », même si le visa est accordé à certaines formations par le ministère de l'Enseignement supérieur, au terme d'une procédure assez lourde. À ce jour, environ 120 formations de niveau bac+3 à bac+5 ont obtenu un visa pour une durée de 1 à 6 ans. Dernières suggestions : rentrer dans les critères de labels et certifications qualité, tel le label EESPIG (établissement privé d’intérêt général) qui reconnaît la qualité d’un établissement. Ou encore créer un établissement d’enseignement supérieur privé (EESP) permettant, entre autres, de continuer à percevoir la catégorie B de la taxe professionnelle.

« Êtes-vous prêts à basculer dans le monde du sup ? », a lancé Yves Ruellan aux participants, en conclusion de cette journée stimulante. RenaSup est à leurs côtés pour les accompagner dans cette mutation majeure.

Plus d'informations sur le site de RenaSup

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