Lutter contre le décrochage

L’enseignement catholique est en train de porter un plan triennal de lutte contre le décrochage scolaire en mettant en avant pour ses élèves le droit au redoublement, le droit au retour en formation mais aussi le droit à un congé scolaire pour faire une pause en entreprise ou en service civique avant de reprendre le chemin de la scolarité.

Stéphanie Gallet: Le ministère de l’Éducation nationale a organisé un séminaire pour faire le bilan des différents programmes du plan décrochage scolaire et ce bilan est plutôt positif même si 100 000 jeunes sortent encore chaque année du système scolaire sans aucune qualification. Qu’entend-t-on par décrochage scolaire ? Des précisions avec Jean-Marc Petit, délégué général de Renasup.

Jean-Marc Petit: Le décrochage scolaire a plusieurs définitions. On parle souvent de « NEET », c’est-à-dire des gens ni en formation, ni en emploi et ni en études alors qu’ils auraient l’âge d’y être. En même temps dans certaines statistiques qui ont été utilisées, notamment par le ministère, on intégrait aussi parfois dans le décrochage, des gens qui étaient en emploi mais qui avaient moins de 25 ans et qui étaient sans diplôme. On considère qu’ils sont quand même décrocheurs du système scolaire car ils n’ont pas le bagage nécessaire pour pouvoir s’intégrer par la suite de façon satisfaisante dans la société. Il existe quand même un lien entre un diplôme et l’intégration dans une vie professionnelle porteuse

Stéphanie Gallet:  Ces écoles de la deuxième chance qui ont été mobilisées pour reprendre en main ces élèves décrocheurs mettent toutes en avant la notion de bienveillance.

Jean-Marc Petit: Face à des jeunes qui sont multiformes, ils ont parfois l’impression d’avoir face à eux une école qui serait un peu un mur et qui poursuit ses objectifs indépendamment de ce qu’ils sont. Il est important d’avoir un autre regard sur ce jeune, en considérant aussi ses ressources, et ne pas seulement l’évaluer à l’aune des critères scolaires traditionnels. Il y a plein de jeunes qui ont des ressources, qui ne sont pas a priori des ressources reconnues du système scolaire, mais qui pourtant peuvent les aider à retrouver confiance en eux si on leur montre que ces ressources existent et qu’elles peuvent être socialement mobilisées. Un regard de bienveillance, c’est d’abord considérer la personne comme une personne qui a des richesses, pas forcément dans la norme que l’on attend, mais pour autant on est prêt à prendre l’élève tel qu’il est et à l’aider à s’épanouir et à trouver une voie de formation porteuse.

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