Les familles au défi de l’Ecole à la maison

Alors que le gouvernement a annoncé une reprise progressive de l'école pour les maternelles, les primaires, les collèges et les lycées à partir du 11 mai, beaucoup s'interrogent sur le bien-fondé d'une telle décision. Pour Benoît Skouratko, du Secrétariat général de l'enseignement catholique (SGEC), c'est l'aspect progressif de la réouverture des écoles qui est intéressant : "Il faut accepter qu'on ne travaille pas tous de la même façon, la reprise progressive permet d'apprendre qu'on travaille différemment d'un endroit à l'autre."

En attendant la reprise, il est indispensable pour les parents de trouver un équilibre à la maison entre le rythme des petits et celui des plus grands, mais aussi le télétravail, et, parfois, l'accompagnement de la maladie. "Les parents sont admiratifs du travail des enseignants, et nous du travail des parents" assure Benoît Skouratko. Si les efforts déployés par les parents sont remarquables, il faut maintenant se poser pour réfléchir à cette continuité pédagogique dans la durée.

Or, deux choses sont indispensables à l'équilibre, selon l'enseignant : le temps et l'espace de travail"Il faut aménager un espace de temps de travail que l'on range une fois qu'on a fini". L'équilibre est donc à trouver, à la fois dans le travail de l'enfant que dans celui de ses parents : "Trouver un équilibre de la recette, pour que les parents restent parents avant tout, en effet, ils ne peuvent remplacer les professeurs, ils sont là pour accompagner leurs enfants."

Vers une plus grande autonomie des enfants?

Il est certain que les méthodes d'enseignement ont changé depuis le début du confinement. S'il est complexe pour les enfants de maternelle et de primaire d'être autonomes, "cet apprentissage à distance a permis une autonomie de l'apprentissage de certains élèves qui ont même organisé entre eux des tutorats" nous informe Benoît Skouratko.

Pourtant, ce n'est pas le fait de la majorité des élèves, certains ont eu des difficultés à se procurer des ordinateurs, d'autres n'arrivent pas à travailler chez eux. Il faut alors se poser la question des priorités dans cette éducation : "En confinement, il y a une surabondance des propositions. C'est parfois trop, il faut prendre le temps de ne pas faire grand chose, se poser un moment et voir avec son enfant ce qu'il propose." Cela permet d'entrer dans une nouvelle temporalité, qui nous amène à repenser aussi les méthodes de l'école : doit-elle être plus collaborative ? Tenir compte davantage des moyens informatiques ? "L'école va sûrement revoir sa copie, et la revoir avec les parents."

Finalement, si aucune décision magique ne vient répondre aux inquiétudes des parents, Benoît Skouratko rappelle la priorité des enseignants après le confinement : "Il nous faut réfléchir à la manière d'accompagner au mieux ceux qui ont été touchés par le virus, entendre ce qu'ils ont à nous dire... On ne pourra avoir une rentrée en septembre sans tenir compte de ce temps de confinement."

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