Favoriser l’accès à l’Enseignement supérieur pour les bac pro

Stéphanie Gallet «  La ministre l’a redit lors de sa conférence de presse de rentrée, il faut favoriser l’accès à l’enseignement supérieur des bacheliers professionnels. Pourquoi ? Explications d’Yves Ruellan, le président de Renasup »

Yves Ruellan «  Jusqu’à présent les jeunes titulaires du bac professionnel entraient dans la vie active. Or, les titulaires de ce diplôme sont de plus en plus jeunes parce que les études ont été ramenées de quatre ans à trois ans et il n’y a plus de redoublement, ce qui fait que ces jeunes arrivent sur le marché du travail à 18 ans. C’est trop jeune ! Du coup, ils ont envie de poursuivre leur cursus dans l’enseignement supérieur. Le Gouvernement a fixé un taux de poursuite d’étude : 1 jeune d’une génération sur 2 devrait accéder à l’enseignement supérieur. Ce taux ne sera atteint que si l’on double le nombre de jeunes issus de bac professionnels dans les études supérieures. Le tout n’est pas de les envoyer dans l’enseignement supérieur mais c’est de les faire réussir. Aujourd’hui, la voie la plus courante de poursuite pour eux c’est celle des STS (section technologique supérieure)  et la ministre dans ce cas a souhaité mettre en expérimentation cinq académies sur le territoire français dans lesquelles les recteurs pourront affecter en priorité les élèves issus de bac pro ».

Stéphanie Gallet «  L’Enseignement catholique accueille 35 000 élèves en STS. Ces responsables partagent avec le Gouvernement la volonté de mieux accompagner les bacheliers pros mais récusent toute logique de quota ou d’affectation par le rectorat. Yves Ruellan formule un certain nombre de propositions alternatives »

Yves Ruellan « L’enseignement privé est prêt à prendre l’engagement que si un élève fait un vœu 1 son premier vœu dans un de nos établissements et que l’on ne peut pas proposer une place dans cette établissement, alors collectivement on lui trouvera une solution sous réserve d’un entretien d’orientation. Ensuite, il faut peut-être chercher d’autres types de formations que pourraient poursuivre ces élèves, par exemple des qualifications à bac + 1. On n’y réfléchit pas assez à ces qualifications à bac + 1 qui sont souvent des diplômes du type certificat de qualification professionnelle avec les branches professionnelles, par exemple avec les branches de l’automobile. Il faut aussi permettre des assouplissements réglementaires entre les statuts des formations. C’est à dire des jeunes qui sont  en formation initiale à temps complet sous statut scolaire et puis des alternants qui sont en apprentissage, en contrat de professionnalisation. Il faut trouver des solutions pour que tous ces élèves puissent se côtoyer sur les mêmes bancs de l’école. » 

Partagez cet article