Donner le goût des sciences

Béatrice Salviat, directrice adjointe de La main à la pâte a plaidé pour un enseignement des sciences ludique et vivant, lors de la conférence débat qui s'est tenu le 14 décembre dernier à l'ISP-Faculté d'éducation. Avec de nombreux exemples d'expériences à mener en classe à l'appui.

Jean-Louis Berger-Bordes

 

Béatrice Salviat, directrice adjointe de la main à la pâte.

« Comment mettre la main à la pâte pour dynamiser les sciences à l’École ? » On ne pouvait trouver thème plus opportun, après les mauvais résultats des élèves français aux évaluations Pisa et Timss en sciences. Pour en débattre avec le public, formateurs, enseignants et étudiants venus nombreux le 14 décembre dernier à l’ICP, Béatrice Salviat, docteur en sciences de la vie et de la Terre et directrice adjointe de La main à la pâte (voir encadré). Un intérêt dû pour certains au fait que « 80 % des professeurs des écoles », de formation plutôt littéraire, n’ont pas une grande culture scientifique, et se trouvent quelque peu démunis pour initier leurs élèves aux sciences, a souligné la conférencière. Or c’est là qu’intervient La main à la pâte, avec des propositions pour tous niveaux, illustrées parfois par des vidéos et accessibles sur internet. Pour la Fondation, « Faire des sciences, c’est permettre à des jeunes de tous milieux de travailler ensemble, d’aider et écouter l’autre, et d’accepter la vérité scientifique ». Même si celle-ci peut évoluer dans le temps... « En somme, c’est une École de citoyenneté », a résumé Béatrice Salviat. Cela justifie que l’équipe de La main à la pâte, composée d’une trentaine de personnes, soit financée par le ministère de l’Éducation nationale, l'Agence nationale pour la rénovation urbaine, et de nombreuses entreprises mécènes.

Dans les « Dix principes de La main à la pâte », figure la recommandation de consacrer « deux heures par semaine, durant toute la scolarité » à ces sciences illustrées par des expérimentations. Un rythme difficile à tenir, même si « les activités sont organisées en séquences avec progression des apprentissages » et que « les familles et le quartier » sont aussi sollicités, comme y invite la Fondation.

Toutefois, l’imprégnation fait son œuvre, bien au-delà même de la matière sciences. Elle permet, insiste Béatrice Salviat, « à l’élève de redécouvrir la valeur de l’échec », de son expérience en somme, qui invite à recommencer sans se décourager. Une valeur pédagogique utile sa vie durant.

La main à la pâte,
réseau pédagogique

 

Créée par l'Académie des sciences, les Écoles normales supérieures de Paris et de Lyon, la Fondation La main à la pâte est un laboratoire d’idées et de pratiques innovantes cherchant à améliorer la qualité de l’enseignement des sciences à l’école et au collège. Elle propose des aides variées aux professeurs pour faire découvrir à leurs élèves une science vivante et accessible, favorisant par des pédagogies actives la compréhension des grands enjeux du XXIe siècle, le vivre ensemble et l’égalité des chances.

Elle crée et anime des réseaux de proximité, mais aussi nationaux et internationaux, qui fédèrent des partenaires autour de projets innovants et conduisent à l'élaboration, l'évaluation et la diffusion de « bonnes pratiques » pour enseigner la science et la technologie. En 2015, quelque 10 000 professeurs et formateurs ont été formés dans l’une des neuf Maisons pour la science et leur Centre national et 4 000 guides pédagogiques ont été diffusés gratuitement à des classes de primaire et collège.

 

 

Lire aussi l'ouvrage co-écrit par Béatrice Salviat: Une énergie, des énergies – Comment fonctionne le monde ? (2015, Belin) et 29 notions-clés pour savourer et faire savourer la science (2009, Le Pommier).

Article issus du n°377 de la revue Enseignement catholique acualités

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