Anticiper la réforme du lycée - Enseignement Catholique

Anticiper la réforme du lycée

La réforme du lycée était le thème des Assises du Synadic le 27 septembre dernier à Issy-les-Moulineaux. Des chefs d’établissement y ont témoigné de ce qu’ils avaient déjà mis en place pour l’anticiper.

 

Bruno Magliulo, IA honoraore, à la tribune du Synadic © NFS.

Le 27 septembre dernier, à Issy-les-Moulineaux, au lycée Saint-Nicolas, l’inspecteur d’académie honoraire Bruno Magliulo a ouvert les Assises en partageant sa réflexion, plutôt sombre, sur la cohérence entre la réforme de l’enseignement supérieur et celle du lycée.
Pour lui, le problème se concentre dans les non-sélectives, où « l’on ne parvient pas à avoir des taux finaux de réussite ». Pour preuve : 72 % des élèves inscrits à l'université n’atteignent jamais la licence. Seule la maîtrise des compétences attendues avant d’intégrer garantit la réussite. Celles-ci sont désormais affichées par les établissements d’enseignement supérieur. Problème : beaucoup exigent des attendus qui ne sont plus purement scolaires. « Par exemple, on n’entre pas en Staps sans brevet de secourisme. Or peu d’établissements y préparent aujourd’hui », indique-t-il. Le risque selon lui ? « Que les associations de parents d’élèves demandent des comptes aux établissements ». Pour ces derniers, il faudra donc poser des priorités car ils ne pourront pas financièrement tout proposer.

Autre point de vigilance : le traitement des dossiers arrivés extrêmement nombreux. « Des logiciels d’aide à la prise de décision ont été introduits, chaque université ayant sa propre déclinaison, opaque », s’inquiète Bruno Magliulo. Ce dernier observe aussi que « le collège et le lycée français ne préparent pas assez leurs élèves à l’autonomie dont ces derniers devront faire preuve dans le supérieur pour réussir ».

Autre problème : certaines matières risquent de trinquer avec les enseignements de spécialité. « Un élève qui veut se faire un profil S prendra maths, physique-chimie et SVT en 1re puis devra lâcher un enseignement en Terminale : ce sera probablement la SVT. En termes de RH, cela sera compliqué à gérer pour les établissements. »

Des établissements pro-actifs

Echanges de pratiques sur la réforme orchestrés par Benoit Skouratko, du Sgec (à gauche). © NFS.

Face à cette vision plutôt inquiète de la réforme, Benoit Skouratko, du département Education du Sgec, a incité le public à faire sienne la phrase de Baudelaire : « Parce que la forme est contraignante, l’idée jaillit plus intense. » Avec Christine Verrier chargée de mission DDEC de Lille, il a organisé de fructueux échanges de pratique.  Plusieurs chefs d’établissement ont tout d'abord présenté en table ronde les dispositifs d’ores et déjà mis en place pour anticiper la réforme.

C’est le cas de Bertrand Lermytte, à l’EIC de Tourcoing, où des packs inspirés des futurs enseignements de spécialité sont proposés aux élèves de 2de générale et technologique depuis septembre. Vincent Giot, du lycée Saint-Michel, à Reims, a expliqué comment se mettait en place dans son bassin un travail en réseau avec les autres établissements.

À l’Epil de Lille, Didier Gamant, a créé un dispositif pour une orientation positive par lequel les élèves de 2de réalisent une semaine d’immersion dans la filière qu’ils pensent choisir avant de valider leur choix.
L’après-midi, les participants ont travaillé en ateliers les points saillants de la réforme : semestrialisation, Parcoursup, le grand oral... en imaginant des actions possibles.

NFS

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