À distance du clavier

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Pour sa 4e édition, le Printemps du numérique de l’enseignement catholique a réuni à Saint-Malo plus de 1 500 personnes autour de la question : « Et si l’École repensait ses espaces d’apprentissage ? ». Une communauté s’est ainsi constituée, du 16 au 18 mars derniers, pour explorer des espaces réels et virtuels.

Par Sylvie Horguelin et Gilles du Retail

Accueil des congressistes par un pêcheur hyperconnecté.
Accueil des congressistes par un pêcheur hyperconnecté. © L. Mercier

Prendre le temps de se poser. C’est bien ce qui était proposé aux congressistes qui ont conflué à Saint-Malo du 16 au 18 mars pour le 4e Printemps du numérique organisé par le département Éducation du Secrétariat général de l’enseignement catholique (Sgec) et les directions diocésaines de Bretagne. Au Palais des congrès Le Grand Large qui portait bien son nom, il était proposé aux chefs d’établissement, enseignants et responsables éducatifs venus de l’Hexagone et d’outre-mer, d’élargir leur horizon en glanant idées, outils et expériences pour enrichir leurs pratiques. Ils étaient invités à circuler entre l’amphithéâtre, où se déroulaient conférences et tables rondes, et la Rotonde, un lieu modulable, avec vue sur mer, conçu par des architectes pour penser les nouveaux espaces numériques en façonnant l’espace réel à sa guise. Ils ont aussi pu mettre la main à la pâte lors des nombreux ateliers qui sollicitaient leur créativité. Un exemple parmi d’autres : Sébastien Verbert, professeur de SVT à La Malassise à Longuenesse (Saint-Omer) a invité les membres de son Fab lab, à réaliser des capsules audio puis vidéo sur un sujet de leur choix, comme le font ses élèves. Autant de mises en situation pour faire tomber les peurs et créer de l’émulation.

Des outils au service de l’homme

Pas question pour autant de survaloriser ces outils qui doivent rester au service de l’homme, comme l’a rappelé en ouverture Pascal Balmand, secrétaire général de l’enseignement catholique. « Il nous faut explorer ensemble les voies de la culture numérique pour en faire des voies d’humanisation », a-t-il déclaré

Serge Tisseron et Françoise Maine.
Serge Tisseron et Françoise Maine. © L.Mercier

en alertant sur les dangers que représente la fuite dans le virtuel. « Nous devons tenir le cap de l’incarnation ici et maintenant », a-t-il insisté en appelant de ses vœux des « espaces porteurs de sens ».

Un cap tenu par Françoise Maine du Sgec, organisatrice de l’événement, qui proposait à chacun de « penser à l’homme devant l’écran plutôt qu’à l’appli ». Dans une vidéo, le pédagogue Philippe Meirieu, se déclarait, quant à lui, favorable au numérique « s’il s’inscrit dans une École coopérative » et non une École de la « juxtaposition des individus et des indifférences ». Mêmes propos équilibrés lors de la table ronde qui a suivi entre Milad Doueihi et Jacques-François Marchandise, deux universitaires pionniers en humanités numériques. Pour ce dernier, le numérique n’est pas « à l’origine de toutes les transformations qui ont lieu dans la classe ». Il permet toutefois de réveiller les pédagogies coopératives et le travail en réseau en allant plus loin. Milad Doueihi a pointé, pour sa part, la difficulté qu’a l’École avec « l’aspect autodidacte » induit par ces nouveaux outils. Ils obligent à repenser les modèles d’apprentissage, en réfléchissant à la façon dont les jeunes s’approprient les savoirs, comme y invite la classe inversée.

Serge Tisseron avait choisi, quant à lui, de faire un pas de côté, en évoquant les robots de demain, qui ressembleront aux hommes, sans pour autant être au cœur des relations qui nous font vivre. Une perspective qui donne le vertige quant on sait que « 47 % des emplois seront perdus du fait de la robotisation aux États-Unis dans les années qui viennent », a-t-il expliqué.

Le complexe d’Obélix

Pour autant, le numérique ne remplacera pas les enseignants, a pointé à son tour Jérémy Lachal, de l’ONG Bibliothèque sans frontières. Car « sans sa médiation, l’outil n’a guère d’intérêt ». Une idée partagée par le sociologue Pascal Plantard qui dénonce le complexe d’Obélix : « Sous prétexte que les jeunes seraient tombés dedans, ils n’auraient pas besoin d’une pédagogie. » Et de souligner qu’il existe des différences d’usages au sein d’une même génération et un défi éducatif à relever pour combler la fracture numérique.

Milad Doueihi et Jacques-François Marchandise, interviewés par Capucine Graby.
Milad Doueihi et Jacques-François Marchandise, interviewés par Capucine Graby. © L. Mercier

Un grand souffle d’air frais est enfin entré dans le Palais des congrès avec le témoignage de Benoît Peeters, auteur de la série de BD Les Cités obscures. Cet amoureux des manuscrits, plaide « pour l’hybridation » qui consiste à utiliser les nouvelles technologies en étant conscient du fait que « dessiner sur un papier crée un geste différent ». Benoît Peeters invite à ne pas se laisser enfermer dans une seule approche. Il revenait à Claude Berruer, adjoint au secrétaire général de l’enseignement catholique, de conclure : « Nous vivons ce temps singulier et passionnant où l’École, fille de l’imprimerie, s’ouvre au numérique, sans que rien pourtant de ce que portent les mots ne disparaisse pour autant. » Avec ce mot d’envoi : « La culture numérique ouvre de magnifiques espaces à des créations pédagogiques, éducatives et culturelles renouvelées (…) Osons l’attente d’espaces inconnus ! »

Ils ont reçu le Trophée de l’innovation à Saint-Malo

Sabine de Valon, professeur au lycée Saint-Étienne de Cahors (46)

Cette enseignante en arts appliqués a été récompensée pour la reconstitution virtuelle du bureau parisien d’André Breton, élaborée par ses élèves de 1re et Tle bac pro. Ces derniers ont réalisé un photomontage, puis un panorama à 360 degrés et une animation du situé 42 rue Fontaine, désormais visible sur le site officiel André Breton. Ce travail avait été présenté au musée de Cahors, de septembre 2014 à février 2015, dans le cadre d’une exposition consacrée au poète, intitulée La maison de verre.

Site : www.andrebreton.fr/desktop

Christian Jézégou, animateur Tice à la direction diocésaine de Saint-Brieuc (22)

1000 élèves ont participé cette année au jeu concours Armoricpl@net proposé aux classes de 6e du diocèse de Saint-Brieuc. Conçu par des enseignants et animateurs Tice, dont Christian Jézégou qui a reçu le trophée au nom de tous, il consiste à lancer aux élèves des défis qui sollicitent toutes les disciplines, pour les conduire à apprendre autrement. Un exemple : écrire la suite d’une histoire en produisant une animation en papier découpé à poster sur la plateforme du jeu.

Site : ddec22.asso.fr/armoricplanet

Bruno Floquet, éducateur à l’IME Le Nid-basque d’Anglet (64)

Cet éducateur spécialisé anime un atelier photo pour des jeunes ayant une déficience intellectuelle. Pour les intéresser, il a recours à une technique ancienne : le sténopé. Elle consiste à fabriquer une image en faisant passer la lumière par un petit trou. L’atelier se déroule dans une caravane transformée en sténopé géant qui permet de réaliser une image de 1,20 m en trois heures. Un grand boîtier en bois peut aussi être utilisé.

Voir sur Facebook : Sténopé Carré.

Jean-Luc Albinet, chargé du numérique pour le 1er degré à la direction diocésaine de Rodez (12)

Un travail de mise en place du numérique est essentiel pour soutenir le projet éducatif diocésain, la constitution de réseaux d’établissements et le développement des pédagogies coopératives. C’est la conviction de Jean-Luc Albinet et de la direction diocésaine de Rodez qui ont été récompensés pour leur implication dans l’accompagnement au quotidien des équipes éducatives et les formations dispensées. Objectif : redessiner une École solidaire et ouverte sur des environnements numériques devenus essentiels pour aider les jeunes à se construire. Le rôle reconnu, mais parfois à reconnaître, des responsables du numérique dans les directions diocésaines est un levier pour aller plus loin.

Christian Berthet, responsable Tice à la direction diocésaine de Besançon (25)

Comme a tenu à le souligner Christian Berthet, récompensé avec son équipe pour la qualité de l’animation de leur réseau d’établissements, ce n’est pas tout seul que l’on peut soutenir un esprit de rencontre et de collaboration. Pour inaugurer des pratiques qui sont en cohérence avec notre temps et avec un usage des supports numériques devenus indispensables, il convient d’être unis tout en respectant les différences et les pratiques de chacun.

eca372Issu du magazine Enseignement catholique actualités n° 372 avril - mai 2016, p 10 - 11

À retrouver dans l'ECA n° 372 avril - mai 2016

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