À Annecy (74), une première diocésaine - Enseignement Catholique

À Annecy (74), une première diocésaine

Dépouillement des boîtes à responsabilité disposées dans chaque établissement, conférence sur la posture éducative d'Eirick Praira, jeu coopératif sur la responsabilité, l'ensemble du diocèse d'Annecy a vécu un grand temps fort de Réenchantement appelé à se transformer: dans la foulée le directeur diocésain lance un conseil local des veilleurs et les modalités de prise de décision évoluent.

Aurélie Sobocinski

Tout a commencé par le dépôt des « boîtes à responsabilité » apportées par chaque établissement au pied de la scène de la halle des congrès de La Roche-sur-Foron (74). C’est là, dans ce lieu central du diocèse d’Annecy, que les acteurs de l’Enseignement catholique de Haute-Savoie ont été invités à un parcours inédit pour cette première journée diocésaine autour de la responsabilité en partage.
Au nombre de 400, ils ont répondu largement présents à l’invitation lancée pour le diocèse à l’occasion de la semaine nationale du Réenchantement –chefs d’établissement, enseignants de lycées professionnels, agricoles, de collèges, d’écoles, parents, personnels OGEC, ainsi qu’une 40ne de jeunes-, répartis par petits groupes de dix autour de tables rondes multicolores.

« On a senti que le moment était venu non pas de marquer un aboutissement mais de faire famille après 3 années d’engagement dans la démarche, la création d’un conseil diocésain du Réenchantement et le travail profondément en lien de réécriture du projet diocésain, a expliqué Marc Héritier, le directeur diocésain. L’objectif aujourd’hui est que la communauté de l’Enseignement catholique de Haute-Savoie prenne plus de consistance encore. »

L’enjeu de la journée était ainsi fixé : « Il s’agit de vivre une expérience qui nous fait réfléchir chacun individuellement sur notre façon de vivre la responsabilité, mais aussi de la partager, à travers différentes médiations », a indiqué Mireille Besseyre, chargée de mission à la DDEC. Pour jalonner et recueillir la trace de ce cheminement emprunté tout au long de la journée, les participants ont été équipés d’un « carnet de bord ».

Éthique enseignante

La matinée a été une invitation à penser et à partager autour de l’éthique enseignante avec le philosophe de l’éducation Eirick Prairat auteur de Éduquer avec tact  (voir ECA n°385), professeur à l’université de Lorraine. Une « éthique de la présence » construite par trois vertus–justice, sollicitude, tact-, qui n’ont pas manqué de résonner avec l’école de l’alliance visée au sein du projet diocésain haut-savoyard, fondée sur la reconnaissance réciproque et l’incomplétude de chacun.

Une éthique aussi, « proche de celle de la responsabilité », « qui n’est pas seulement responsabilité de soi mais aussi responsabilité de l’autre », a mis en évidence l’universitaire, citant Emmanuel Levinas. « Toute la responsabilité naît de la prise de conscience de la fragilité de l’autre et de sa propre fragilité. » Comme l’éthique, « elle ne demande pas d’être un surhomme et encore moins un saint », a insisté Eirick Prairat. « L’exemplarité n’est pas à chercher du côté de la perfection mais de celui de la fidélité silencieuse, obstinée à quelques grands principes. »

Après une pause conviviale, un jeu 100% coopératif, spécialement créé pour l’enseignement catholique diocésain, a été proposé l’après-midi aux acteurs réunis pour expérimenter comment leur responsabilité est partagée et en partage, suivi d’un temps d’envoi joyeux célébré par l’évêque Mgr Boivineau. « Il semble qu’à travers cette dynamique on fait grandir ce qui relie les établissements, ce qui leur est commun et la fraternité entre eux, se réjouit Marc Héritier, qui réunira mi-février le premier conseil des veilleurs diocésains. Nous sommes dans un diocèse où l’enseignement catholique a beaucoup plus d’élèves qui frappent à sa porte qu’il ne peut en accueillir. Dans ce contexte quels sont nos choix ? nos priorités ? La bascule est là maintenant : dans ce lien à tenir et à concrétiser avec la démarche du réenchantement dans nos décisions et nos choix. C’est là qu’il nous faut agir. »

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