Statut de l'Enseignement catholique en France

Statut de l’enseignement catholique en France

Un Statut au service du projet

couv-statut-enseignement-catholique-2013Les évêques de France ont adopté le 18 avril 2013 un nouveau Statut de l’Enseignement catholique, le précédent datait de 1992.  Cette adoption est intervenue au terme d’un long processus d’élaboration qui s’est étalé sur près de trois années. Plusieurs centaines de personnes  ont travaillé sur la rédaction de ce nouveau Statut. Le texte est ainsi le résultat d’apports croisés de tous les acteurs de l’Enseignement catholique, dans leur diversité, et des évêques consultés à plusieurs reprises en assemblée et en provinces.

Comparé au précédent, l’esprit est différent, avec un statut fondamental et pas seulement instrumental : dans l’enseignement catholique, le projet et les personnes qui le font vivre l’emportent sur les structures qui l’organisent.

Un marqueur fort  

Le Statut se trouve au confluent de deux logiques, « verticale » et « horizontale » - institutionnelle et participative -, qui traversent l’organisation de l’Enseignement catholique, et qui, l’une et l’autre, sont vitales pour lui.

Le Statut est à la fois :

- Celui de la  « reconnaissance » de la contribution de chacun à l’œuvre éducative qu’est l’école catholique,

- Et celui de la  mission éducative « reçue de » et « confiée par » l’Eglise, dans les écoles qu’elle institue.

Le Statut rappelle le service d’intérêt général rendu aux enfants, aux familles et à la société par l’Enseignement catholique, en soulignant que ce service ne contredit pas, mais au contraire réclame l’originalité de sa proposition éducative.  L’école catholique ne se situe pas sur une « ligne de crête » inconfortable entre mission publique et mission d’Eglise ; elle naît au cœur de l’Eglise qui la met à la disposition de la société.

Le Statut prend en compte la grande variété des réalités de l’Enseignement catholique, que l’on rencontre entre les territoires ou les établissements eux-mêmes.

L’organisation de l’Enseignement catholique tient compte de cette diversité – en faisant jouer la subsidiarité - et elle assure l’unité, par la solidarité et la diffusion d’un esprit commun. Le Statut donne un cadre à tous, mais laisse de la liberté à chacun.

Des points saillants

Les articles consacrés aux personnes, constituent une nouveauté, autour de la participation, de l’engagement et du développement de la personne (accompagnement, formation, gestion des ressources humaines) ; les enseignants, les personnels  de vie scolaire et les bénévoles trouvent une meilleure définition de leur participation singulière ; la place des chrétiens de la communauté éducative est soulignée, comme l’est celle des ministres ordonnés.

La proposition éducative spécifique de l’Eglise, traduite dans les projets éducatifs des écoles, n’est pas présentée comme un « à côté », mais traverse toute l’activité de l’institution scolaire.
C’est ainsi qu’est définie la mission du chef d’établissement, qui récapitule l’ensemble des aspects de l’éducation catholique, d’enseignement, d’animation et de fonctionnement, dans la dynamique pastorale.

Le Statut veille à clarifier, à partir du ministère de l’évêque et de sa responsabilité d’institution et de veille sur les écoles catholiques, le rôle spécifique des autorités de tutelles (diocésaines et congréganistes) et du directeur diocésain, en tant que délégué épiscopal  à l’Enseignement catholique.

Des nouveautés dans le statut de 2013 par rapport à celui de 1992 :

- Le recours au terme de « délégué épiscopal » permet de distinguer la part de la mission du directeur diocésain qui ne relève pas de la tutelle : celle de la coordination et de l’animation de l’ensemble des écoles catholiques du diocèse.

- La création d’une « Conférence des tutelles », au sein de laquelle l’évêque précise ses orientations et favorise une action concordante, avec le concours des tutelles.

Le Statut présenté traite aussi de l’organisation territoriale en rappelant que le diocèse est le périmètre premier de l’Eglise, et donc de l’Enseignement catholique. Les périmètres académiques ou régionaux se comprennent donc comme « interdiocésains » et s’organisent en fonction d’un principe collégial.

Statut de l'enseignement catholique (pdf)

Présentation en vidéo, par Pascal Balmand,
secrétaire général de l'enseignement catholique


Accompagner l'appropriation

Pour permettre à chacun d'entrer plus facilement dans les textes statutaires et de participer au projet commun, L'enseignement catholique a créé des outils d'appropriation et d'animation du Statut, disponible sur commande. Le menu ci-dessous vous propose aussi un commentaire des articles principaux du statut avec des clefs d'analyse à partager en équipe.

 

Pour commander le kit d’appropriation et d’animation pour lire le statut de l’enseignement catholique en équipe (pdf)

Une formation et un statut unifiés pour les chefs d’établissement du 1er et du 2nd degrés

Le Comité national de l’enseignement catholique (Cnec) du 24 mars 2017 a adopté un nouveau statut, commun aux chefs d’établissement catholique du 1er et du 2nd degrés.

C’est un double objectif d’équité et de pragmatisme, accompagné du souci de ne pas fragiliser les petites écoles, qui a guidé l’adoption d’un nouveau statut des chefs d’établissement catholique, par le Comité national de l’enseignement catholique du 24 mars 2017. Commun au 1er et au 2nd degrés, il reconnaît l’unicité de la mission de chef d’établissement, déjà affirmée dans le Statut de l’Enseignement catholique de 2013.

À la différence des directeurs d’école du public, les chefs d’établissements catholiques du premier degré (CE1) bénéficiaient déjà d’un statut spécifique depuis 2001, mais celui-ci comportait de notables différences avec celui de leurs collègues du 2nd degré.

Dès novembre 2016, un premier pas vers le renforcement d’une culture professionnelle commune à tous les chefs d’établissement de l’enseignement catholique a été franchi avec l’adoption par le Cnec d’un texte prévoyant l’unification des parcours de formation. Ainsi, au lieu d’être formés après nomination, les CE1 le seront désormais en amont, à l’instar de leurs homologues du 2nd degré, avec lesquels ils partageront un tronc commun. Cette modification implique que les tutelles étendent leur politique prospective en matière de ressources humaines à la constitution d’un vivier de candidats à la mission de chef d'établissement dans le 1er degré.

Harmonisation

Restait encore à harmoniser l’ensemble des dispositions statutaires qui définissent les responsabilités, les conditions d’exercice, le cursus professionnel et l’assiette de la rémunération des chefs d’établissements des différents degrés.

Le dialogue mené à ce sujet durant plusieurs mois a concilié trois objectifs : l’équité, la pleine reconnaissance des chefs d’établissement du 1er degré, et celui de la préservation des équilibres budgétaires des petites écoles. Le compromis validé par le CNEC consiste donc à mettre en place à compter de septembre 2017 une formule qui rend possible une unification intégrale de la rémunération dans son principe, tout en permettant une modulation de son application en fonction des possibilités économiques des écoles.

Cette approche différenciée s’inscrit dans le cadre d’un processus plus global de réflexion sur l’évolution du modèle économique et du maillage territorial de l’enseignement catholique, le CNEC ayant décidé dans cette perspective une clause de revoyure dans cinq ans.

Yann Diraison, Adjoint au Secrétaire général PÔLE RESSOURCES

Yann Diraison,
secrétaire général adjoint,
en charge du Pôle Ressources humaines,
au micro de RCF

La commission des litiges, mode d'emploi

Le Statut de l’Enseignement catholique en France institue une Commission des litiges dont les modalités d’organisation et de fonctionnement ont été arrêtées par le Comité national de l’Enseignement catholique.
 Ce « vade-mecum » permet à tous les acteurs de l’Enseignement catholique en responsabilité d’en avoir connaissance et de faciliter leur recours éventuel à la commission.

Modalités et fonctionnement 

La commission des litiges est appelée à intervenir pour la bonne application des dispositions du Statut de l’Enseignement catholique français, qui invite les communautés éducatives à travailler « dans une atmosphère animée d’un esprit évangélique de liberté et de charité, ce qui implique de régler de manière pacifique et dans le respect de la dignité humaine » (art. 118 du Statut).

La participation au projet commun et la volonté de collaborer en toute responsabilité à sa réalisation font que tous les organismes et instances, et toutes les personnes en responsabilité dans l’Enseignement catholique s’engagent à recourir aux procédures de résolution des litiges prévues par le Statut de l’Enseignement catholique.

Sont concernés tous les litiges pouvant survenir entre personnes, organismes ou instances en responsabilité dans l’Enseignement catholique hormis « les litiges relatifs aux relations de travail et ceux concernant la vie scolaire qui relèvent des dispositions légales et règlementaires, des conventions collectives et des accords internes à l’Enseignement catholique » (art. 371 du Statut).

Rôle de la commission

Les membres de la commission nationale
 des litiges sont désignés par le Comité national de l’Enseignement catholique sur proposition de la Commission permanente, pour une durée de cinq ans. Ils choisissent en leur sein un président élu pour deux ans.

Le rôle de la commission des litiges est « de proposer une solution amiable du litige » (art. 374 du Statut).

Elle n’est pas une instance d’appel des décisions prises par les organismes ou les personnes en responsabilité dans l’Enseignement catholique. Elle n’a donc pas de pouvoir de décision.

Composition

Les membres de la commission nationale des litiges sont désignés par le Comité national de l’Enseignement catholique sur proposition de la Commission permanente, pour une durée de cinq ans. Ils choisissent en leur sein un président élu pour deux ans.

Saisine

Une demande d’intervention de la commission dans un litige peut être formulée :

- par tout organisme ou instance auquel (à laquelle) le Statut s’applique,
- par toute personne en responsabilité dans l’Enseignement catholique, 
dès lors qu’il (elle) est partie à un litige lié à l’application du Statut de l’Enseignement catholique.

La demande d’intervention doit être adressée à : 


Monsieur le Président de la commission des litiges

Secrétariat général de l’Enseignement catholique

277, rue Saint-Jacques


5240 PARIS cedex 05

 
par courrier postal avec accusé de réception. 


Elle doit comprendre :

- l’exposé des faits,
- la mention des articles du Statut qui lui 
paraissent ne pas avoir été respectés,
- les éléments attestant qu’une première 
médiation a été tentée.

Recevabilité

La commission apprécie si le litige qui lui est présenté entre bien dans son champ de compétence (art. 371 du Statut) ; dans le cas contraire, elle déclare la requête irrecevable et en informe le requérant.

Une demande d’intervention dans un litige n’est recevable qu’ « après qu’ont été épuisées les voies d’une médiation » (art. 373 du Statut).

Cette médiation est mise en place au niveau local ou régional, à l’initiative de l’une ou l’autre des parties au litige. Elle consiste dans l’intervention d’un tiers neutre et impartial, choisi par les parties ou désigné avec leur accord. Pour la désignation du ou des médiateurs, il peut être fait appel à l’autorité de tutelle si cette dernière n’est pas partie prenante au litige. Là où elle existe, la commission interdiocésaine prévue à l’art. 376 peut effectuer cette médiation, si les parties en conviennent. L’association « groupe médiations » en convention avec l’Enseignement catholique peut aussi être sollicité pour faciliter cette médiation.

Le rôle du médiateur est d’écouter les personnes qui sont parties au litige et de les aider à trouver ensemble une solution amiable  qui mette fin au conflit.

Art. 83 : « En cas de désaccord, voire de crise, les personnes peuvent être accompagnées sous la forme d’une médiation. Il s’agit d’un processus volontaire et confidentiel guidé par un tiers indépendant et impartial ; les décisions et accords qui interviennent sont le seul fait des personnes concernées par la médiation. »

La commission des litiges apprécie dans chaque cas si les parties ont réellement satisfait à cette obligation.

Groupe Médiations

Coordonnées : gr.mediations@gmail.com

Examen

Si la demande a été jugée recevable, la commission procède à son examen au fond.

Elle prend connaissance, par tous moyens, des points de vue des parties au litige et les invite à venir s’expliquer devant elle (art. 374 du Statut), ou bien, en cas d’impossibilité, à lui communiquer les éléments qui peuvent étayer leur point de vue. Elle peut également demander à entendre toute personne dont elle estime nécessaire de recueillir l’avis.

Les membres de la commission des litiges s’obligent à une entière discrétion sur l’ensemble des informations portées à leur connaissance dans le cadre de leurs fonctions.
L’examen du litige se déroule à huis clos, hors de la présence du Secrétaire général de l’Enseignement catholique ou de ses représentants.

Confidentialité

Les membres de la commission des litiges s’obligent à une entière discrétion sur l’ensemble des informations portées à leur connaissance dans le cadre de leurs fonctions.

L’examen du litige se déroule à huis clos, hors de la présence du Secrétaire général de l’Enseignement catholique ou de ses représentants.

Résolution du litige

L’examen du litige étant achevé, la commission entre dans une phase de conciliation pour laquelle elle décide au cas par cas des moyens favorables.

Si elle l’estime utile, elle se prononce sur la manière dont les dispositions du Statut de l’Enseignement catholique ont été mises en œuvre au cours des faits ou des actes à l’origine du litige.

Elle recherche une solution susceptible de recueillir l’accord des parties et la leur soumet. « Cette proposition prend la forme d’un protocole soumis à la signature des parties au litige. »

C’est au président de la commission qu’il revient de communiquer aux parties les conclusions du travail de la commission des litiges.

La commission des litiges : téléchargez le vade-mecum (pdf).

Litiges relevant de l’article 141 du Statut

Les litiges relevant de l’article 141 du Statut de l’Enseignement catholique sont l’objet d’une procédure spécifique.

Litiges relevant de l’article 141 du Statut

art. 141 Pour chaque réélection, le président est élu par l’organe délibérant compétent, avec l’avis favorable de l’autorité de tutelle, recueilli et communiqué préalablement à l’élection.
Dans le cas où la tutelle, ayant entendu son conseil, s’oppose à la réélection, elle notifie ses motifs par écrit.  Si l’organe délibérant de l’organisme de gestion n’est pas d’accord avec ces motifs, il peut saisir la commission des litiges prévue à l’article 372 du présent Statut. Il bénéficie de droit des recours que prévoit le droit canonique.

La saisine de la commission des litiges prévue à l’article 141 est la seule qui soit mentionnée explicitement dans le Statut, en dehors des articles 372 et suivants.

Il apparaît ainsi, en l’espèce, qu’il est nécessaire de mettre en œuvre une procédure spécifique, qui diffère des modalités habituelles, eu égard à la nature du litige et aux parties en présence.

La commission des litiges considère en effet :

-  qu’il est indispensable qu’elle soit mise en situation d’intervenir à un moment précis, qui réponde à un calendrier particulier, pour ne pas entraîner de situations de blocage institutionnel
-  que le fait que les parties doivent habituellement avoir satisfait à l’obligation d’une médiation préalable n’est pas ici opératoire.

Sur le premier point :

Considérant que le président de l’OGEC ne peut être réélu qu’« avec l’avis favorable de l’autorité de tutelle », la commission des litiges doit pouvoir intervenir avant la réélection statutaire.
Pour ce faire, la saisine, l’examen et la résolution du litige par la commission prennent nécessairement place entre la notification écrite de ses motifs de refus par la tutelle et la réunion de l’organe délibérant compétent pour l’élection du président.
Cette notification devra donc être réalisée trois mois au moins avant la date de la réunion (et donc généralement au plus tard durant le mois qui suit la rentrée scolaire, avant le 1er octobre).

Sur le second point :

Pour ces raisons de calendrier, et considérant la nature des parties en présence et la nature du litige, la commission est saisie « en première instance », en vertu de l’article 141, et par dérogation à l’article 373, sans qu’ait lieu nécessairement une médiation préalable.
En revanche, il est très utile que la commission de médiation et d’expertise mise en place par la FNOGEC au titre de l’article 279 du Statut puisse accompagner et favoriser la résolution du litige par la commission des litiges. C’est pourquoi, elle pourra être saisie par la commission des litiges pour expertise préalable à son propre examen ; cette expertise sera menée eu égard aux positions exprimées par les parties en présence

Quelles modalités d’interventions dans ce cas ?

Saisine

Seul l’organe délibérant de l’organisme de gestion peut saisir la commission des litiges, par un courrier recommandé adressé à :

Monsieur le Président de la commission des litiges Secrétariat général de l’Enseignement catholique 277, rue Saint-Jacques
75240 PARIS cedex 05

Cette saisine a lieu obligatoirement au plus tard deux mois avant la réunion de l’organe délibérant qui doit élire le président de l’OGEC.

La lettre de saisine devra comprendre :

-  la notification écrite des motifs invoqués par l’autorité de tutelle pour refuser son accord à la réélection du président de l’OGEC,

-  les raisons pour lesquelles l’organe délibérant conteste ce refus.

Examen

Eu égard à la nature du litige dont elle est saisie, et préalablement à son examen, la commission des litiges recueille le cas échéant l’avis de la commission de médiation et d’expertise de la FNOGEC.
Dans ce cas, l’examen qui suit se fait en lien avec un représentant de cette commission.

La commission invite les parties au litige à venir s’expliquer devant elle. L’organe délibérant de l’OGEC sera représenté par un membre autre que le président sortant, qu’il choisira en son sein.
La commission peut demander à entendre le président sortant de l’OGEC ou toute autre personne dont elle estime nécessaire de recueillir l’avis.