Publié le : 29 août 2025

La ministre place la rentrée sous le signe de la santé

Le 27 août dernier, Elisabeth Borne, ministre de l’Éducation nationale, a tenu sa conférence de presse de rentrée, dans un contexte politique incertain. La santé mentale des élèves et la sécurité des établissements ont été au cœur de son discours, mais aussi le renforcement du lien École/familles et l’augmentation du niveau scolaire…

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CPB

« Pas de réussite sans une École qui protège »

C’est ainsi qu’Élisabeth Borne, ministre de l’Éducation nationale, a ouvert sa conférence de presse de rentrée, le 27 août dernier. Protéger les élèves de la surexposition aux écrans, du cyberharcèlement et des troubles de l’attention, c’est l’objectif du dispositif « Portable en pause ». Il généralisera dans tous les collèges l’interdiction du portable, sensée être en vigueur depuis 2018, et s’accompagnera d’une coupure des notifications des ENT, les soirs et week-end.

Un conseiller en santé mentale sera nommé dans chaque département et tous les établissements seront tenus d’élaborer un protocole pour repérer et accompagner les élèves en difficulté. Des médecins scolaires seront recrutés et « des demandes de postes supplémentaires pour des personnels sociaux » ont été faites, confirme la ministre. Des moyens humains dont l’Enseignement catholique ne bénéficie pas actuellement, ce qui l’oblige à assurer la santé de ses élèves sur ses propres ressources. Il espère donc vivement pouvoir profiter du renforcement des partenariats avec les CMPP et les Maisons des adolescents, annoncé par la ministre, qui entend qu’une réponse puisse être apportée aux élèves les plus à risques dans les « 24 h à 48 h ». Enfin, des formations au repérage des signaux de mal-être seront proposées à deux personnels par collège, par lycée et par circonscription, et même aux élèves volontaires de 4e et 2de. Une compétence qui sera sans doute confortée par les nouveaux programmes Evars (cf. p. 12).

 

Élisabeth Borne est aussi revenue sur le plan « Brisons le silence » (cf. dossier). Interrogée sur les contrôles accrus dans l’Enseignement catholique, la ministre a précisé que sur les 800 établissements déjà contrôlés – sur un objectif de 1 000 d’ici à la fin de l’année –, « aucune situation alarmante n’a été remontée ».

Côté sécurité, rappelant que « 364 armes blanches » ont été saisies lors de 6 200 fouilles aléatoires organisées aux entrées d’établissements, elle a assuré que tout élève pris avec une arme serait « systématiquement traduit devant un conseil de discipline » en plus d’un signalement au Procureur. La protection fonctionnelle, due aux agents publics menacés, sera octroyée plus facilement, même sans demande formalisée. Une mission conjointe est par ailleurs en cours avec le ministère de la Justice pour « réfléchir à des alternatives aux exclusions répétées » afin de mieux accompagner les élèves poly-exclus, en lien avec leur famille.

Renforcer le lien avec les parents

Élisabeth Borne s’est longuement exprimée sur le « rôle décisif de la co-éducation », un point cher à l’ Enseig nement cat holique. Empruntant beaucoup au champ lexical de ce dernier (les notions d’ « alliance éducative » et de « responsabilité partagée » apparaissent dans son dossier de presse), la ministre a jugé nécessaire de « permettre la pleine implication des parents » dans l’École. Elle enjoint chaque établissement à

« disposer d’une charte des relations École-parents » qui clarifiera les droits et devoirs de chacun. Un document qui rappelle évidemment la charte éducative de confiance en vigueur dans l’Enseignement catholique depuis 2016 et actuellement en cours de refonte. Elle souhaite en outre que les réunions de rentrée soient systématisées dans chaque niveau et créer des « espaces de dialogue pour les parents », via des cafés de parents, par exemple. Des initiatives que proposent déjà de nombreux établissements catholiques…

Des exigences relevées

Une batterie de mesures, plus ou moins nouvelles, viennent renforcer l’apprentissage des savoirs fondamentaux, en tête desquels les nouveaux programmes de la maternelle au collège, qui mettent l’accent sur le français et les mathématiques.

Les groupes de besoins en 6ᵉ et 5ᵉ seront désor mais ajustés selon des compétences précises, et non sur un niveau global, et évolueront au fil de l’année. Ces groupes ne seront pas étendus en 4e et 3e, niveaux pour lesquels une « stratégie de réussite » poursuivra la différenciation pédagogique.

 

Le niveau d’exigence du brevet et du bac sera relevé. Pour les élèves qui n’auraient pas validé le brevet, les classes de « prépa seconde », expérimentées l’an dernier, seront reconduites afin de consolider les acquis en vue d’une entrée en 2de générale l’année suivante.

Dès cette rentrée 2025, un parcours renforcé fera également son apparition en 2de. Par ailleurs, au printemps prochain, les lycéens de 1re générale et technologique passeront une épreuve anticipée de mathématiques comptant pour le bac ; ce dernier doit retrouver son rôle de « véritable certification des connaissances, garantissant la réussite dans le supérieur ». Le rattrapage ne sera ainsi possible qu’à partir de 9,5/20 de moyenne, au lieu de 8/20. Par ailleurs, toutes les notes ne compteront plus pour le contrôle continu : les lycées devront, en ce début d’année, établir un projet d’évaluation distinguant les évaluations certifiantes des autres. Enfin, la ministre a expliqué miser beaucoup sur la réforme en cours de la formation initiale des enseignants, « clé de voûte de notre École » (cf. p. 10).

Égalité des chances

Pour la voie professionnelle, dès cette année, le parcours différencié, dit « en Y », permettant de choisir entre un stage, en vue d’une insertion dans la vie active, ou des cours intensifs, préparant une poursuite d’études, sera réduit de six à quatre semaines. Les épreuves du bac seront en effet décalées de quinze jours pour accorder plus de temps de préparation aux élèves.

La ministre a présenté le Plan Avenir, dévoilé en juin dernier, comme une mesure de « justice sociale », nécessaire pour lutter contre un déterminisme trop important en France. Le plan inclut la plateforme Avenir(s), à laquelle l’Enseignement catholique s’est associé, qui centralise désormais toutes les informations sur les filières, les débouchés et les perspectives professionnelles.

Il prévoit aussi l’instauration de quatre demi-journées dédiées à l’orientation dans l’année scolaire, à partir de la 5e. Un axe spécifique porte sur l’égalité filles-garçons, sujet cher à la ministre. Au-delà d’encourager les échanges entre femmes scientifiques et élèves de 3e, elle vise une augmentation de 30 000 lycéennes supplémentaires choisissant l’option mathématiques en 1re et Tle d’ici à 2030.

Par ailleurs, le dispositif Territoires éducatifs ruraux ( TER), pour favoriser l’égalité des chances des élèves ruraux via une meilleure coopération État/collectivités, montera en puissance avec un objectif de 300 TER labellisés d’ici à 2027.

Face à la montée des actes antisémites, un vade-mecum contre le racisme et l’antisémitisme sera diffusé aux équipes éducatives.

Enfin, côté école inclusive, 500 PAS (Points d’appui à la scolarité) seront créés d’ici à 2027 pour faciliter les coopérations entre l’École et le médico- social pour l’accompagnement des élèves à besoins éducatifs particuliers. Ils visent aussi à ce que les AESH soient mieux intégrés aux équipes pédagogiques.

En bref

- Le pass Culture va de nouveau être disponible sur la plateforme Adage.
- Les enseignants auront bientôt accès à une IA pour les accompagner dans la préparation de leurs cours et la détection des difficultés des élèves, qui bénéficieront aussi d’une sensibilisation à ses bons usages.
- Un nouveau plan Canicule, tenant compte des réalités locales, est en cours d’écriture avec une réflexion sur le bâti scolaire.
- Les 30 minutes d’activités physiques hebdomadaires sont maintenues.
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