Question préalable

Quels choix prospectifs ?

Des choix de positionnement, entre réalisme et audace,
Des choix de développement, entre dynamique de l’offre et service de tous, Des choix de pilotage, entre cohérence territoriale et « effet » établissement.

Le sens d’abord, avons-nous dit... En s’y référant, et en tenant compte de l’éclairage du travail sur chacun des 7 chantiers, quels sont les choix prospectifs que nous souhaitons faire ensemble ? Quelles intentions globales, quel type de développement, quelle conception du pilotage de l’Enseignement catholique aujourd’hui et demain ? En bref, où positionner les « curseurs » ? Quels possibles ? Et surtout, comment avancer ?

Des choix de POSITIONNEMENT, entre réalisme et audace.

La prospective ne consiste pas à décrire un rêve, mais à positionner l’avenir dans un possible. Pour autant, l’Enseignement catholique, ou plutôt ceux qui lui font confiance, méritent qu’on fasse preuve d’audace. Ils méritent des choix politiques qui dépassent le statu quo ; ils méritent des décisions ambitieuses et réformatrices.

Pour être audacieux comme pour être réalistes, il faut être réfléchis : objectiver, analyser, se donner les moyens rigoureux pour apprécier la réalité de la situation.

Le temps aussi est un facteur important ; jusqu’à présent, on réagit souvent plus qu’on agit. Sans précipitation, on doit avancer sereinement, mais avancer, en se fixant des étapes claires. On doit aussi être « opportuniste » en se saisissant des moments favorables pour l’action.

A l’invitation des fondateurs, partis de rien, comme à celle du Pape François, qui provoque un changement de logiciel, comment nous laisserons nous ébranler dans nos certitudes et nos habitudes ? Dans une vision prospective, quelle est la part de l’existant, de sa prise en compte et de sa gestion, mais quelle est la part aussi de risque et de remise en cause ?

Des choix de DEVELOPPEMENT, entre dynamique de l’offre et service de tous,

Comment envisager l’avenir sans questionner la raison d’être du développement, voire sa nécessité vitale ? Ne sommes-nous pas invités aussi à interroger nos logiques de croissance, de chiffres, de rendement ?... Est-il envisageable de leur substituer des formes de décroissance ou de « sobriété » , qui auraient leur propre efficience ?

Pour autant, comment renoncer à servir éducativement le plus grand nombre – et qui privilégier alors dans une offre éducative plus restreinte ? A quels territoires, à quelles école, à quelles attentes des familles ou à quels jeunes faudra-t-il renoncer ? N’est-il pas indispensable de fermer ici pour ouvrir ailleurs ? « Ajuster » l’offre au besoin : est-ce de la gestion, ou bien une nécessité de bien commun ? Voilà les questions qui nous (pré-) occupent. Elles sont légitimes. Elles ne peuvent se satisfaire ni de réponses toutes faites ni de laisser faire.

Sous les deux angles (inséparables) du type de formations et de présence territoriale, notre proposition éducative prend nécessairement la forme d’une « offre » qui réponde à besoin éducatif. Autrement dit : on pourra toujours renoncer à la croissance, mais on ne peut renoncer à rendre un service.

Des choix de pilotage, entre cohérence territoriale et « effet » établissement.

Tous les choix « nationaux » - c’est-à-dire partagés, et non pas « d’en haut », se ramèneront nécessairement à piloter l’hétérogène : celui des établissements, des diocèses, des territoires... Cette différenciation est un bien, qu’on ne cherche pas à gommer par une « normalisation ». Les territoires eux-mêmes doivent pouvoir faire valoir leurs contextes pluriels, dès lors qu’ils sont analysés objectivement, et qu’une politique locale a été travaillée, avec des choix précis.

On ne peut non plus écarter l’importance de l’ « effet établissement » dans une démarche prospective. Comment négliger ce que les forces créatives des acteurs de chaque communauté, la dynamique de chaque projet et le rôle de chaque chef d’établissement ont d’irremplaçables pour l’avenir ?

Il nous faut pourtant trouver de la cohérence. Et cette cohérence, pas plus qu’elle ne peut être le seul fait d’un pilotage centralisé, ne peut être celui de la juxtaposition de l’ « émergence » des initiatives particulières.

La région peut se présenter comme un niveau adapté d’un pilotage/animation de la démarche prospective, si elle s’en donne les moyens.

Vidéos

PHILIPPE MUTRICY

Dans une société en accélération permanente, l’investissement est plus que jamais capital… et notamment dans l’éducation. Et c’est Philippe Mutricy, Directeur de l’évaluation, des études et de la prospective à la Banque publique d’investissement BPI France, qui le souligne : L’éducation, le niveau de formation moyen d’une population représente le premier facteur de compétitivité d’une économie.

Cet expert des transformations actuelles de l’économie et de la société dresse un tour d’horizon des territoires d’investissement de demain au premier rang desquels les nouvelles énergies, les modèles de production alimentaire alternatifs et le digital.

Entre autres tendances du changement, Philippe Mutricy cite l'évolution des rapports à la consommation ou à la propriété ainsi que l'augmentation de l'envie d’entreprendre. Il remarque aussi que les jeunes attendent de leurs formations qu'elles portent des valeurs et participent à leur épanouissement tandis que les recruteurs attachent davantage d'importance aux capacités comportementales qu'aux compétences techniques et au niveau de diplôme...

Entre autres tendances du changement, Philippe Mutricy cite l'évolution des rapports à la consommation ou à la propriété ainsi que l'augmentation de l'envie d’entreprendre. Il remarque aussi que les jeunes attendent de leurs formations qu'elles portent des valeurs et participent à leur épanouissement tandis que les recruteurs attachent davantage d'importance aux capacités comportementales qu'aux compétences techniques et au niveau de diplôme...

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MARC VANESSON

L’école ne peut pas tout. Elle peut beaucoup mais pas toute seule. Marc Vanesson, délégué général de Vers le Haut, un Think tank dédié aux jeunes, aux familles et à l'éducation analyse ici les grandes évolutions du rapport à l’école dans notre société.

Il estime que l’institution scolaire se trouve confrontée à des injonctions paradoxales, relayées notamment par les familles. Ainsi, on lui demande d’assouplir une forme jugée trop rigide pour mieux prendre en compte les besoins particuliers des jeunes… tout en les « armant » pour la course au diplôme puis la compétition pour l’emploi qui s’en suit… Le tout dans un contexte d’anxiété généralisé sur l’avenir.

L’école doit-elle réintroduire le préceptorat dans la classe ? Répondre à l’exigence sociétale de sélection ou cultiver une ambition plus humaniste ? Marc Vanesson montre combien ces contradictions gagneraient à être explicitées. Il estime qu’il y a urgence à s’accorder collectivement sur les finalités éducatives de l’école et invite pour cela à ce que chacun prenne part à l’œuvre d’éducation.

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