Publié le : 12 mars 2026

Des récits qui font référence

Le groupe de personnes victimes, qui accompagne les travaux de la mission Qualité de la relation éducative lancée par l’Enseignement catholique pour tirer les leçons des violences survenues en son sein, a tenu sa première réunion le 6 mars dernier.

Ils ne se reconnaissent pas comme des témoins, un rôle trop passif, assimilable à celui d’observateurs extérieurs, mais bien comme les référents de la mission Qualité de la relation éducative. Le groupe de personnes victimes associées aux travaux lancés en début d’année par le Sgec sur l’étude des violences survenues en milieu scolaire visant à mieux protéger les élèves à l’avenir, a commencé par se rebaptiser « groupe référent ». Emmenés par Jérôme Guillement, ancien enfant victime aujourd’hui thérapeute et auteur, engagé sur les questions de psycho-traumatisme et de reconstruction, ses six membres se sont réunis pour la première fois le 6 mars dernier au Secrétariat général de l’Enseignement catholique.

Mus par le besoin urgent d’être entendus, ils ne comptent pourtant pas simplement se raconter. Leur savoir expérientiel contribuera en effet largement à analyser les mécanismes institutionnels qui ont permis aux violences d’être commises et parfois cachées ou même couvertes : « Notre premier travail sera bien de mettre en mots un échantillon de récits emblématiques car représentatifs de plusieurs typologies de violence, perpétrées à des époques différentes. Mais en se posant la question de ce qui a manqué aux victimes et en distinguant ce qui relève du singulier et de l’universel. Le but du travail narratif est en effet de mettre en perspective les dysfonctionnements structurels à corriger », détaille Jérôme Guillement.

Force de propostion

C’est lui qui anime ce groupe référent de six membres, quatre hommes et deux femmes âgés de 51 à 78 ans, qui participent à la mission à titre individuel ou au nom d’un collectif et ont demandé à rester anonymes. Leur point commun ? L’envie de coconstruire avec l’Enseignement catholique des environnements scolaires parfaitement sûrs, tout en conservant une liberté critique autorisant la contradiction et l’alerte.

Cp-NT-mission-3colleges
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La première journée de travail a déjà fait émerger la question des victimes collatérales (fratries, mais aussi camarades témoins de violences) et celle des parents qui n’ont pas pu ou pas voulu accueillir leur détresse d’enfant. Les échanges se poursuivront au rythme d’une visio mensuelle jusqu’à l’été, autour du narratif des violences mais aussi des questions de reconnaissance et de réparation, autre sujet sur lequel le groupe référent sera force de proposition.

Forts d’une autorité d’expérience, ils livreront de premières recommandations à l’été pour guider et accompagner les travaux de la mission. Un engagement intense et psychiquement coûteux … à la mesure des attentes placées dans ses retombées : une transformation profonde des pratiques éducatives.

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