Publié le : 25 février 2026

Parcoursup : aller vers plus de transparence

La mission flash sur Parcoursup conduite par deux députés pointe le manque de transparence des établissements supérieurs.

2nde-élèves-prof-orientation

Parcoursup est un outil qui tient la route et constitue un « progrès indéniable », assurent les députés Frantz Gumbs et Pierre Courbon qui ont conduit une mission flash consacrée à la plateforme. En effet, elle permet à chacun d’accéder aux mêmes informations et de candidater dans les formations de son choix et pas seulement dans les universités locales. Par ailleurs, on ne peut lui reprocher de ne pas tenir certaines promesses comme augmenter les capacités d’accueil des formations ou compenser les déterminismes sociaux et les biais territoriaux puisqu’elle n’a pas été conçue pour cela. En fait, par rapport à ces objectifs, l’outil est neutre et n’apporte pas de plus-value. « Sans être responsable des déterminismes sociaux, Parcoursup ne contribue pas à les réduire », assure le rapport. Mais les rapporteurs, qui se sont résolument placés du côté des utilisateurs finaux grâce à une consultation citoyenne - recueillant 1600 contributions - pointe certaines imperfections à commencer par un manque de transparence.

Certes, la plateforme Parcoursup n’analyse pas les candidatures. Elle se contente de transmettre les données (notes, résultats aux épreuves de français, appréciations des enseignants, lettres de motivation, etc.) aux établissements visés par les lycéens. Mais les universités, les IUT, les classes prépas, etc. disposent d’outils d’aide à la décision (OAD), surnommés « algorithmes locaux » qui posent question. De quoi s’agit-il ? Les établissements supérieurs recueillent les données et les intègrent à leur propre système algorithmique pour les rendre plus parlantes et faciliter le pré-classement des dossiers. Ainsi, en fonction des niveaux de compétences recherchés, des matières se voient attribuer des coefficients. D’autres, comme les notes d’EPS, tombent dans les oubliettes. Ces tambouilles locales sont parfois décrites (très rapidement) lors des JPO (Journées portes ouvertes) qui précèdent la formulation des vœux par les lycéens mais elles ne sont jamais explicitées sur Parcoursup. « Il est nécessaire que les clés de classement et leur quantification soient publiées de la façon la plus précise possible par les établissements », insistent donc les rapporteurs. L’effort de transparence actuel concernant les « algorithmes locaux » n’est pas suffisant. Selon eux, les algorithmes qui servent à effectuer les pré-classements et les critères éliminatoires, lorsqu’ils existent, doivent être explicités. Plus globalement, les députés observent que les fiches « formations » sur Parcoursup sont souvent peu harmonisées et trop parcellaires. Ils souhaitent que les équipes les remplissent de façon systématique, que le profil des lycéens recherchés soit mieux défini, que les éléments sur la poursuite d’études soient plus précis. Bref, une plus grande transparence est exigée qui permettrait d’éviter du côté des élèves et des familles de grosses déceptions…

Autre point discuté par les rapporteurs, les lettres de motivation. Critiquées par les établissements supérieurs car écrites trop souvent à grand renfort d’IA, elles sont à l’autre bout de la chaine « préanalysées » par des outils informatiques qui favorisent certains mots-clés… Ainsi, elles sont systématiquement demandées (à quelques exceptions près) mais lues par des humains uniquement lorsqu’il faut départager des candidats… Les rapporteurs préconisent donc « la suppression de la lettre de motivation (…) sauf cas de mention inverse expresse de la formation ».

Enfin, se les rapporteurs saluent la réduction de « la durée de la procédure de 108 jours en 2018 à 40 en 2026 », ils estiment que désormais les élèves sont mis sous pression. Le rapport appelle à « étudier la possibilité d’une prolongation à cinq jours du délai pour hiérarchiser les vœux en attente ».

>