Publié le : 26 janvier 2026
Site de Bétharram : La fermeture envisagée, mais…
Guillaume Prévost a profité de la conférence de presse sur le lancement de la mission Qualité de la relation éducative du 26 janvier, pour clarifier la situation sur le site de Bétharram, au lendemain d’une polémique sur son éventuelle fermeture.
Fermera ? Fermera pas ? Au vu de la cacophonie déclenchée par la supposée fermeture du site de Bétharram un point de situation collégial s’imposait. Guillaume Prévost, secrétaire général de l'Enseignement catholique s’est donc plié à l’exercice, accompagné du président de la Fédération des Ogec, Pierre-Vincent Guéret, de la présidente de l’Apel, Hélène Laubignat, du directeur diocésain de Bayonne, Vincent Destais ainsi que de Edwige Duvieu, cheffe d’établissement de l’actuel ensemble scolaire du Beau Rameau, dont Guillaume Prévost a tenu à saluer le courage d'une "équipe placée dans une situation humainement intenable" et qu'il convient aujourd'hui de sécuriser".
Cet éclaircissement a d’abord permis de rappeler que l’ensemble scolaire du Beau Rameau n’a plus rien à voir avec le Bétharram d’hier. En effet, en 2010, compte tenu de la déshérence de la congrégation jusqu’alors responsable de Bétharram et de la chute des effectifs de l’établissement, les Pères de Bétharram ont procédé à une délégation de tutelle partielle aux Filles de la Croix, déjà en charge de l’établissement d’Igon, distant de quatre kilomètres. Elles exercent donc depuis 2010 la responsabilité éducative du nouvel ensemble scolaire Le Beau Rameau. Ce dernier, en plus de l’école, du lycée professionnel et de l’internat d’Igon inclut donc le site de Bétharram qui accueille toujours 180 collégiens (trois classes par niveau) et onze internes.
« Nous travaillons donc ensemble à offrir aux équipes et aux élèves un cadre purgé du passé et la fermeture du site, dont chacun mesure le poids dont il est chargé, est bien sûr envisagée. Mais cela ne peut se faire dans n’importe quelles conditions et nécessite d’avancer en concertation étroite avec les familles et les équipes qui ont été malmenées et dont il faut prendre soin », a détaillé Guillaume Prévost.
Cette fermeture s’accompagnerait d’un transfert des personnels et des élèves dans les bâtiments d’Igon et donc de leur aménagement en conséquence, de la construction d’infrastructures sportives, -le sport occupant une place importante dans le projet d’établissement, tourné vers la remobilisation scolaire- et de résoudre la question de la cuisine centrale, toujours présente à Bétharram. Une logistique dont le coût est estimé à 2,5 millions d’euros.
Lire ici la présentation
de la mission qualité de la relation éducative
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Les Filles de La Croix veulent bien contribuer à ce déménagement mais n’accepteront une dévolution de tutelle pleine et entière qu’assortie de la garantie qu’elles n’auront pas à assumer financièrement les crimes passés. « Ces derniers, commis avant 2010, relèvent de la pleine responsabilité des Pères de Bétharram et de l’Enseignement catholique de manière collective, puisqu’il s’agit de crimes systémiques et que, dans ce cas, les coupables ne sont pas les seuls responsables » a précisé Guillaume Prévost.
La sécurisation juridique de la congrégation des Filles de la Croix et la question du devenir des bâtiments de Bétharram, qui restent propriété de la congrégation bétharramite, aujourd’hui basée à Rome, prend du temps. Elle implique en effet d’apurer un passif lié à l’évaluation des dommages commis par les Pères, au pénal comme au civil, relève du droit international et repose sur le dialogue engagé avec le siège romain de la congrégation, peu au fait de la situation locale » a détaillé Guillaume Prévost.
Rendez-vous a donc été donné aux journalistes avant l’été pour présenter un projet clair au niveau logistique, financier et surtout éducatif, assorti d’un calendrier opérationnel qui n’exclut pas un déménagement progressif.