Publié le : 12 mars 2026

Assumer le passé tout en valorisant le présent

La mission est allée à la rencontre des équipes actuelles et des collectifs de victimes du lycée Sainte-Croix-des-Neiges, à Abondance (74). L’objectif de ces temps d’échanges : réassurer une communauté éducative confrontée aux révélations du passé pour les aider à assumer cette page sombre de leur histoire, à en tirer les enseignements nécessaires et garantir aux personnes victimes la protection des élèves d’aujourd’hui.

« Le passé des victimes ici à Abondance c’est leur présent aujourd’hui mais c’est aussi le vôtre ! Il faut assumer le passé tout en valorisant le présent ! »

C’est en substance le message que la mission nationale Qualité de la relation éducative est venue adresser aux équipes éducatives de Sainte-Croix-des-Neiges mercredi 4 mars. Cet établissement a été marqué par des faits systémiques de violences physiques et d’abus sexuels commis par des personnes en responsabilité dans les années 1960-1990. Ce passé lourd nous oblige collectivement pour le présent.

Durant toute une matinée, un temps d’écoute et d’échanges a été organisé en présence de Marc Héritier, directeur diocésain de Haute-Savoie, de Nathalie Tretiakow coordinatrice de la mission, de Noémie Chavanes, membre de l’équipe de pilotage de la mission et de Jérôme Guillement qui anime le groupe « Témoins » de la mission, composé de personnes victimes. Autour de la table, les chefs d’établissement du 1er et du 2d degrés, des enseignants, ainsi que les présidents de l’Apel et de l’Ogec. Quelques jours auparavant, une première rencontre avec les collectifs de victimes de Sainte-Croix-des-Neiges avait déjà eu lieu en visioconférence. Les témoignages partagés montrent combien il est important pour chacune des personnes victimes d’entendre que tout est mis en œuvre pour que la protection des enfants et des jeunes confiés soit garantie.

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Une réputation entachée

Face aux représentants de la mission, les équipes éducatives ont témoigné du choc provoqué par les révélations de ces abus et de leurs lourdes répercussions pour l’établissement et tous ceux qui le font vivre. Situé dans une petite vallée de montagne, Sainte-Croix-des-Neiges a vu sa réputation rapidement entachée, la communauté éducative montrée du doigt, vilipendée par les médias et délégitimée dans ses responsabilités. Une situation qui a profondément affecté le moral de tous ceux qui sont engagés chaque jour auprès des jeunes.

La mission nationale a rappelé que l’objectif de cette première rencontre n’était pas de nier le passé mais d’encourager les personnels éducatifs à continuer d’exercer leur mission avec confiance. Nathalie Tretiakow leur a rappelé qu’il est essentiel qu’ils croient en eux, qu’ils ne sont pas coupables de cette page tragique de l’histoire de l’établissement mais qu’ils ont la responsabilité de la reconnaître et de continuer à se mobiliser pour déployer leur projet éducatif, qui fait une large place à l’attention à chacun. À Sainte-Croix, tout un travail est fait au service de l’accompagnement des élèves en difficulté, de la prise en compte des besoins éducatifs particuliers, de l’accueil d’élèves de différentes nationalités et du développement d’une formation de ski, discipline particulièrement valorisée dans cette vallée de montagne.

Pour les équipes éducatives, l’enjeu est désormais double :  intégrer dans leur projet d’établissement ce passé tragique et le devoir de mémoire qu’il impose. Mais tout en continuant à construire pour les générations actuelles et futures un cadre éducatif qui garantit aux familles sécurité, transparence, restauration de la confiance et qualité de la gouvernance et de la relation éducative.

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