Publié le : 5 février 2026

Les internats à la loupe

Offrir 596 internats sûrs à ses 38 000 internes. C’est l’objectif de l’audit lancé en ce début d’année par l’Enseignement catholique après une phase d’expérimentation qui a déjà mis en évidence des éléments de diagnostic intéressants.

L’expérimentation conduite dans quatre internats pilotes l’automne dernier a été riche d’enseignements. Elle a d’abord permis de rôder le mode opératoire des audits de qualité éducative qui vont se généraliser dans les 592 autres structures du réseau. Ils prendront la forme de 24h de visite sur site, précédées d’une phase d’autodiagnostic réalisée sur la base d’un questionnaire administré en amont et suivies trois semaines plus tard, d’un débriefing autour du projet de rapport, temps d'échanges qui se sont avérés très constructifs.

Les quatre audits-tests, ont été réalisés dans des internats à la typologie très variée, allant de la petite structure rurale accueillant un nombre croissant de jeunes à besoins particuliers en demande de remédiation à l’internat d’excellence de centre-ville choisi comme un adjuvant de réussite scolaire. Ils ont confirmé la grande hétérogénéité des populations d’internes et des équipes d’encadrement. La démarche d’amélioration de la qualité engagée donne donc lieu à des plus-value éducatives, certaines partout, mais de nature très diverse en fonction des lieux.

 

Globalement « ce premier galop a démontré l’intérêt, en termes de prévention des risques de maltraitance, à engager les internats dans une démarche d’analyse et d’action structurées en vue de promouvoir la qualité éducative », observe Théo Leullier, qui anime le groupe de pilotage du Sgec dédié aux internats et a participé à ces tout premiers audits.

Vigilance lors des temps intersticiels

S’ils n’ont permis de détecter aucun fait grave, ils ont pu agir comme révélateurs de dysfonctionnements potentiels, notamment lors des temps intersticiels : Sorties, retraite, transition entre journée scolaire et internat doivent faire l’objet d’un regain de vigilance. Ces audits-test ont aussi rappelé l’importance de recueillir des attentes et avis des familles ainsi que des élèves qui ont notamment exprimé une forte préoccupation concernant le respect de leur intimité et l’impact de la pression scolaire. Ils ont donné lieu à des ajustements du référentiel initialement proposé en ce sens.

Culture de l'écrit

Les auditeurs ont pu constater une attention à mieux formaliser les temps de transmission quotidienne d’informations entre les équipes de jour et de nuit. Cela consolide une culture de l’écrit et du rendre compte qui bénéficie au suivi des jeunes: « Il est notamment essentiel que les structures se dotent de projets d’internat ou incluent ces derniers dans le projet global d’établissement… Cela permet par exemple de fixer la tenue et la périodicité des conseils d’internat, le protocole de recueil-suivi-remontées des incidents, les modalités de recrutement et d’évaluation des personnels… », détaille Théo Leullier. Ces bonnes pratiques facilitent en outre le partage d’informations avec les tutelles ainsi que l’arrimage futur de la démarche d’amélioration qualité des internats à celle promue plus généralement par le plan boussole.

Mise en réseau des professionnels d'internats

Enfin, durant les visites d’établissement, les personnels ont exprimé le besoin de disposer de davantage de temps de relectures et d’échanges de pratiques, ce qui plaide pour une mise en réseau des professionnels de l’internat pour développer les analyses et la formation entre pairs. Autant de pistes que la démarche d’audit va permettre d’approfondir.

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