Publié le : 10 décembre 2025

Remplacements rationnés à Créteil

Dans l’académie de Créteil, l’Enseignement catholique dénombre plus d’un millier d’heures non remplacées alors que les moyens en suppléances sont là. Une situation qui a incité les trois directeurs diocésains concernés et leurs partenaires à intenter un recours gracieux… qui pourrait évoluer vers un contentieux.

prof

À deux mois de la rentrée, les élèves de l’Enseignement catholique de Seine-et-Marne recensaient « déjà 600 heures de cours non remplacées alors même que nous disposions des suppléants nécessaires », s’indigne Denis Chazeaud, directeur diocésain de Meaux.

La raison de ces heures de cours perdues ? Un durcissement des règles de remplacement mis en œuvre par le Rectorat de Créteil depuis le printemps dernier et entériné par une circulaire de rentrée communiquée aux établissements le 28 août dernier. Celle-ci prévoit notamment que, dans le secondaire, seuls les enseignants de disciplines et de classes à examens peuvent être remplacés… ce qui laisse beaucoup d’heures de cours de côté… et contraint les suppléants à n’accepter que des bribes d’ORS (obligation réglementaire de service) plutôt qu’un service complet.

Pour les trois directeurs diocésains de l’académie, il s’agit d’une rupture d’égalité manifeste avec l’enseignement public, où les remplacements sont majoritairement assurés par un corps de TZR, des titulaires mobilisables sans surcoût. Dans l’enseignement privé, en revanche, les remplacements longs sont exclusivement réalisés par des suppléants, payés sur une enveloppe budgétaire distincte, correspondant environ à 90 ETP, mais qui semble servir de variable d’ajustement dans un contexte d’austérité renforcé.

C’est pourquoi Denis Chazeaud, Pierrick Chatellier et Blandine Schmit, pour le Val-de-Marne ont tous les trois déposé un recours gracieux, le 28 octobre dernier. « Notre force est de conduire cette démarche ensemble, conjointement avec les organisations professionnelles de chefs d’établissement et les représentants de l’Apel », se félicite Denis Chazeaud.

Le recours, en plus du dégroupement des services remplacés dans le 2d degré, concerne aussi le 1er degré. Heureusement, après plusieurs échanges tendus avec le Rectorat, le délai de deux semaines d’absence avant un remplacement, initialement prévu par la circulaire, est repassé à une semaine, situation habituelle avant le printemps dernier où les mesures d’économie ont commencé. En revanche la validation académique imposée aux nouveaux suppléants du 1er degré reste très contraignante : « Lorsqu’un chef d’établissement sollicite un entretien de validation, le rendez-vous tarde à arriver puis certaines questions ne concernant pas le métier mais le choix de l’Enseignement catholique peuvent être qualifiées d’intimidantes », détaille Pierrick Chatellier qui rappelle que les candidatures sont déjà examinées en direction diocésaine.

conseil-classe+

Autre point d’achoppement : le Rectorat de Créteil justifie les restrictions de remplacements au motif d’une surconsommation des moyens alloués au privé sous contrat, qui s’est d’ailleurs déjà vu retirer, le 15 septembre, 21 000 HSE, ces heures supplémentaires gérées par les établissements qui correspondent budgétairement à 33 ETP. La surconsommation invoquée par le Rectorat serait imputable au maintien de classes de lycée en deçà du ratio de 35 élèves par classe mais n’atteindrait pas le niveau invoqué par le Rectorat. Ce dernier semble prendre en compte les moyens redistribués en interne par l’Enseignement catholique qui n’ont pas vocation à entrer dans ses calculs. Chaque direction diocésaine a donc constitué un groupe de travail qui recense finement les moyens de chaque territoire. Et rendez-vous est pris avec le Recteur en janvier, en espérant que cette première rencontre de l’année ne débouchera pas sur l’ouverture d’un contentieux.

>