Rencontres du 1er avril à Limoges
C’est une visite fort riche qu’a vécu la mission Qualité de la relation éducative le 1er avril dernier à Limoges, qui est allée à la rencontre d’une grande diversité d’acteurs : les chefs d’établissement, les écoutants de la maison diocésaine des familles et le collectif de victimes d’Ozanam.
Le 1er avril dernier, une délégation de la mission Qualité de la relation éducative, emmenée par Nathalie Tretriakow, adjointe du secrétaire général de l’Enseignement catholique et sa stagiaire Ysée Benilan, comprenant Marie-Françoise Bellée Van Thong d’Apprentis d’Auteuil et Hélène Laubignat, présidente de l’Apel, s’est rendue dans la toute nouvelle maison des familles abritée au Parvis des Clarisses de Limoges, lieu concret de solidarité et d’attention à l’exclusion dédié à la rencontre.
La journée s’est ouverte par une présentation de la Mission à la trentaine de chefs d’établissement des 1er et 2d degrés du diocèse limougeaud. L’objectif : faire comprendre à ces acteurs clés les enjeux d’une relation de qualité et comment leur participation à l’objectif de bientraitance éducative de la Mission, en contribuant à la protection des jeunes, participe aussi à une forme de réparation des abus passés.
Dans la foulée, la visite de la toute nouvelle maison diocésaine des familles, qui propose une écoute gratuite et confidentielle, a permis aux chefs d’établissement de découvrir un lieu précieux où orienter des parents en difficulté et ainsi prolonger leur action éducative hors cadre scolaire. « Tensions intrafamiliales, orientation scolaire, difficultés éducatives, soutien dans les situations médicales complexes… Ce lieu-ressource a été pensé notamment pour soutenir les familles en difficulté sur le plan relationnel et éducatif, selon l’anthropologie chrétienne », a détaillé Emmanuel Jolivet, le directeur diocésain.
Coopération fructueuse
Installée sur le site emblématique du parvis des Clarisses, qui regroupe désormais tout un ensemble de services d’Église pour tous, cette maison des familles illustre aussi tous les bénéfices de la coopération. Ainsi, le diocèse et l’Enseignement catholique avaient déjà organisé, ensemble, le 6 mars dernier, une journée d’hommage, en concertation étroite avec le collectif de personnes victimes des prêtres de l’établissement Ozanam.
Pour clore la journée, le témoignage de Philippe Nicaud, président de ce collectif a éclairé la mission sur l’importance de collaborer largement en matière de reconnaissance et de réparation.
À Limoges, l’évêque a reconnu sa responsabilité et engagé un travail conjoint avec les victimes, qui ont notamment été associées à la rédaction du texte des plaques commémorative apposées dans la chapelle d’Ozanam (photo) et dans la cathédrale où une sculpture de Morgane Lemaire symbolise désormais l’innocence trahie.
Qualité d’écoute
Philippe Nicaud a exprimé sa reconnaissance pour cela à l’égard de son diocèse, des prêtres, et plus particulièrement du père Morin : leur qualité d’écoute a permis de construire collectivement, en seulement six mois, cet acte de reconnaissance dans une dynamique de confiance.
Une action vertueuse dont il regrette qu’elle contraste avec un déni et un silence institutionnels qui persistent encore trop souvent ailleurs et qui peut, selon lui, impliquer les autorités académiques et des notabilités locales…
D’autres victimes se voyant refuser les ouvertures d’archives et les reconnaissances d’abus, Philippe Nicaud a souligné l’importance de plus médiatiser les situations de coopérations constructives que les cas de blocage. Cela contribue d’ailleurs à libérer également la parole de victimes qui sont encore trop nombreuses à se taire.
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