Le financement des PAS en question
Vers une éducation universelle
Le 20 mai, une journée de réflexion, nourrie d’apport d’experts du réseau et extérieurs aidera l’Enseignement catholique à affiner sa stratégie en matière d’École inclusive dont l’année passée de célébration des 20 ans a révélé tout à la fois les richesses et les fragilités.
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C’est le nombre de PAS déployés dans 81 départements en janvier 2026 (pour un objectif de 2650 en 2027, à la fin de la généralisation). Ces premiers PAS ont reçu 5 317 sollicitations pour des difficultés d’apprentissage, comportementales ou des troubles attentionnels auxquelles les réponses pédagogiques restent majoritaires. Leur dimensionnement moyen couvre 3500 élèves dont 180 élèves en situation de handicap dont une centaine avec AESH.
Les PAS (Pôles d’appui à la scolarité) articulant les ressources de l’Éducation nationale et du médico-social au service des élèves en situation de handicap et des équipes éducatives continuent à se déployer… Toujours par décret puisque la commission parlementaire des affaires culturelles et de l'éducation a retiré l'article les concernant de la proposition de loi "visant à renforcer le parcours inclusif des enfants à besoins éducatifs particuliers", votée à l'unanimité le mardi 5 mai 2026 en vue d'un examen le 11 mai au Parlement.
Six amendements avaient demandé le retrait d'un article jugé prématuré dans l'attente d'une évaluation de l'expérimentation en cours qui soulève en effet de nombreuses questions, notamment concernant les moyens et en particulier dans l'Enseignement catholique.
Les PAS (Pôles d’appui à la scolarité), mariant les expertises des personnels des établissements scolaires et du secteur médico-social, sont les nouvelles pierres angulaires de l’École inclusive. À terme, ils se substitueront aux Pial, qui coordonnent exclusivement la gestion des AESH, pour une mission élargie au renforcement de l’accessibilité pédagogique, au-delà donc des simples mesures compensatoires.
Surtout les PAS opérationnalisent une évolution majeure, rappelée le 13 mars dernier par Reinold Masure, chef du bureau de l’école inclusive de la Dgesco, aux référents Écoles inclusive de l’Enseignement catholique réunis à l’espace Montalembert, à Montrouge (92), pour leur formation annuelle : « Il s’agit de passer d’une logique de structures spécialisées à une logique de dispositifs et de services de proximité aux élèves et aux équipes éducatives. »
Si le réseau partage cette visée, il regrette de n’avoir pas été associé à la réflexion sur les PAS en amont et constate que son expérimentation, depuis deux ans, pose certaines difficultés. Dans un contexte de tension autour des postes, l’Enseignement catholique ne peut mobiliser des enseignants devant élèves – soit la quasi totalité de ses effectifs – que pour renforcer les équipes mobiles d’appui des PAS, qui interviennent sur le terrain, et non pour leur coordination : il ne dispose malheureusement pas des moyens qui lui permettraient d’être associé systématiquement à leur pilotage, comme il l’aurait souhaité.
La diversité des mises en œuvre selon les lieux – PAS privés, exclusivement publics ou mixtes- augmente la complexité. Face à cela, l’Enseignement catholique souhaiterait que l’accueil et l’accompagnement des élèves, l’individualisation des parcours et l’adaptation de l’enseignement, en tant qu’éléments essentiels de la responsabilité des chefs d’établissements, soient pris en compte dans le forfait d’externat. Dans le but notamment de recruter les AESH intervenant dans son réseau et de consolider les liens avec les partenaires extérieurs, comme les équipes médico-sociales.