Gérer la pénurie
La préparation de la rentrée 2026, rendue acrobatique par les suppressions de postes annoncées, oblige l’Enseignement catholique à une interlocution serrée avec les services académiques. Pour corser le tout, l’enveloppe dédiée aux pactes 2025-2026 se retrouve bloquée jusqu’à l’été, du fait d’une consommation très dynamique en début d’année…
Avec près de 900 postes en moins pour la prochaine rentrée, l’Enseignement catholique se voit confronté à des arbitrages difficiles. Ce contexte requiert des échanges étroits avec les services académiques : « Non seulement les recteurs ne doivent pas prendre seuls les décisions concernant notre réseau, mais ils nous doivent une certaine transparence sur les budgets académiques en communiquant sur l’intégralité des moyens disponibles. Au-delà des mécanismes d’ouvertures et de fermetures de classe, il convient en effet de prendre en compte les postes de suppléances, les enseignants non intégralement devant élèves ou encore ceux affectés à des missions éducatives comme les stages de réussite ou des dispositifs de prévention du décrochage », détaille Stéphane Gouraud, adjoint au Secrétaire général.
Si les directions diocésaines peuvent déjà effectuer un recensement fin des moyens dont ils disposent, via la base Solfège, certains éléments leur échappent, tels que la quotité de moyens réservés aux suppléances, notamment. « Disposer d'une vision globale des postes disponibles permet par ailleurs de formuler des demandes réalistes afin de ne pas augmenter les risques de fermetures, qui empêcheraient les établissements de l’Enseignement catholique de répondre au besoin scolaire reconnu », complète Stéphane Gouraud.
Pactes en berne
Pour corser l’équation, le ministère de l’Éducation nationale a annoncé, à la mi-mars, que 81 % de l’enveloppe des pactes pour l’année civile 2025-2026 avait déjà été consommée. Il a donc décidé de bloquer les nouvelles attributions – hormis pour le financement des stages de réussite – de manière à conserver un reliquat consommable à la prochaine rentrée.
À noter que cette mesure de restriction concerne autant le privé sous contrat que le public, qui a considérablement augmenté sa consommation de pactes cette année. Dans l’Enseignement catholique où 40 % des pactes sont affectés aux remplacements de courte durée, cette mesure pourrait entraîner des difficultés à pallier les absences de la fin de cette année scolaire et avoir des répercussions plus sensibles. Les directeurs diocésains ont donc tout intérêt à demander aux services académiques le détail des consommations de pactes pour identifier les établissements risquant de rencontrer les plus grandes difficultés.
Cette information doit inciter les chefs d’établissement à optimiser la gestion des pactes d’ores et déjà attribués puisqu’ils constituent les seuls moyens de remplacements disponibles jusqu’à la fin de l’année scolaire.