Campagne présidentielle : l’interpellation de la Fep-CFDT

Les décisions qui seront prises au cours du prochain quinquennat pour l’Education et la Formation concerneront les personnels des établissements d’enseignement privés et des entreprises de la formation. C’est la raison pour laquelle, en tant que représentant des personnels, la FEP-CFDT interpelle les candidats en nous appuyant sur trois constats.

 

Premier constat

Les fractures de notre société, la perte du sens commun, un climat politique de plus en plus délétère ont des effets sur le système éducatif et nous nous en inquiétons. Ce sont les valeurs, nos valeurs, d’égalité, de liberté, de fraternité, de solidarité, de laïcité, d’absence de toute discrimination ou encore de justice sociale qui sont questionnées et trop souvent flétries.

Comment comptez-vous agir pour leur redonner du sens et faciliter ainsi l’apprentissage de la citoyenneté dans l’ensemble des établissements d’enseignement, public comme privés, de notre pays ?

 

Second constat

Notre système éducatif continue à laisser s’échapper des milliers d’élèves sans aucune qualification et peu d’entre eux auront la chance plus tard de bénéficier de la formation professionnelle continue. C’est un fait, il est dramatique, l’école n’arrive pas à éradiquer l’échec scolaire, n’étant pas en mesure de corriger les inégalités sociales. Ce diagnostic est relativement partagé mais les moyens pour faire face à cette situation n’ont toujours pas été trouvés. Certaines réformes, celles issues par exemple de la loi d’orientation de 2013, ne sont pas dénuées d’intérêt mais elles ont été trop rapidement mises en œuvre, parfois mal reçues parce qu’elles n'ont pas été suffisamment expliquée ; parce que le concours des personnels n’a été que très faiblement recherché et parce que les effets sur l’exercice de leur métier n’ont pas été anticipés.

L’Education et la Formation sont des priorités, quels engagements prenez-vous pour que tel soit le cas ? Comment pensez-vous lutter contre le fléau de l’échec scolaire ? Les personnels sont les premiers vecteurs d’une nécessaire rénovation pédagogique. Comment comptez-vous les rendre acteurs des évolutions à opérer ?

 

Troisième constat

Les établissements privés sous contrat sont partie prenante du système éducatif, une mission de service public leur étant confiée. Cette idée est désormais largement acceptée et cela a permis certains rapprochements souhaitables. Les enseignants, quant à eux, ont été incontestablement reconnus comme des agents de la Fonction publique bien que n’étant pas fonctionnaires. Cela a permis que leurs représentants soient mieux reconnus par l’Etat depuis maintenant trois ans. Malgré tout, d’autres évolutions sont nécessaires pour que cesse la concurrence entre certains établissements publics et privés, que l’enseignement privé ne constitue plus un recours à l’enseignement public et que les personnels du privé soient traités à égalité avec leurs homologues du public, y compris les enseignants « non titulaires ». Les personnels n’ont pas à assumer la spécificité de l’établissement dans lequel ils travaillent. Dans ce cadre, le contrat d’association doit être actualisé pour, entre autres, enrichir le statut de droit public des enseignants, mettre fin à la précarité que vivent certains enseignants, notifier ce qui est attendu des chefs d’établissements vis-à-vis des enseignants et mieux préciser les droits et les obligations des acteurs.

Quelle est votre conception de la relation entre l’Etat et les établissements privés sous contrat ? Pensez-vous, comme nous, qu’elle doive évoluer afin que la mission de service public confiée à un établissement privé sous contrat soit plus réglementairement cadrée ? Ce qui suppose, comme mentionné ci-dessus, de préciser les droits et les obligations des acteurs et notamment le rôle du chef d’établissement vis-à-vis des agents de droit public.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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