Trois diocèses mobilisés pour une école inclusive

Développer une école de la réussite pour tous. C’est l’un des six axes que les diocèses de Lyon, Saint-Etienne et Belley-Ars ont choisi de travailler en commun pour les dix années à venir. Une première étape a eu lieu le 10 avril à Lyon avec les États généraux de l’école inclusive pour la réussite de tous.

Éléonore Veillas

 

Deux cents acteurs, chefs d’établissement, enseignants, APS, parents… des établissements scolaires des diocèses de Lyon, Saint-Etienne et Belley-Ars avaient répondu présents pour une journée de réflexion mais également de mis en projet autour de la question de l’école inclusive.

De g. à d. : Olivier de Coat, directeur diocésain de Belley-Ars ; Gilles Demarquet, président de l'Apel, Jean-Marie Petitclerc, père salésien, Elodie Duperron, chef d'établissement du collège Pierre Faure de Chauffailles(71)), Guy Charlot, directeur académique des services de l'Éducation nationale du Rhône.

« Comment mieux accompagner les élèves, les familles et les professionnels en situation de fragilité, pour une école de la réussite de tous ?» est une des six thématiques prioritaires pour lesquelles ces trois diocèses souhaitent définir des axes de développement pour 2030. Ces États généraux constituaient le point d’orgue d’une année de remontées terrain pour un état des lieux et des besoins. « Nous avons constaté que beaucoup avait déjà été fait mais également que des professeurs étaient en difficulté : il leur est demandé d’inclure des élèves à besoins particuliers dans un système dont le fonctionnement, empreint d’uniformisation et de sélection, n’a pas été prévu pour cela. Nous devons passer à une nouvelle étape visant à faire évoluer ce système vers la prise en compte de l’hétérogénéité et la réussite de tous. L’enjeu est un changement de culture scolaire, avec tout ce que cela suppose de déstabilisation et de prise de nouveaux repères», explique Jacques Bouvet, coordonnateur BEP-ASH à la DDEC de Lyon et membre du groupe de pilotage académique de ces États généraux.

La journée, conçue pour aider les participants à penser une école inclusive s’est ouverte par le très beau film documentaire « Le sacrement de la tendresse » qui montre le regard de Jean Vanier, le fondateur de l’Arche -association qui accueille des personnes ayant un handicapmental dans des lieux de vie partagée-. sur les personnes en situation de fragilité et combien l’accompagnement est réciproque entre les personnes handicapées et celles qui les aident.

 

La fragilité en partage

L’après-midi, après une conférence de Charles Gardou, professeur d’anthropologie à l'Université Lumière Lyon 2 soulignant que « le handicap est une expression de notre fragilité commune », deux tables-rondes interrogeaient la question de la réussite pour tous et de l’accompagnement des situations de fragilités.

Les pilotes de la journée, de G. à D. : Florence Lodovici, chef d’établissement du Centre scolaire St Denis, à Lyon et Geneviève Mandon, Chef d’établissement du Centre scolaire St Michel, à St Etienne.

Guy Charlot, directeur académique des services de l'Éducation nationale du Rhône a estimé que l’évolution de l’école vers plus d’inclusion passerait avant tout par la formation des équipes enseignantes. Un point d’attention repris par Elodie Duperron, directrice du collège Pierre Faure à Chauffailles (71) qui a témoigné du projet de son établissement s’appuyant sur une pédagogie personnalisée et communautaire. Le Père Jean-Marie Petitclerc et Gilles Demarquet, le président de l’APEL nationale, ont tous deux insisté sur le besoin pour l’enfant d’une alliance entre parents et enseignants. Enfin, Olivier de Coat, directeur diocésain de Belley-Ars qui présidait cette journée a suggéré que « la considération de la fragilité, ressort essentiel d’un vivre-ensemble, pourrait être une bonne grille de lecture de tous les projets d’établissement ».

Durant toute la journée, un Pédago’Troc proposait aux quelques 250 enseignants du premier degré présents pour l’occasion des ateliers pour mutualiser les bonnes pratiques pédagogiques et éducatives comme par exemple « Enseigner et apprendre les bases et l’assise sur une chaise pour être bien dans son corps afin d’être bien dans ses apprentissages » ; « Comment amener les élèves à mieux se connaitre en prenant conscience de ses émotions ? » ; « Utilisation des ceintures de compétences en géométrie, conjugaison, orthographe et opération/résolution de problèmes »…

Prochaine étape pour les trois diocèses :

les 27 et 28 mai à Saint-Chamond pour définir une feuille de route pour une école toujours plus inclusive en 2030.

 

 

 

 

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