Projet de Loi Blanquer : le vote du Sénat annoncé mi-mai

Après son adoption le 19 février par l’Assemblée nationale (353 voix « pour », 171 « contre »), le projet de loi pour « une école de la confiance » du ministre de l'Éducation, Jean-Michel Blanquer devrait être examiné au Sénat en avril en commission et mi-mai en séance publique.
L’Enseignement catholique se réjouit notamment de l’abaissement de l’âge de l'instruction obligatoire à trois ans, de l’élargissement des champs d’expérimentation et de la création d'écoles du socle commun (appelées les « écoles des savoirs fondamentaux ») actés par le texte.
Il continue cependant à regretter que l’expérimentation ne puisse pas porter, même lorsqu’ils en sont d’accord, sur la manière de calculer le temps de travail des enseignants, et que les conditions d’assiduité en maternelle ne fassent pas l’objet de modalités d’application plus souples que celles annoncées par le ministre.

Par Aurélie Sobocinski

Expérimentation sur l’évaluation :
les établissements invités à participer

Parallèlement aux débats parlementaires portant sur l’évaluation dans le cadre du vote du projet de loi sur l’école de la confiance par l’Assemblée, l’Enseignement catholique a commencé à être associé au travail de la mission de préfiguration pilotée par l’ancien inspecteur général Thierry Bossard. Elle est chargée notamment de la mise en place des outils et du cadre de l’expérimentation sur l’évaluation des établissements scolaires.

Le dispositif va d’abord être testé au cours du premier semestre 2019 dans les académies pilotes de Montpellier et Nantes où il sera ouvert à la participation des établissements volontaires du réseau de l’enseignement catholique, avant une généralisation prévue début 2020. Il comprend une phase d’autoévaluation, l’intervention d’une équipe d’audit externe puis la restitution de l’évaluation auprès des acteurs concernés.

Chantier modifié
sur la régionalisation des académies

L’Enseignement catholique regrette les annonces ministérielles modifiant le processus de fusion des académies d’une même région, dans le cadre du débat du projet de Loi sur l’école de la confiance. « Nous nous y préparions activement en territoire et nous allons suivre avec attention les précisions qu’apportera Jean-Michel Blanquer à ce sujet afin d’adapter notre organisation interne à l’organisation qu’il arrêtera », indique Yann Diraison, adjoint au secrétaire général de l’Enseignement catholique.

 

Vigilance sur les langues régionales 

L’Enseignement catholique a suivi de près les débats lors du vote du projet de loi Blanquer autour des langues régionales - plusieurs députés souhaitant renforcer leur enseignement et leur donner un nouveau cadre législatif. « Nous serons très attentifs lors des débats au Sénat à ce que le soutien des élus aux écoles privées assurant un enseignement en langue régionale n’exclut aucune école », précise Yann Diraison.

Inclusion : la fin annoncée des contrats aidés

La proposition de loi « Pour une école vraiment inclusive », adoptée le 31 janvier par l’Assemblée nationale, a été intégrée avec des amendements au projet de loi « Pour une école de la confiance ». L’Enseignement catholique se réjouit des annonces faites par le ministre au cours des débats et en particulier de l’engagement pris selon lequel « à l’horizon 2020, il n’y aura plus que des AESH en France (12400 postes créés à la rentrée prochaine, ndlr) et plus de contrats aidés ». « Cela représente à la fois une bonne nouvelle sociale qui permettra une meilleure professionnalisation des auxiliaires de vie des élèves en situation de handicap et interrompra le rythme infernal actuel de nombreux établissements obligés de changer de professionnels tous les ans pour accompagner les enfants », souligne Yann Diraison.

Nouveaux masters MEEF en vue

Alors que le projet de loi « Pour une école de la confiance » qui réforme les Espé a été voté à l’Assemblée nationale, Jean-Michel Blanquer et Frédérique Vidal ont annoncé aux organisations syndicales lors d’une réunion multilatérale un concours enseignant en M2 pour mars-avril 2022. Les nouvelles maquettes des masters MEEF « devront être effectives à la rentrée 2020 et revues en profondeur pour en rendre les contenus vraiment professionnalisants et faire un concours lui aussi très professionnel », a précisé la ministre de l’Enseignement supérieur. Parmi les questions en suspens, la nature des épreuves au nouveau concours, le positionnement de la période de stage, le statut des étudiants ainsi que la place des assistants d’éducation (AED) dont le prérecrutement vient d’être adopté à l’Assemblée, restent aujourd’hui à préciser.

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