Mettre l’accent sur les langues

La remise au ministre de l'Éducation, Jean-Michel Blanquer d'un rapport sur l'apprentissage des langues, le 12 septembre 2018, lui a donné l'occasion de rappeler que le système éducatif devait fournir des efforts en la matière.

Par Noémie Fossey-Sergent

 

« Un pays moderne doit avoir des enfants et des ados qui maîtrisent plusieurs langues ». C’est par cette phrase que Jean-Michel Blanquer a introduit la présentation d’un rapport sur les langues remis mercredi 12 septembre, par Alex Taylor, journaliste britannique, et Chantal Mannes-Bonnisseau, IGEN.
Intitulé Propositions pour une meilleure maîtrise des langues vivantes étrangères, il propose plusieurs recommandations. Parmi elles : mettre l’accent sur l’anglais, « langue des échanges internationaux », comme l’a rappelé Chantal Mannes-Bonnisseau, en l’inscrivant comme langue obligatoire en LV1 ou LV2. C’est dans les faits quasiment déjà le cas (seulement 0,7 % des élèves ne choisissent l’anglais ni en LV1 ni en LV2). L’allemand fera également l’objet « d’une politique volontariste », a ajouté Blanquer, qui a annoncé que 500 000 élèves l’apprenaient en France, un chiffre qui serait plus élevé que les années précédentes. Autre proposition : commencer l’apprentissage des langues dès le primaire car comme l’a redit Alex Taylor « le cerveau a une vraie capacité à apprendre une langue jusqu’à 11-12 ans ». Mieux vaut donc commencer tôt et « dans une perspective de continuité, de l’école à la fin du collège au moins pour construire de vraies compétences », a insisté Jean-Michel Blanquer. Les deux auteurs du rapport préconisent aussi de faire des séances plus courtes et plus fréquentes (15 à 20 minutes par jour dans le 1er degré, cinq séances hebdomadaires de 45 mn en 6e…), de développer les disciplines non linguistiques (DNL) en lycée en amenant les élèves à faire du théâtre, de la chorale… en langue étrangère et de délivrer une attestation de niveau au bac.

Séjours à l'étranger et langues au concours pour les profs

La formation des enseignants doit aussi être revue, selon le rapport. En plus, d’intégrer dans le parcours de formation initiale des enseignants de 1er degré, une période de mobilité à l’étranger, et d’évaluer leurs compétences en langues au concours de recrutement, il propose d’instaurer une option langues au concours du Capes dans les disciplines non-linguistiques. Le ministre de l’Éducation nationale a également soutenu l’idée de faire appel à des locuteurs natifs.
Enfin, Alex Taylor et Chantal Mannes-Bonnisseau ont insisté sur le fait que les écoliers français devaient laisser leurs complexes au placard, regrettant que beaucoup n’osent pas prendre la parole alors même « qu’ils n’ont pas de difficultés spécifiques ». Au contraire, a même affirmé Alex Taylor : « Les meilleurs cours de langues que j’ai vus, étaient en France ! ». Pour eux, un point est à revoir à tout prix : l’évaluation encore trop négative des langues.

Blanquer clarifie sa position sur l’arabe

Interrogé par les journalistes présents sur sa position sur l’apprentissage de l’arabe à l’école, le ministre de l’Éducation nationale a redonné sa position : « Je n’ai jamais dit que l’enseignement de l’arabe devait être obligatoire en primaire. Mais il n’y a pas un monopole d’enseignement de l’arabe par des structures communautaristes. Il y a une responsabilité de l’État à montrer toute la noblesse de cette langue. » Questionné sur le sujet des Elco, il a annoncé qu’un travail est « en cours » et que « les choses ont commencé à bouger depuis 2017 », assurant que tous les enseignants de cette langue devront bientôt avoir été validés par le ministère de l’Éducation nationale avant de pouvoir se trouver face à des élèves.

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