De l’enseignement à distance

Face à la crise sanitaire, la plateforme numérique d'enseignement à distance propre à l'Enseignement catholique portée par RenaSup peut aider les établissements à organiser la continuité pédagogique. Le point sur son développement avec son pilote, Michel Larrory.

Aurélie Sobocinski

 

L'association de formation à distance de l'Enseignement catholique (Afadec) met aussi à disposition de tous et gratuitement, des outils, conseils et ressources pour assurer la continuité pédagogique.

RenaSup a proposé l’an dernier une plate-forme numérique nationale d’enseignement à distance propre à l’Enseignement catholique. Elle s’inspire du projet Loread (Lorraine Enseignement à Distance) dont vous êtes le pilote. Où en est son déploiement?

Michel Larrory : A l’heure de la réforme du lycée, qui démultiplie les propositions de spécialité et d’options en 1è et en Tle, l’objectif est d’aider les établissements, et notamment les plus petits, à mettre en œuvre une offre attractive. Elle consiste à mélanger cours en ligne et accompagnement des élèves en présentiel.

Portée par RenaSup et mise en œuvre par la société ItsLearning dans le cadre d’une convention cadre nationale, une plateforme dédiée propose aux territoires intéressés un support d’hébergement répondant au schéma directeur du ministère de l’Éducation nationale pour les enseignements rares qu’ils souhaitent offrir.

Avec la Lorraine, quelques régions se sont lancées : la Haute-Normandie (NECAD), la Bourgogne (EAD), la Champagne-Ardenne (E-charad), suivies par le diocèse de Lyon (ECAD) et la Nouvelle Aquitaine (ECNAD Béarn et Pays Basque), elle-même rejointe par le Limousin. L’Auvergne veut aussi développer son projet. Des demandes nous parviennent également d’établissements ou de groupements d’établissement qui veulent s’organiser. Globalement, les hésitations sont encore nombreuses sur le sujet. Mais, avec la crise du coronavirus, la question du développement d’une culture numérique au sein des équipes pédagogiques prend aujourd’hui une acuité qui pourrait bousculer bien des pratiques, et pas seulement pour les situations de crise !

 

L’Enseignement catholique a-t-il les moyens aujourd’hui d’une montée en charge du dispositif au sein de tous les établissements ?

Absolument. S’agissant des moyens financiers que cela représente, les coûts sont limités. Dans le cadre de la convention signée, RenaSup a pris à son compte l’installation de la plate-forme nationale ainsi que la formation des administrateurs et des premiers enseignants qui se sont manifestés. Chaque région bénéficie aujourd’hui de la mise à disposition gratuite d’une plate-forme hébergée au sein du dispositif commun, prenant en charge les aspects logistiques et techniques. Reste à chaque territoire d’élaborer son projet, d’organiser la gestion des moyens et des enseignants, et de régler les frais d’inscription des jeunes inscrits à hauteur de 3,5€ hors taxe par an, soit 5€ environ. A ce niveau la question du pilotage régional pour déployer chaque projet est essentielle : c’est ce qu’il reste à construire !

 

À l’heure du confinement lié à la pandémie de coronavirus, l’Enseignement catholique a-t-il la capacité de proposer l’école à distance ?

Oui ! L’idée de cette plate-forme n’est pas de faire un CNED bis, avec des cours standardisés. Il s’agit de permettre une continuité pédagogique au sein du groupe classe de l’élève avec ses enseignants. C’est ce que nous vivons déjà dans mon établissement Jean-XXIII à Montigny-lès-Metz (57). Après avoir développé une façon de travailler en lien avec l’ENT et équipé en tablettes nos collégiens et en ordinateurs les lycéens, l’équipe s’est acculturée. Certains des enseignants travaillent déjà sur Loread, de même que certains élèves y suivent des enseignements rares. Le passage à d’autres matières va donc être possible durant ces prochaines semaines. Ce qui va se développer beaucoup aussi, c’est la communication en direct entre enseignants ainsi qu’entre enseignants et élèves via des applications comme Zoom, déjà intégrées dans certains ENT. A Jean-XXIII, cela a déjà commencé pour certains cours depuis lundi 16 mars, ainsi que pour la tenue des bilans semestriels et bientôt pour celle des conseils de classe.

 

Quid à court terme des équipes qui n’ont pas encore investi ce champ ?

Nous sommes en train de travailler à un processus simplifié de déploiement d’une plate-forme en 48 heures avec ItsLearning*. Il est à disposition de toute région ou de tout établissement -du primaire au post-bac- qui se trouve en difficulté pour répondre aux consignes de confinement. Pour l’instant le serveur de la société comme celui du CNED ou des ENT proposés par les Régions sont un peu débordés depuis le 16 mars dernier par le nombre de connexions simultanées, mais des opérations de redimensionnement vont permettre de réguler la situation. A cette proposition va être intégrée une formation des professionnels via des séminaires en ligne ainsi que des modules d’autoformation pour développer leur projet. Par solidarité, nous serons présents en appoint avec RenaSup.

 

Plus d'informations

Pour en savoir plus sur cette offre au tarif négocié jusqu’en juin, cliquer ici :

https://itslearning.com/fr/continuite-pedagogique/

 Pour toute information complémentaire, merci de contacter : Régis Doucet

Regis.Doucet@itslearning.com

 

 

L'association de formation à distance de l'Enseignement catholique (Afadec) met aussi à disposition de tous et gratuitement, des outils, conseils et ressources pour assurer la continuité pédagogique.

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