Circulaire de rentrée 2017

Sans surprise, la présentation de la circulaire de rentrée 2017, ce 9 mars, a pris la forme d’un bilan de la refondation, à laquelle la ministre de l’Éducation nationale, Najat Vallaud-Belkacem, a souhaité qu’on laisse le temps de porter ses fruits. Elle en a appelé à sortir des caricatures et des clivages idéologiques, citant, par exemple, la coopération fructueuse avec l’enseignement catholique en matière de mixité sociale et scolaire, la lutte contre les inégalités servant de fil rouge à cette dernière circulaire du quinquennat Hollande.

Priorité donnée au primaire, réforme des rythmes, restructuration du collège en cohérence avec un socle commun et des programmes rénovés, refonte de l’éducation prioritaire : « autant de changements à installer dans la durée » afin d’en évaluer les effets. La circulaire de rentrée 2017 présentée ce 9 mars par la ministre de l’Éducation nationale Najat Vallaud-Belkacem insiste donc sur les mesures permettant de pérenniser les réformes engagées depuis 2012. Elle souligne notamment l’importance de garantir aux établissements des marges de manœuvre pour « intensifier le déploiement de la refondation et répondre aux besoins de remplacement » grâce à des effectifs renforcés de 54 000 enseignants en cinq ans -6000 postes supplémentaires étant dévolus à l’agricole et à l’enseignement supérieur-.
La mise en œuvre du protocole Parcours professionnels, carrières et rémunérations, qui prévoit une revalorisation du traitement des enseignants d’un milliard d’euros sur trois ans, doit aussi conforter l’attractivité renaissante du métier. Ce vivier élargi sera optimisé par l’entrée en vigueur de mesures améliorant le système de remplacement. Publiés très prochainement, ces textes aménagent notamment l’ancien décret « de Robien » sur l’organisation des remplacements en interne, en faisant reposer ce système sur le volontariat et la rémunération en heures supplémentaires. Ils créent aussi, pour le 1er degré, dans chaque académie, un vivier unique de remplaçants, intervenant de manière indifférenciée sur les absences, longues ou courtes.

 

La poursuite des avancées en matière d’inclusion et de prévention du décrochage figurent également en bonne place dans la circulaire de rentrée 2017. Tout comme la valorisation de l’enseignement professionnel qui inaugure 500 nouvelles formations à la rentrée (soit 1000 postes), déploie l’orientation réversible et voit les poursuites en BTS favorisées avec la création de 2000 places en septembre 2017.
Globalement le texte de cadrage insiste en effet sur la lutte contre les inégalités scolaires, sociales et territoriales. En la matière, la réforme de l’allocation de moyens et la rénovation de l’éducation prioritaire devraient permettre de poursuivre la lutte engagée contre le déterminisme social, véritable talon d’Achille du système éducatif, selon la ministre. La rentrée 2017 consacre cinq années d’efforts portés en direction des publics les plus fragiles avec 500 postes supplémentaires dans le premier degré en Seine-Saint-Denis (+ 1500 postes en cinq ans), grâce à la reconduction du concours exceptionnel. Dans le même esprit, 40 conventions ruralités –assorties de 240 postes dédiés- vont permettre de soutenir l’offre scolaire de territoires en voie de désertification, notamment via le parcours d’éducation artistique et culturelle.

«Nous travaillons en bonne entente avec le privé, y compris sur la mixité.»

Interrogée sur la mixité scolaire et la participation de l’enseignement privé à ce chantier, Najat Vallaud-Belkacem a souligné que 300 des 1000 postes attribués à l’enseignement catholique pour la rentrée 2017 étaient dévolus aux efforts engagés au service de la mixité. (250 postes attribués au titre du Plan Réussite éducative en faveur de la mixité scolaire et sociale auxquelles s’ajoutent 50 postes alloués à des établissements qui accueillent des publics relevant de l’éducation prioritaire).
Cette contribution peut démontrer qu’ « en finir avec le discours défaitiste autour d’une diversité qui porterait préjudice aux meilleurs élèves », « c’est aussi sortir des caricatures et des clivages idéologiques » : « L’enseignement privé n’a pas les mêmes tutelles ni la même organisation… pour autant, nous travaillons en bonne intelligence, y compris en matière de mixité. Dans les 82 territoires engagés dans des expérimentations sur la mixité en collège, nous incitons à l’implication du privé, postes à la clef, pour que ces établissements gardent leurs élèves en difficulté durant toute leur scolarité ou ouvrent leur recrutement aux élèves les moins favorisés socialement… » Preuve, selon la ministre, que la mobilisation autour des grands défis éducatifs relève « du politique au sens noble du terme »… et non de querelles politiciennes qui pourraient conduire à un stop and go dommageable autour des réformes de la refondation.

Partagez cet article